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Le retour à Saint-Lambert d’un blocage ferroviaire

Une altercation a même éclaté hier entre des policiers et des manifestants

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Près de deux ans après leur dernier coup d’éclat, une soixantaine de manifestants ont complètement bloqué un important lien ferroviaire sur la Rive-Sud de Montréal, samedi, en soutien à des Autochtones.

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Dès 9 h 30, les gens ont obstrué les rails du Canadien National (CN), à Saint-Lambert, avec des morceaux de bois. Ils se sont ensuite installés sur la voie ferrée en écoutant des chansons et en allumant des feux. De nombreux policiers les observaient. 

« On va perturber l’économie canadienne en bloquant les rails ici jusqu’à ce que la Gendarmerie royale du Canada quitte le territoire Wet’suwet’en et tant que la construction du gazoduc Coastal GasLink se poursuivra en Colombie-Britannique », affirme Marianne Côté, une militante au blocus. 

Elle est la seule du groupe qui a accepté de discuter avec Le Journal, samedi. 

Quelques dizaines de personnes ont bloqué les rails du CN à Saint-Lambert, samedi, en appui à la nation Wet’suwet’en.
Photo Agence QMI, Thierry Laforce
Quelques dizaines de personnes ont bloqué les rails du CN à Saint-Lambert, samedi, en appui à la nation Wet’suwet’en.

Cette manifestation a été organisée par des allochtones qui se disent « alliés » des peuples autochtones. La dernière fois qu’un tel blocage a eu lieu à Saint-Lambert, c’est en février 2020. Il avait duré trois jours. 

« Anticolonialisme, solidarité avec les peuples qui résistent », ont scandé les protestataires, qui avaient aussi apporté une banderole où on pouvait lire « shut down kkkanada ». 

Selon Mme Côté, c’est l’arrestation de 14 membres de la communauté Wet’suwet’en le 20 novembre en Colombie-Britannique qui a ramené le conflit dans l’actualité.

Violente altercation 

Plusieurs automobilistes ont d’ailleurs lancé des insultes aux manifestants. 

« Réglez ça vite, les policiers, si ce n’est pas des Autochtones, qu’ils crissent leur camp de Saint-Lambert », a hurlé l’un d’entre eux. 

Ça a brassé un peu avec les policiers.
Photo Agence QMI, Thierry Laforce
Ça a brassé un peu avec les policiers.

La police du CN et le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) ont tenté à plusieurs reprises de convaincre le groupe de quitter les lieux.

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Vers 13 h 30, deux militants ont voulu apporter une boîte de nourriture sur la voie ferrée. Toutefois, ils ont été confrontés à un barrage d’agents du SPAL. Une violente altercation avec les policiers a éclaté, mais personne n’a été blessé. 

Trois trains arrêtés

Le blocage ferroviaire a subitement pris fin vers 15 h, soit moins de six heures après son commencement. 

Les participants ont quitté la manifestation de leur plein gré et de façon pacifique.

Un employé a nettoyé les rails au terme du blocus.
Photo Agence QMI, Thierry Laforce
Un employé a nettoyé les rails au terme du blocus.

Au moins trois trains de marchandises ont dû faire marche arrière puisque les rails étaient bloqués, selon nos observations. 

De son côté, le CN s’est limité à indiquer qu’il « suit la situation de près », sans s’avancer sur les mesures qu’il compte prendre, incluant une éventuelle injonction pour déloger les manifestants lors d’un prochain blocus.