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Saisie de 59 armes à feu: un Lavallois et un Montréalais accusés

La GRC a mis la main sur 53 pistolets et six fusils destinés à des groupes criminels de la métropole

Courtoisie GRC
Photo courtoisie La GRC a diffusé hier une photo sur laquelle on peut voir une partie de sa saisie du 26 novembre dernier effectuée à Cornwall en Ontario.

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L’impressionnant arsenal en provenance de la réserve d’Akwesasne, que la police a confisqué avant que ces armes tombent aux mains de gangs à Montréal, vendredi soir dernier, vaut une petite fortune sur le marché noir.

Selon nos informations, Sebastian Inti Faledo Delgado, de Laval, et Vladimir Souffrant, de Montréal, transportaient pour au moins 300 000 $ d’armes à feu illégales quand leur véhicule a été intercepté par une escouade de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) basée à Cornwall, en Ontario. 

Des contrebandiers partis d’Akwesasne avaient préalablement traversé le fleuve Saint-Laurent en bateau et déchargé trois grands sacs pleins dans le véhicule des deux accusés, près de Cornwall.

Les 53 pistolets Glock, les six fusils semi-automatiques de type AR-15 et les 110 chargeurs de grande capacité saisis par les policiers étaient destinés à des groupes criminels qui sévissent dans la métropole, d’après nos sources. 

« C’est certain que les policiers ont coupé l’herbe sous le pied à des organisations criminelles ayant les moyens de se payer ces armes, qui ont été saisies avant d’avoir pu servir à commettre des crimes ici », a observé l’ex-sergent détective à la retraite André Gélinas, qui a lutté contre le crime organisé au sein de la police de Montréal.

André Gélinas, Policier retraité du SPVM
Photo courtoisie
André Gélinas, Policier retraité du SPVM

Porte d’entrée

La rafle de la GRC est l’une des plus importantes saisies d’armes à feu des dernières années. 

C’est aussi l’une des rares saisies où les armes provenaient de la réserve mohawk d’Akwesasne, souvent décriée comme l’un des maillons faibles de la frontière avec les États-Unis et traditionnellement utilisée par des réseaux de trafiquants de drogue.  

« Il y a plusieurs endroits à la frontière où des armes peuvent traverser, mais on sait qu’une grosse partie de celles qui se retrouvent ici passe par Akwesasne », a avancé l’ex-policier Gélinas. 

Le printemps dernier, l’équipe de l’émission J.E avait suivi « la route des armes » empruntée chaque semaine par des contrebandiers pour importer pistolets, mitraillettes et munitions à partir des États-Unis jusqu’à Montréal.

Des sources en contact avec les contrebandiers y affirmaient que le territoire autochtone d’Akwesasne constitue l’une des principales portes d’entrée de cette route.

  • Écoutez la chronique de Gilles Proulx au micro de Richard Martineau sur QUB radio: 

Flambée d’attaques

Depuis deux ans, Montréal est aux prises avec une flambée d’attaques armées opposant principalement des gangs de rue rivaux dans le nord-est de la ville.

Plusieurs de ces fusillades ont fait des victimes innocentes, dont trois adolescents qui ont succombé aux balles depuis le début de 2021.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le premier ministre du Québec, François Legault, ont récemment pressé le gouvernement fédéral d’agir pour mieux endiguer la contrebande d’armes à la frontière.

Sebastian Inti Faledo Delgado, 25 ans, et Vladimir Souffrant, 49 ans, font face à de graves accusations relativement à la possession et au trafic d’armes prohibées. 

Deux inconnus

Pratiquement inconnus des policiers jusque-là, ils ont comparu en Ontario avant d’être remis en liberté provisoire. Le premier a une seule condamnation antérieure pour vol d’identité et le second n’a pas de casier judiciaire.

Les gens qui acceptent de transporter des armes ou des drogues pour le crime organisé le font souvent pour rembourser une dette importante, a expliqué André Gélinas en ajoutant que les membres bien établis des groupes criminels ne courent pas un tel risque.

– Avec Denis Therriault, TVA nouvelles

Route des armes  

Les contrebandiers sont partis d’Akwesasne avec les armes et ont traversé le fleuve en bateau pour les remettre aux accusés près de Cornwall, en Ontario. Là-bas, les deux accusés ont déposé les trois sacs de marchandise dans un véhicule et ont pris le chemin du Québec. Les armes étaient destinées à des gangs de Montréal, à une centaine de kilomètres de la réserve mohawk.

Pistolets Glock  

La police a saisi 53 pistolets Glock, un modèle qui sert également d’arme de service dans plusieurs corps policiers comme la Sûreté du Québec. On aperçoit aussi une partie des 110 chargeurs de haute capacité confisqués par la GRC. 

Fusils AR-15  

Les six fusils semi-automatiques saisis sont de type AR-15, une arme interdite au Canada depuis mai 2020 mais très populaire aux États-Unis où elle a été utilisée lors de tueries de masse dont celle de Las Vegas qui a fait 59 morts en 2017.

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