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«West Side Story»: Steven Spielberg frappe dans le mille

«West Side Story»: Steven Spielberg frappe dans le mille
AFP

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Ayant été élevée avec le «West Side Story» de 1961 de Robert Wise, j’étais plus que dubitative. J’avais tort.

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J’avais tort parce que j’avais oublié que le long métrage de Wise avec la très blanche Natalie Wood dans le rôle de Maria (eh oui) était tiré de la comédie musicale de Broadway et, qu’en conséquence, cette dernière avait été un peu aseptisée pour son passage au grand écran de l’époque.

Steven Spielberg lui redonne tout son mordant social et politique. Social parce que les acteurs choisis sont latinos, Rachel Zegler, la Maria du cinéaste pour ne citer qu’elle, est d’origine polonaise et colombienne. Social parce que le scénario parle d’embourgeoisement, de destruction d’un quartier populaire et de pauvreté. 

Politique parce que les chansons, les danses et les dialogues décortiquent la violence et la haine, celle qui pousse les Américains à exiger un «speak English» de d’autres Américains. Politique parce que le personnage de Anybodys est désormais clairement identifié comme non binaire. Politique, aussi, parce que les femmes qui chantent et dansent «America» revendiquent les droits et la place qui leur est due.

Le génie de Spielberg et de Tony Kushner, son scénariste attitré, réside dans le fait de rendre plus éclatants des éléments parfois oubliés de la comédie musicale qui met en scène l’affrontement entre deux gangs de rue, les Jets américains et les Sharks portoricains. Les gros mots des chansons, les gestes durs et violents des chorégraphies sont accentués. Mais c’est surtout dans le personnage de Valentina, jouée par Rita Moreno, la Anita du film de 1961, que le tandem a eu sa meilleure idée. 

Remplaçant le pharmacien Doc, dont elle est la veuve, elle est la concrétisation de la possibilité du maillage des deux cultures et lorsqu’elle chante «Somewhere» (au lieu de Maria et Tony dans le film précédent, ici occupés à faire l’amour), la chanson acquiert une puissance qui lui faisait défaut.

Chaque personnage, secondaire ou non, de Tony (Ansel Elgort) à Bernardo (David Alvarez), en passant par Anita (Ariana DeBose), Riff (Mike Faist) ou Chino (Josh Andrés Rivera) est développé et acquiert ainsi une substance – et un but scénaristique – clairement définis. 

De plus, les acteurs sont tous excellents au point qu’on regrette qu’il n’y ait pas de catégorie pour l’ensemble de la distribution aux Oscars. Oui, avec son «West Side Story», Steven Spielberg l’optimiste rappelle à tous que le fameux «rêve américain» a déjà été un rêve atteignable.

Note: 4 sur 5

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