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Montréal se souvient des 14 victimes de Polytechnique

Trente-deux ans après Polytechnique, le combat contre la violence faite aux femmes est toujours d’actualité

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Assombrie par la triste vague de féminicides qui déferle sur le Québec, la cérémonie de lundi pour les 14 victimes de la tuerie survenue à l’école de Polytechnique Montréal il y a 32 ans a rappelé que le travail pour contrer la violence faite aux femmes était loin d’être terminé.

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Les 14 faisceaux lumineux qui trônent au sommet du mont Royal en mémoire des victimes de ce féminicide de masse se sont illuminés peu après 17h10, transperçant difficilement le ciel pluvieux et couvert par les nuages.

Les 14 faisceaux lumineux en souvenir des victimes du féminicide de masse à Polytechnique Montréal, en 1989, ont éclairé le ciel de la métropole lundi jusqu’à 22h.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Les 14 faisceaux lumineux en souvenir des victimes du féminicide de masse à Polytechnique Montréal, en 1989, ont éclairé le ciel de la métropole lundi jusqu’à 22h.

C’est à cette heure précise que le tueur Marc Lépine avait ouvert le feu sur des femmes le tragique soir du 6 décembre 1989. 

Photo Agence QMI, Joël Lemay

«Nous avons promis [aux victimes] d’être les gardiens de la place des femmes dans la société. Les 14 faisceaux nous disent où nous en sommes, mais beaucoup reste encore à faire», a dit Catherine Bergeron, présidente du Comité mémoire et également sœur de Geneviève, l’une des victimes.   

  • Écoutez l’entrevue de Nathalie Provost, survivante des attentats de Polytechnique, au micro de Richard Martineau, sur QUB radio:   

«Avec cette commémoration, nous souhaitons rappeler notre promesse [...]: travailler pour un monde meilleur dans lequel nous n’acceptons plus que des femmes meurent parce qu’elles sont des femmes. Il s’agit d’un travail sans fin que nous devons aux générations futures et surtout, à ces 14 femmes», a-t-elle ajouté lors d’une brève allocution.  

Des roses blanches ont été déposées devant les photos des 14 femmes tuées.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Des roses blanches ont été déposées devant les photos des 14 femmes tuées.

Deux étudiants, Édith Ducharme et Jean-Michel Dotonou, ont ensuite cité les noms des 14 victimes. Puis, des roses blanches ont été déposées devant leur photo.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

18 féminicides

«Malheureusement, on a vu récemment, encore de la violence contre les femmes. On a fait du chemin, mais il y a encore du travail à faire. Pour elles, continuons de se battre pour l’égalité entre les femmes et les hommes», a dit aux médias le premier ministre du Québec, François Legault.   

  • Écoutez l’entrevue de Mélissa Blais, professeure de sociologie à l’UQO et autrice de l’essai J'haïs les féministes:  

Rappelons qu’une vague de féminicides secoue présentement la province: 18 femmes ont été tuées dans un contexte conjugal depuis le début de l'année.

Le premier ministre du Québec, François Legault, était présent à la cérémonie commémorative au sommet du mont Royal avec sa femme, Isabelle Brais.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Le premier ministre du Québec, François Legault, était présent à la cérémonie commémorative au sommet du mont Royal avec sa femme, Isabelle Brais.

«[La cérémonie] est un événement que l’on refait chaque année [...] pour avoir une réflexion en tant que société sur ce qui doit être fait pour empêcher la violence faite aux femmes ainsi que les féminicides», a également commenté la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

En raison des conditions météorologiques de lundi soir, la cérémonie est demeurée sobre et plutôt brève. Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, était présent, mais il ne s’est pas adressé aux médias. 

Plus de femmes en génie

En plus des familles de victimes, de nombreux étudiants de Polytechnique Montréal étaient présents lundi sur le belvédère Kondiaronk. 

  • Écoutez Sophie Durocher et Marie-Claude Barrette sur QUB radio:    

Camille Lalancette se joint à la cérémonie chaque année depuis cinq ans afin de se souvenir de cette tragédie, et aussi pour rappeler l’importance de la présence des femmes en génie mécanique, son domaine d’études.  

« Les femmes en génie sont une nécessité, mais on n’est pas assez valorisées et mises de l’avant. Et ce n’est pas toujours facile dans les milieux de travail, même si ça va de mieux en mieux », a-t-elle expliqué au Journal

« C’est d’autant plus vrai en génie informatique, une des branches où il y a le moins de femmes. Ça rajoute à l’importance pour moi d’être ici », a renchéri son ami Nicolas Charron, qui étudie pour sa part en génie informatique.

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