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Loi sur la laïcité: tollé pour une enseignante retirée à cause de son voile

Vague de soutien et onde de choc pour la première victime de la loi sur la laïcité

Tim Irvin
Photo Guillaume St-Pierre Tim Irvin et sa fille Phoebe ont noué jeudi un ruban vert sur la grille de l’école primaire de Chelsea, en signe de soutien à l’enseignante Fatemeh Anvari, qui porte un hijab.

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OTTAWA | Le retrait d’une enseignante d’une école du Québec parce qu’elle porte le hijab cause une onde de choc au Canada anglais, relançant le débat sur la loi 21 entre les politiciens fédéraux.

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« Je ne peux plus, en bonne conscience, maintenir le silence sur cette affaire. C’est une honte absolue », a réagi le député conservateur ontarien Kyle Seeback.

L’enseignante Fatemeh Anvari, diplômée en littérature anglaise de l’Université d’Ottawa, a été retirée de sa classe de troisième année et affectée à d’autres tâches à l’école primaire anglophone de Chelsea, près de Gatineau.

« Personne au Canada ne devrait perdre son emploi à cause de ce qu’il porte ou de ses croyances religieuses », a déclaré le Bureau du premier ministre, jeudi soir.

« Ce type de discrimination ne reflète pas la société québécoise dans laquelle je veux vivre », a dit le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller. 

Il s’agirait de la première fois que la loi 21 sur la laïcité de l’État québécois, qui interdit le port de signes religieux aux fonctionnaires en position d’autorité, conduit au retrait d’une enseignante.

  • Écoutez Jean-François Lisée et Thomas Mulcair au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Parents dégoûtés

Les parents ont appris la nouvelle dans une lettre envoyée le 3 décembre.

« Nous sommes dégoûtés. J’ai honte que ça arrive dans notre école. Comment va-t-on expliquer ça à nos enfants ? Cette loi est indéfendable », a réagi un parent d’élèves, Tim Irvin, venu nouer un ruban vert en signe de soutien à Mme Anvari avec ses deux enfants. 

Mme Anvari était suppléante à l’école depuis mars et avait obtenu un poste le 25 octobre. 

Peu après, le 10 novembre, la Commission scolaire English-Montréal était déboutée en Cour d’appel lors de sa contestation de la loi 21.

Bien qu’elle s’oppose aussi à cette loi, la Commission scolaire Western Québec, qui gère l’école primaire de Chelsea, a jugé qu’elle n’avait plus le choix d’appliquer le texte adopté en 2019.

Vers une contestation à Ottawa ?

En campagne électorale, Justin Trudeau avait mentionné qu’il « n’écarte pas l’idée que le gouvernement fédéral pourrait intervenir à un moment donné dans la question de la loi 21 ». Jeudi, son Bureau a indiqué suivre cette affaire « de près ».

Pour sa part, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a déclaré que « c’est important que les lois injustes des provinces soient contestées dans les provinces ».

« C’est un sujet dont la décision revient aux Québécois », a renchéri le chef conservateur Erin O’Toole.

Mais pour son collègue conservateur Kyle Seeback, comme pour la libérale Iqra Khalid, cette posture est devenue intenable. Tous deux pressent leur parti d’agir.

« Il est temps que les politiciens se lèvent pour défendre ce qui est juste. Il faut s’opposer au projet de loi 21. Au tribunal, à la Chambre des communes et dans les rues », a lancé sur Twitter M. Seeback.

– Avec Guillaume St-Pierre, Bureau parlementaire, et Raphaël Pirro, Agence QMI