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Pénurie dans le transport scolaire: pas de chauffeur? À pied, les enfants!

Des élèves s’absentent à cause d’un manque de conducteurs

Valérie Roussy
Photo Pierre-Paul Poulin Valérie Roussy est accompagnée de ses deux enfants, Anthony et Malyk, qui sont privés de transport scolaire depuis trois semaines.

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Des centaines d’enfants de Lanaudière sont privés de transport scolaire depuis plusieurs semaines en raison de la pénurie de conducteurs. Forcés de parcourir de longues distances à pied, certains élèves s’absentent même de l’école.

Douze circuits d’autobus sont actuellement suspendus par le Centre de services scolaire des Samares, faute de personnel.

Les deux fils de Valérie Roussy sont au nombre des élèves touchés par cette interruption de service, qui dure dans son cas depuis maintenant trois semaines.

Puisque son conjoint part en prenant la voiture vers 4h30 le matin pour aller travailler à Montréal, la mère de famille, qui est aussi employée de la députée libérale Lise Thériault, doit accompagner ses enfants de 9 et 11 ans tous les jours au pavillon Saint-Louis de l’école primaire des Cascades de Rawdon. Ils font le trajet de 30 minutes à pied, matin et soir.

Un de ses fils, qui fait un peu d’arthrite, est incapable de faire le parcours plusieurs jours de suite. «Il a mal aux pieds, le lendemain, il ne peut plus le faire», se désole-t-elle.

Depuis trois semaines, ses enfants se sont donc absentés de l'école à quatre reprises.

«Je demande du travail à la maison, je n’ai pas le choix», insiste Mme Roussy, qui fait du télétravail. Mais elle s’estime chanceuse. Dans son coin, il n’est pas rare que des jeunes habitent à plus d’une demi-heure de marche de leur école. «Combien d’élèves ne sont pas scolarisés, en ce moment?»

Frictions au travail

Résidents de Saint-Lin–Laurentides, Patrick Talbot et sa conjointe ont dû se relayer pour assurer le transport vers le collège de leurs deux adolescents pendant cinq semaines.

Ils passaient alors deux heures par jour dans la voiture, entre la maison, le boulot et l’école. Leur résidence étant à plus de 30 km de l’établissement d’enseignement, faire le trajet à pied était impensable.

«Ça commençait à créer des frictions au travail», admet le père de famille. Par bonheur, leur circuit d’autobus a repris depuis peu. Mais Patrick Talbot craint qu’il ne soit à nouveau suspendu en raison de l’ampleur de la pénurie de chauffeurs.

Citoyens volontaires

Au Centre de services scolaire des Samares, on admet que les difficultés rencontrées par les compagnies de transport dans le recrutement de personnel ont un impact direct sur les services. Et la situation n’est pas près de s’améliorer, si on en croit le porte-parole Steve Lapierre.

«Il est impossible, pour nous, de prédire si la situation se résorbera bientôt, mais nous essayons de pallier le problème du mieux possible en continuant d’envisager différentes solutions temporaires, comme le covoiturage ou le recours à des citoyens volontaires pour transporter plusieurs élèves dans les milieux les plus touchés», a-t-il fait valoir.

M. Lapierre n’était pas en mesure de préciser combien d’élèves exactement sont touchés par cette interruption de service, combien de conducteurs il manque ou combien d’enfants ont manqué des jours de classe à cause de cette situation. 

Cependant, 12 circuits d’autobus étant suspendus, on parle évidemment de centaines d’écoliers.

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