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Lettre ouverte à François Legault

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Gouverner dans la tempête.

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Si vous aviez pu lire dans les astres qu’un virus, le SARS-CoV-2, allait être à la fois votre tremplin pour conforter votre pouvoir et une crucifiante expérience faite de tourments, d’angoisse et de défis incessants, auriez-vous déclaré forfait devant votre seconde carrière politique, celle de premier ministre ?

Vous êtes apparu apaisant, rassurant et déterminé au début de cette pandémie. Vous avez dompté comme personne les médias, dont vous avez usé avec prudence, avec une candeur étudiée et une gravité réelle. C’est ainsi que vous vous êtes révélé aux Québécois, y inclus des anglophones et des allophones.

Puis, vous avez joué cartes sur table avec votre loi sur la laïcité et sur la langue française. Vous saviez que vous alliez perdre l’appui des anglos et des allos. Mais vous imaginiez-vous que la loi 96, pour vous un accommodement raisonnable, serait interprétée par les plus militants comme un compromis en forme de recul à cause de votre réticence à assurer pleinement la défense du statut du français ?

DÉCRIT COMME UN RACISTE

Depuis, vous avez fait l’objet d’attaques personnelles et vicieuses. On vous décrit comme un raciste et un dictateur en puissance. Des mots finissant par phobe vous sont attribués. Or, à travers vous, c’est le Québec caquiste qu’on attaque, c’est-à-dire tous les électeurs dont vous avez réussi à conserver l’appui jusqu’à ce jour.

Or, durant les derniers mois, à cause de la fatigue qui prend le dessus et de la pression que vous subissez, dont seuls vos ennemis irréductibles se réjouissent, on devine une certaine faiblesse chez vous.

On n’entend plus les excuses que vous présentiez spontanément durant plusieurs mois lorsque vous vous trompiez. Ces derniers temps, on vous sent méfiant devant les médias et devant les partis d’opposition, dont les appuis sont si faibles à côté de ceux que vous recevez.

Comment expliquer que vous soyez sur la défensive comme jamais auparavant ? D’autant que certains de vos ministres s’avèrent d’excellents politiciens sur lesquels vous pouvez compter.

Monsieur le Premier Ministre, nombre de citoyens vous vouent un respect et une admiration à faire envie à la majorité des politiciens occidentaux. Or depuis quelques semaines, vous avez tendance à chercher à trop aimer vos compatriotes en leur promettant des cadeaux impossibles.

Vous les faites rêver de club de hockey, leur annoncez des retrouvailles de Noël réunissant vingt-cinq personnes autour de la table. Or le variant Omicron risquera de briser tous nos rêves.

REDEVENEZ PRAGMATIQUE

Monsieur le Premier Ministre, il vous faut retrouver vos esprits. Laissez votre pragmatisme prendre le dessus. C’est déjà un tour de force que d’avoir réussi à permettre à vos compatriotes de vivre sans trop de perturbations sociales comme celles qui existent ailleurs.

Au cours de l’année prochaine, l’année électorale, vos adversaires politiques et syndicaux seront impitoyables à votre endroit. Vous serez la cible de toutes les critiques. Vous ne pouvez vous permettre de céder au populisme et à la démagogie. Aucune erreur ne vous sera pardonnée.

Les Québécois sont plus divisés que jamais à cause du multiculturalisme qui tente de nier le nationalisme québécois que vous incarnez à votre manière.

Monsieur le Premier Ministre, ne cédez pas à la colère ou à l’esquive. Et ne tentez pas de diriger le Québec comme la famille qu’il n’est plus. Car la diversité possède aussi des vertus.

Retrouvez cette capacité qui vous est propre d’être authentique dans l’exercice de l’autorité.