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Quand le temps des Fêtes rappelle l’absence

Sad lonely woman chatting on Christmas Eve
Photo Adobe Stock

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Les personnes qui vivent un deuil appréhendent souvent la venue des festivités entourant Noël et le Nouvel An. 

Il n’y a pas de recette miraculeuse pour remédier au poids de l’absence. Les premières fois s’avèrent souvent difficiles. Or, voici quelques éléments qui peuvent contribuer à adoucir cette période.

Exercer sa liberté de choisir : chacun est libre de participer ou non aux festivités. Il est aussi possible d’écourter sa présence. La personne endeuillée peut mentionner à ses proches que cette période est difficile pour elle afin qu’ils comprennent ses choix.  

Mettre en place un rituel personnalisé : la présence d’un rituel permet d’honorer le défunt et de créer de nouveaux souvenirs. Il donne un sens à un événement qui en était dépourvu en l’absence de l’être cher. Il suffit de trouver un geste qui permettra de répondre à son intention de se souvenir et d’honorer le défunt à un moment déterminé.

Des exemples de rituels  

  • Nommer à tour de rôle une qualité du défunt.  
  • Porter un toast à la santé du défunt en partageant des souvenirs heureux vécus avec lui.  
  • Allumer une bougie et regrouper quelques photos de la personne décédée.  
  • Cuisiner un plat favori du défunt et donner la recette à chaque invité.  
  • Mettre une boule de Noël à sa mémoire dans le sapin.   

Se permettre de faire les choses autrement. Il est possible de changer carrément les pratiques habituelles. Le lieu et le moment des festivités peuvent être changés. Le nombre d’invités peut être restreint. 

Se sentir libre

S’accorder des moments de répit et de plaisir : bien que plusieurs personnes endeuillées se sentent coupables de ressentir du plaisir, il est nécessaire de prévoir une activité agréable, seul ou avec des proches. Tout le monde a la permission de rire et de se distraire même si l’être cher n’est plus là. Avoir du plaisir ne signifie pas oublier la personne aimée.  

Prendre contact avec la nature : les personnes endeuillées ont souvent l’impression de trahir ou d’abandonner le défunt en reprenant contact avec la vie. Pourtant plusieurs études démontrent les bienfaits de la nature sur la santé physique et émotionnelle. 

Ainsi, une promenade dans un parc ou quelques soins à une plante d’intérieur sont des gestes faciles pour recourir aux forces de vie présentes en soi et autour de soi. 

Rester actif : bien que l’envie de se terrer pour quelques semaines puisse être présente, il importe de rester actif pour combattre l’état de fatigue souvent présent lors d’un deuil. Maintes façons permettent de rester actif : voir un ami, cuisiner, pratiquer une activité sportive, etc. 

Se respecter

S’autoriser des moments de solitude pour accueillir ses émotions : il est légitime de vivre une panoplie d’émotions lors d’un deuil : ennui, tristesse, colère, culpabilité, honte, etc. Ainsi, reconnaître ses émotions et se donner le droit de les exprimer s’avèrent bénéfique pour la progression du deuil. 

S’apaiser par les mots : il suffit d’une seule phrase pour redonner espoir ou apporter un peu de réconfort. Plusieurs pratiques en lien avec les mots peuvent être mises en place : préserver les citations et les brins de sagesse dans un cahier, faire un collage de mots bienveillants, lire un livre procurant un apaisement, etc. 

Respecter les différences de chacun : chaque personne réagit différemment lors d’un deuil. Ainsi, il arrive que les réactions qui diffèrent des siennes semblent inappropriées. 

Or, les réactions, aussi diversifiées soient-elles, méritent le respect. Chacun réagit à son propre rythme. Chaque lien est unique, chaque deuil est unique. 

S’entourer de gens bienveillants

La présence des autres est une aide indispensable dans la traversée du deuil. Certaines personnes doivent toutefois réajuster leur réseau de soutien. 

En effet, il s’avère quelques fois nécessaire de s’éloigner des gens qui ne comprennent pas l’expérience du deuil. Vaut mieux s’entourer de personnes accueillantes et sources de réconfort.

Josée Jacques, psychologue et auteure du livre Les saisons du deuil (Ed. Québec-Livres) ou Deuil: La boite à outils (Éd. de Mortagne)

Sophie Chartrand, travailleuse sociale

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