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Louis Rubenstein (1861-1931): athlète, entrepreneur et conseiller municipal

Portrait de 
Louis Rubenstein 
[vers 1925-1931]
Photo d'archives de la Bibliothèque publique juive, Fonds Rubenstein Brothers Company, no doss. 00024 Portrait de Louis Rubenstein [vers 1925-1931]

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Un athlète né

Né à Montréal en 1861, Louis Rubenstein grandit dans une famille d’immigrants juifs d’origine polonaise. Dès son plus jeune âge, il fréquente assidûment le Victoria Skating Rink sur la rue Drummond. Habile, il remporte son premier trophée comme patineur artistique en 1878. Parallèlement à ses activités sportives, il s’associe à ses frères au sein de la Rubenstein Brothers, une entreprise spécialisée dans le placage de métaux précieux. En décembre 1889, Louis Rubenstein, qui vient de remporter les championnats canadiens et américains, est choisi comme représentant de l’Association de patinage amateur du Canada pour participer à la compétition internationale en Russie en février 1890. En plus de compter sur une collecte de fonds pour couvrir ses dépenses, le Gouverneur général du Canada, Lord Stanley, lui confie une lettre pour faciliter son passage. Le Tsar Alexandre III étant farouchement antisémite, le voyage du jeune athlète juif ne s’annonce pas de tout repos ! 

Un champion dans l’adversité  

Les lames de patins 
portés par Louis 
Rubenstein lors 
du championnat 
mondial de patinage 
artistique en 1890 à 
Saint-Pétersbourg 
en Russie.
Photo d'archives de la Bibliothèque publique juive, Fonds Rubenstein Brothers Company, no doss. 00020
Les lames de patins portés par Louis Rubenstein lors du championnat mondial de patinage artistique en 1890 à Saint-Pétersbourg en Russie.

Après un voyage d’un mois par bateau et par train, Louis Rubenstein arrive dans la cité des tsars au début février 1890. Déjà, les ennuis commencent. À l’hôtel, son passeport lui est confisqué. Après l’avoir confiné à son hôtel et à la patinoire, la police locale lui ordonne de quitter le pays dans les 24 heures ! Louis Rubenstein présente la précieuse lettre de Lord Stanley à l’ambassadeur britannique à Saint-Pétersbourg, sir Robert Burnett David Morier, qui prend aussitôt la défense du jeune athlète. Celui-ci récupère son passeport et participe sans encombre à la compétition. Il remporte d’ailleurs deux des trois épreuves, ce qui fait de lui le grand champion de 1890, devant les patineurs d’Autriche, de Suède, de Norvège, de Finlande et de Russie. S’il prend sa retraite du patinage artistique en 1892, Louis Rubenstein reste impliqué au sein d’associations sportives et s’intéresse également à la vie publique montréalaise, comme juge de paix et conseiller municipal. 

S’impliquer pour le sport et le bien commun

De style Art déco, cette modeste fontaine inaugurée en 
1939 rappelle la mémoire de Louis Rubenstein (1861-
1931). Située dans le parc Jeanne-Mance (au coin sud-est 
des avenues du Parc et du Mont-Royal O.), elle serait le 
seul monument en mémoire d’un Juif à Montréal.
Photo courtoisie, Maude Bouchard-Dupont, novembre 2021
De style Art déco, cette modeste fontaine inaugurée en 1939 rappelle la mémoire de Louis Rubenstein (1861- 1931). Située dans le parc Jeanne-Mance (au coin sud-est des avenues du Parc et du Mont-Royal O.), elle serait le seul monument en mémoire d’un Juif à Montréal.

Patin, bicyclette, curling, hockey, billard et même... les quilles ! Presque tous les sports intéressent Louis Rubenstein. Mais être un athlète ne lui suffit pas, il veut également contribuer au développement des sports et de sa ville. En plus de présider de nombreuses associations sportives et communautaires, Louis Rubenstein est élu conseiller municipal du quartier Saint-Laurent (1914-1931). Parallèlement à la construction du Bain public Rubenstein (remplacé aujourd’hui par le Complexe Desjardins), il implante en 1921 un championnat de natation et de sauvetage réservé aux femmes. À la Commission athlétique de Montréal de 1922 à 1930, il contribue à la réglementation de la boxe et de la lutte. Quelques années après son décès en 1931, un monument est inauguré au parc Jeanne-Mance à la demande des citoyens. Intronisé en 1955 au Temple de la renommée des sports du Canada, ce Montréalais d’exception figure au International Jewish Sports Hall of Fame (1981) et au World Figure Skating Hall of Fame (1984). 

*Recherche et rédaction par l’historienne Maude Bouchard-Dupont

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