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Contrôle des armes: un débat qui tourne en rond

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La survivante de Polytechnique Nathalie Provost soulevait une question fort pertinente dans nos pages hier.

« Je me demande pourquoi 18 pris à l’unité sont moins que 14 en même temps. Pourquoi on ne se scandalise pas autant ? » s’est-elle demandé en référence aux 18 féminicides à avoir secoué le Québec en 2021.

La liste des réponses est aussi longue que désolante. 

C’est peut-être parce qu’après Polytechnique, on osait dire « plus jamais ». Or, face aux féminicides répétés, la tâche semble trop titanesque pour faire une telle promesse.

C’est peut-être aussi parce que le contrôle des armes à feu est devenu un débat tellement partisan qu’il tourne en rond. 

On se réfugie donc derrière le symptôme de la violence faite aux femmes, plutôt que d’oser débattre rationnellement de l’accès aux armes.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Arme politique

Le registre fédéral des armes à feu avait été vu comme une grande victoire pour le contrôle des armes au pays en 1995. Il s’est plutôt révélé un cadeau empoisonné à cause du dérapage entourant ses coûts de 2 milliards de dollars.

Un véritable paratonnerre qui a permis aux conservateurs de prôner son abolition et ainsi légitimer le droit à posséder une arme au pays. C’est devenu un symbole de résistance à la rectitude politique des grandes villes.

Ils ont tellement réussi que Justin Trudeau n’a jamais voulu rouvrir le débat, se contentant du mirage de demi-mesures jamais mises en œuvre.

Sur le fond, rien ne change. 

Le contrôle des armes sert à mobiliser sa base militante, diaboliser l’adversaire. C’est tout.

Elles sont bien courageuses les survivantes de Polytechnique de poursuivre leur combat. Il est tristement ironique qu’une vague de fusillades meurtrières se révèle soudainement leur meilleur allié pour peut-être, enfin, forcer à nouveau la main de la classe politique.