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Prévention de la criminalité: les armes glorifiées sur Internet sont oubliées, selon des experts

Des experts critiquent les investissements annoncés hier après les meurtres de trois adolescents cette année

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Des experts critiquent Québec pour avoir oublié la prévention de la violence sur le web qui mène à des fusillades entre jeunes à Montréal depuis des mois, alors que le gouvernement Legault a annoncé hier un plan de 52 millions $ pour endiguer la criminalité. 

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« Montréal est une ville sécuritaire, mais on comprend très bien que des gens sont inquiets et extrêmement bouleversés par tout ce qu’il se passe depuis quelques mois », a lancé hier Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique. 

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, et la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, durant la conférence de presse hier.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
La mairesse de Montréal, Valérie Plante, la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, et la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, durant la conférence de presse hier.

Elle était de passage dans la métropole pour annoncer un investissement de 52 M$ supplémentaires pour lutter contre les armes à feu. Mme Guilbault a rappelé qu’au moins trois adolescents ont été assassinés au cours de la dernière année à Montréal.   

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En tout, six programmes différents bénéficieront de ce plan axé sur la prévention, plutôt que la répression.

Un programme de prévention de la délinquance par le sport, les arts et la culture obtiendra aussi 11 M$. 

« Je me suis aussi engagée à trouver de l’argent pour éviter que les plus vulnérables, souvent nos jeunes, se laissent séduire par des délinquants sans scrupules », a affirmé Geneviève Guilbault. 

Ça commence sur Internet

La criminologue et sociologue Maria Mourani croit toutefois que le gouvernement a « encore mis de l’argent dans de vieilles affaires ». 

« C’est bien de mettre de l’argent dans la prévention, mais ça cible surtout ceux qui iraient dans des gangs de rue par exemple. Les montants vont encore dans les créneaux habituels. Les jeunes randoms qui peuvent avoir accès à des armes sur internet et devenir criminels ensuite ne sont pas concernés par ces programmes », tonne la présidente de Mourani-Criminologie. 

L’experte insiste pour dire que les conflits éclatent souvent sur les réseaux sociaux depuis quelque temps avant de se terminer en fusillade dans le « réel ». 

Thomas Trudel, 16 ans, a été abattu en novembre dernier sur le trottoir dans le secteur montréalais de Saint-Michel.
Photo Agence QMI, Thierry Laforce
Thomas Trudel, 16 ans, a été abattu en novembre dernier sur le trottoir dans le secteur montréalais de Saint-Michel.

Utiliser les écoles

« Je me serais attendue à un programme pour prévenir la violence sur les réseaux sociaux. J’aurais voulu voir plus d’innovation ici, chose que je ne vois pas. Le jeune qui devient violent sur le web, lui, il n’est pas considéré avec ce plan », déplore Maria Mourani. 

L’ex-sergent détective à la retraite André Gélinas, qui a lutté contre le crime organisé au sein de la police de Montréal, est du même avis.

« C’est vrai aussi qu’il faut de la prévention pour le web, comme le dit Mme Mourani. Par contre, je pense que ça passe beaucoup dans les écoles et on n’en parle pas ici. Ils ont quand même huit heures par jour là-bas avec les jeunes. Il faudrait profiter de ce moment-là pour prévenir justement les enfants et les ados de la violence en ligne », explique M. Gélinas. 

Rappelons que le financement d’hier s’ajoute au lancement de l’escouade CENTAURE annoncé en septembre. Elle est financée à hauteur de 90 M$ par Québec et vise aussi à lutter contre le trafic d’armes.

52 M$ dans la prévention de la criminalité   

  • 20,2 M$ au Programme de financement de la mission des organismes communautaires de travail de rue ;       
  • 11 M$ au Programme de prévention de la délinquance par le sport, les arts et la culture ;       
  • 9 M$ en Financement supplémentaire en prévention de la criminalité ;       
  • 8 M$ au Comité stratégique en sécurité urbaine de Montréal ;       
  • 3,1 M$ à l’équipe d’intégration sociale et de liaison de la région métropolitaine ;       
  • 366 000 $ sur 4 ans pour l’embauche d’un conseiller en développement communautaire autochtone.