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Natasha Kanapé: tout en intimité

Natasha Kanapé
Photo courtoisie

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Appuyée par une discrète, mais envoûtante instrumentation, l’artiste innue Natasha Kanapé présentait vendredi soir son mini album Nui Pimuten. Je veux marcher pour la première fois au public montréalais.

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On pourrait retenir que la poétesse, écrivaine et chanteuse n’a fait que livrer un plaidoyer passionné pour la reconnaissance des cultures autochtones aux quelques centaines de spectateurs rassemblés à la Cinquième salle de la Place des Arts. Mais on ne lui rendrait pas justice. 

Amorçant le spectacle avec un texte alliant sa langue natale, l’innu-aimun, et le français, Natasha Kanapé donne le ton pour le reste de la soirée. Sa voix suave et les talents du multi-instrumentiste Manuel Gasse permettent à ses traits puissants de résonner davantage. 

« Comment recoller les morceaux ? », questionne l’artiste de 30 ans pour amorcer la pièce suivante. La réconciliation, ou encore les découvertes de sépultures anonymes dans les pensionnats pour enfants autochtones, ne sont pas des éléphants dans cette salle intime du centre-ville montréalais. Elle aborde ces thèmes avec beauté et tact, sans prendre de détour, en prenant toutefois le public par la main lors de cette expédition vertigineuse.  

« Kuei !, lance-t-elle discrètement au public. Chaque soir, j’écoute le nombre de kuei [qui signifie “bonjour” dans plusieurs langues autochtones] que j’entends. C’est comme ça que je sais qu’on avance. » Malgré cette réserve, qui contribue d’ailleurs à son attrait, elle livre une interprétation sentie de ses textes. 

Ambiance intime

Elle aligne d’ailleurs ses pièces en ne les laissant que peu respirer, comme pour maintenir l’auditoire à bord de sa barque. La mise en scène du concert étant on ne peut plus minimaliste, on se laisse surprendre par la vitesse à laquelle le spectacle se déroule. C’est là qu’on perçoit la force d’interprétation et la qualité de la plume de celle qui a publié son premier roman, Nauetakuan, un silence pour un bruit, au mois de novembre.  

Dans une ambiance intime, presque familiale, Kanapé témoigne en fin de soirée de sa discussion récente avec la famille Echaquan et de cette dernière année particulièrement difficile. Le texte qu’elle livre en rappel, le premier qu’elle est parvenue à écrire à la suite du décès de Joyce, Je reste, aurait difficilement pu être plus à propos. 

« Je ne resterai pas une crise d’Oka enfermée dans un livre d’histoire », avait-elle scandé d’entrée de jeu. On ne peut d’ailleurs qu’espérer que Nui Pimuten. Je veux marcher ne soit qu’un des premiers chapitres de son histoire à elle. 


Natasha Kanapé présentera une supplémentaire du concert Nui Pimuten. Je veux marcher à la Cinquième salle de la Place des Arts, samedi soir.

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