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Vérification des quarantaines: pas une «réussite», selon la VG

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La surveillance des voyageurs en quarantaine par le fédéral durant la pandémie aura été déficiente d’un bout à l’autre, malgré des améliorations entre le début de la pandémie et la fin du décret de quarantaine l’été dernier, explique la vérificatrice générale du Canada (VG).

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Dans une série de rapports rendus publics jeudi, Karen Hogan brosse un portrait inégal du travail effectué par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) quant à l’application des règles de la quarantaine.

Entre mai et juin 2020, les deux tiers (66 %) des personnes arrivant au Canada n’ont pas eu de suivi de la part de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), principalement parce que les données des voyageurs étaient collectées sur papier. La transition vers la collecte numérique, notamment à travers l’utilisation de l’application ArriveCAN, a permis de réduire ce chiffre à 37 %.

«Même si l’ASPC a amélioré ses résultats, il ne s’agit pas d’une réussite : l’incapacité de l’Agence à confirmer si plus du tiers des voyageurs respectent les ordonnances de quarantaine demeure un problème important», soutient la VG dans un.

Celle-ci s’attendait à voir le gouvernement «tirer des leçons» de premier rapport assassin publié en début d’année, mais a été visiblement déçue.

«L’élément qui me préoccupe probablement le plus, c’est qu’ils [le gouvernement] ont mis en place des mesures, mais qu’ils n’ont vraiment pas travaillé ou pensé à la surveillance et au contrôle. Ça ne devrait pas être compliqué», a-t-elle dit aux journalistes.

Des cas positifs non contactés

Certains chiffres inclus dans le rapport font état de la confusion qui régnait encore pendant la première moitié de 2021.

Par exemple, 30 % des résultats de tests de dépistage effectués à l’arrivée «manquaient dans les dossiers de l’Agence ou n’avaient pu être associés à un voyageur ou à une voyageuse».

Le manque de clarté dans la collecte de donnée était tel que 14 % des personnes dont le test était positif à l’entrée n’ont pas pu être joints par l’ASPC, pour un total de 1156 individus.

La quarantaine a de l'avenir

Si la quarantaine pour tous a été enrayée l’été dernier, Mme Hogan rappelle que «les gens recommencent à voyager et des nouveaux variants continuent d’émerger». «C’est pourquoi l’Agence doit améliorer sa façon de gérer et de faire respecter les contrôles frontaliers qui visent à limiter l’introduction au Canada du virus de la COVID-19 et de ses variants», a déclaré Mme Hogan.

Avec l’arrivée du variant Omicron, Ottawa a réintroduit la quarantaine obligatoire de deux semaines pour les voyageurs ayant transité dans dix pays africains, incluant le Nigéria, l’Égypte et l’Afrique du Sud.

«C’est le temps de trouver quelles données on devrait avoir, comment on devrait recueillir ces données, et comment on va démontrer aux Canadiens que les mesures à la frontière sont efficaces», a-t-elle déclaré.

Duclos promet que ça s’améliore

«Nous reconnaissons que de nombreux défis subsistent et que nous ne cherchons pas d’excuses. Nous pouvons et devons faire mieux», a déclaré le ministre de la Santé Jean-Yves Duclos en point de presse jeudi.

Celui-ci a toutefois assuré que «le système que l’on a maintenant est meilleur que celui qu’on avait, certainement au début de la pandémie, et mieux encore que celui qu’on avait jusqu’en juin 2021.»

Alors que les capacités de l’ASPC à respecter les engagements du gouvernement sont remise en question, M. Duclos a confirmé que de nouveaux contrats signés «dans les derniers jours» permettront d’augmenter les capacités de dépistage aux frontières.

Il a rappelé que plus de 7 millions d’appels de vérification et 500 000 visites chez des voyageurs récemment arrivés ont été faits depuis le début de la pandémie.

Les oppositions ont sauté sur le rapport de la VG pour dénoncer les failles du gouvernement dans la gestion des frontières.

Pour la députée bloquiste Kristina Michaud, «beaucoup d’inquiétudes» subsistent malgré les améliorations globales.

«L’actualité nous rappelle qu’il y a encore des choses qui ne fonctionnent pas bien, que ce soit les quarantaines à l’hôtel, les aéroports qui n’ont pas les bonnes directives ou pas les bonnes mesures à mettre en place après [les annonces du fédéral]», a-t-elle dit.

«Les conclusions du rapport de la vérificatrice générale révèlent une tendance à l’incompétence, avec de graves lacunes dans l’application des politiques. Le rapport indique clairement que ce gouvernement libéral échoue une fois de plus à mettre les leçons apprises en pratique», a déclaré le conservateur Luc Berthold.

De son côté, le néodémocrate Peter Julian a déploré le «bordel complet» aux frontières, et réclame plus de «transparence» de la part du gouvernement.

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