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Le bras de fer entre l’État et les travailleuses des CPE continue

Alors que 550 centres de la petite enfance pourraient être en grève jeudi, des parents tentent de s’organiser

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Syndicats, partis d’opposition et parents ont uni leur voix dimanche pour demander au premier ministre François Legault d’intervenir dans l’épineux conflit de travail impliquant les employés des centres de la petite enfance.

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« On a besoin d’une intervention rapide et vous avez tout ce qu’il faut pour nous amener vers la sortie de crise », a plaidé Stéphanie Vachon, représentante de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). 

Réunis dimanche matin, les trois grandes centrales syndicales, les partis d’opposition et les associations Ma place au travail et Valorisons ma profession faisaient cette déclaration à l’aube d’une semaine qui s’annonce mouvementée. 

Pour une quatrième journée, les employées affiliées à la CSN de 400 centres de la petite enfance (CPE) poursuivent aujourd’hui une grève illimitée. 

Et les travailleuses représentées par la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (130 installations) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (10 installations) se joindront à elles à partir de jeudi, à moins d’un déblocage des négociations avec la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.   

  • Écoutez Jean-François Lisée et Thomas Mulcair au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Gardiennage improvisé

Alors que les moyens de pression s’intensifient, des parents solidaires des éducatrices improvisent des solutions plus ou moins pratiques pour faire garder leurs petits. 

« Je ne dis pas que cette grève est facile à gérer. Mais quand même, on est derrière elles à 100 %. On sait que si [les travailleuses] n’obtiennent pas gain de cause, elles partiront », affirme Geneviève Pagé, au nom du mouvement de parents Ma place au travail. 

Pas seulement les éducatrices

La rémunération du personnel responsable de la cuisine, de l’entretien et de l’administration en CPE est au cœur des frictions actuelles entre les partis.

« Nos employées de soutien sont sous-payées par rapport à leurs collègues en éducation et en santé », a plaidé Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec. 

Les employées de CPE syndiquées de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, dont Valérie Grenon est la présidente, ont voté un mandat de grève illimitée à partir de jeudi à moins d’un déblocage dans les négociations.
Photo Ben Pelosse
Les employées de CPE syndiquées de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, dont Valérie Grenon est la présidente, ont voté un mandat de grève illimitée à partir de jeudi à moins d’un déblocage dans les négociations.

Qui plus est, la publication dans plusieurs médias en fin de semaine d’une pleine page de publicité gouvernementale vantant des salaires de plus de 30 $ a jeté de l’huile sur le feu des pourparlers déjà houleux. 

L’information véhiculée n’y est pas « complète » ont dénoncé les centrales syndicales. 

Devant ce conflit qui s’éternise, les syndicats craignent l’adoption d’une loi spéciale, une possibilité déjà évoquée par le gouvernement.

Vendredi, Sonia LeBel a déclaré avoir fait des offres qui correspondaient à la hauteur des demandes syndicales, qui ont par la suite été revues à la hausse.