/sports/opinion/columnists
Navigation

Le piégeage moderne

Coup d'oeil sur cet article

Le prélèvement des animaux à fourrure a incroyablement changé au fil des dernières décennies.

• À lire aussi: Êtes-vous prêt?

Lorsqu’on parle de trappe, on fait inévitablement allusion à des personnages historiques emblématiques comme Pierre-Esprit Radisson et Médard Chouart Des Groseilliers qui ont fondé la Compagnie de la Baie d’Hudson. Pour d’autres, l’image du coureur des bois ressemble plus à des acteurs comme Daniel Boone ou Leonardo DiCaprio qui interprétait le rôle de Hugh Glass dans le film Le revenant, etc. 

De nos jours, les aventuriers qui sillonnent l’arrière-pays sont appelés des piégeurs, car ils se servent maintenant d’engins qui doivent être conformes aux normes internationales de piégeage sans cruauté ANIPSC. Ces mécanismes modernes permettent soit la mise à mort rapide de l’animal, soit sa retenue sur le site de capture tout en minimisant l’inconfort et les blessures.

Des intervenants

« La présence des piégeurs est un atout important de gestion faunique en milieu municipalisé ainsi que dans les régions agricoles et forestières. Le piégeage contribue à la conservation des espèces menacées et vulnérables, au contrôle des animaux importuns et à la propagation de certaines maladies comme la rage », explique le directeur général de la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec (FTGQ), Philippe Tambourgi. 

« Il faut oublier le concept que les adeptes ne font ça que pour le prix des peaux, car les marchés se sont effondrés au fil des dernières décades. On peut dire de façon générale que la valeur commerciale des fourrures débute à l’ouverture des saisons vers la fin octobre et leur maturité augmente selon les espèces pour atteindre leur plénitude en décembre et la conserver une bonne partie de l’hiver. Elle diminuera par la suite jusqu’à la mue au printemps », précise M. Tambourgi. 

« Nos membres sont souvent appelés en renfort pour aider les municipalités et les autorités gouvernementales à des moments où les fourrures n’ont aucune valeur. Nous assurons alors une saine gestion des populations fauniques et des écosystèmes. » 

« Nul ne peut s’improviser trappeur. Le futur piégeur, de 12 ans et plus, doit obligatoirement réussir l’examen de la formation Piégeage et gestion des animaux à fourrure pour obtenir son certificat, lequel est un prérequis à l’obtention du permis de piégeage », précise le DG.

Le rat musqué 

Photo courtoisie

En troisième position au niveau des récoltes, on retrouve ce rongeur qui ressemble à un gros rat de 48 à 64 cm. Sa popularité s’explique facilement puisqu’il est l’animal à fourrure ayant la plus grande répartition en Amérique du Nord. Il peut vivre dans une cabane faite de quenouilles et de boue, dans une plate-forme d’alimentation ou dans un terrier le long des rives. L’entrée de sa demeure est normalement immergée sous l’eau. Pour capturer cette espèce d’un poids maximal de 1580 g et dont la queue peut mesurer jusqu’à 28 cm, on se servira également d’un 120 Super X.

Le renard 

Photo courtoisie

Le plus petit des canidés carnivores a une fourrure rousse, croisée ou argentée. D’une longueur maximale de 1,2 m, on le retrouve partout au pays, à proximité des champs, des abords des forêts, des bordures, etc. Son régime alimentaire est composé à 80 % de souris et de campagnols. Les spécimens adultes, qui consomment en moyenne 2,25 kg de nourriture par semaine, n’hésiteront pas à dévorer un lièvre, des œufs, des oiseaux, etc., si l’occasion se présente. Il aime bien se loger dans une terrière en bordure de rivière, à flanc de colline, dans un champ, etc. Pour l’attraper, on suggère un collet plus
petit que celui utilisé pour le coyote.

Le raton laveur 

Photo courtoisie

Le raccoon, comme plusieurs le surnomment, peut atteindre un poids de 18 kg pour le mâle et de 12 kg pour sa compagne. Cette dernière sera prête à se reproduire dès l’âge d’un an. Dans les milieux agroforestiers en pleine effervescence, on peut retrouver une densité pouvant atteindre 13 ratons au km2 et ce chiffre peut grimper jusqu’à 70 dans des centres urbains comme Montréal. Étant omnivore, il est peu sélectif et dévorera toute sorte de nourriture tant animale que végétale. Un piège en X comme le 220 Super X avec ses mâchoires de 7 1/4 po par 6 7/8 po est performant pour l’intercepter. 

La martre 

Photo courtoisie

Ce mustélidé carnivore, mesurant de 49 à 67 cm, se nourrit principalement de campagnols et d’écureuils roux. La femelle pèsera au maximum 900 g et le mâle, pour sa part, sera plus imposant avec ses 1500 g. Bien que la martre soit une bonne grimpeuse, elle chassera surtout au sol. Son habitat préféré se situe dans la forêt mature dominée par les conifères. Pour déjouer sa vigilance, plusieurs professionnels se servent d’un piège en forme de X Bélisle 120 Super X. Ses mâchoires ont une largeur de 4 5/8 po et une hauteur de 4 7/8 po. 

Le coyote 

Photo courtoisie

Apparus au Québec seulement dans les années 1970, ces canidés carnivores ont connu une forte explosion démographique et se sont installés presque partout dans la sphère septentrionale. Ce redoutable prédateur a une ouïe et un odorat particulièrement développés. Plus petit que le loup avec une longueur totale pouvant aller jusqu’à 1,4 m et un poids moyen de 15 kg, il s’est bien adapté aux milieux agroforestiers. Opportuniste, il se logera souvent dans un terrier abandonné qu’il aura agrandi. Un collet métallique avec une ouverture de 10 à 11 po et un système autobloquant convient pour le capturer.

Le castor 

Photo courtoisie

Ce rongeur d’une longueur de 85 cm à 1,2 m peut atteindre un poids de 11 à 25 kg. Cet animal emblématique dont l’espérance de vie est de 20 ans est le plus prisé des poseurs de pièges. Il se logera dans un terrier creusé dans la rive d’un cours d’eau ou dans une hutte conique qu’il aura façonnée avec des branches et de la boue. De nombreux adeptes s’entendent pour dire qu’un piège comme le 330 X doté de mâchoires de 10 7/16 po par 10 1/8 po et d’une tige de ressort de 0,312 po s’avère tout indiqué pour la capture de ces infatigables bâtisseurs.


Les images proviennent de l’œuvre Principales espèces piégées au Québec, produite par le talentueux illustrateur Claudin Roy pour le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Pour en savoir plus, visitez le site ftgq.qc.ca ou composez le 1 866 260-7644.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.