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Votre garde-robe fera plus mal à votre portefeuille

Plusieurs entreprises de vêtements prévoient augmenter leurs prix

Lili Fortin
Photo d'archives, Chantal Poirier Lili Fortin, présidente de Tristan, anticipe des hausses de prix sur ses vêtements au printemps prochain et prévoit que la situation sera « encore pire à l’automne ».

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Les Québécois paieront plus cher pour s’habiller dès l’an prochain puisque l’inflation dans le secteur du vêtement pourrait dépasser 10 % d’ici 2023.

« Je crois qu’à l’intérieur d’une année ou de deux ans, ça va toucher 10 à 12 % [d’augmentation] », prédit Jacques Nantel, chercheur et spécialiste du commerce de détail à HEC Montréal, en parlant de la hausse du prix des vêtements au Québec. 

Il estime que ce secteur ne sera pas épargné par l’inflation, en raison entre autres de l’explosion des coûts de transport des marchandises et des matières premières que subissent les entreprises de mode. 

La Grappe métropolitaine de la mode, qui regroupe plusieurs acteurs de l’industrie à Montréal, affirme que l’augmentation des prix est une option « sérieuse » à envisager pour plusieurs joueurs.

« Cette augmentation pourrait donc être observée dans des entreprises de détail et de vente en gros qui fabriquent outre-mer, mais aussi dans celles qui font appel à la fabrication locale, puisqu’une grande majorité des entreprises d’ici s’approvisionnent, ne serait-ce qu’en partie, à l’extérieur du pays », a expliqué Debbie Zakaib, directrice générale.

« Les dernières années, les coûts de l’industrie n’ont pas trop augmenté. Mais là, ça va être plus cher », résume Pierre Elias, propriétaire des boutiques République Collection, à Montréal. Il anticipe devoir procéder à une augmentation « importante » des prix des vêtements de sa collection du printemps 2022.

Phénomène mondial

La hausse du prix des vêtements sera un phénomène mondial, selon le rapport annuel The State of Fashion 2022, produit par la firme américaine McKinsey & Company, qui prévoit quant à elle une hausse moyenne de 3 %.

Pour Jacques Nantel, le premier « coup de canon » à l’inflation dans ce secteur a été donné à l’occasion du Black Friday, où les soldes ont été à peu près inexistants dans les magasins de vêtements, selon ses observations. Il prévoit que les hausses de prix seront bien visibles dans la collection du printemps prochain.

« On a déjà des enjeux de hausse de prix pour le printemps et ça va être encore pire à l’automne », confirme de son côté Lili Fortin, présidente du détaillant de vêtements Tristan. 

Elle compare la situation des vêtements aux besoins de masques et de blouses au début de la pandémie. 

« Ça a augmenté en flèche parce qu’il y avait plus de demande que d’offre. On vit un peu la même chose et c’est un peu une bombe à retardement. »

Variations 

Les entreprises n’opteront toutefois pas toutes pour la même stratégie face à cette réalité, croit Jessika Roussy, directrice générale de Mode-choc, qui redouble d’efforts pour négocier les prix et remplacer des produits par d’autres.

Il est possible que certains articles coûtent plus cher dans ses magasins l’an prochain, dit-elle, mais les clients ne devraient « pas trop le sentir ».

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