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Un entrepreneur prend tout un coup avec la pandémie

Depressed sad man thinking over financial problems and debts. Businessman broke, needing money, having unpaid loan.
Illustration Adobe Stock

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Jules exploitait une entreprise prospère jusqu’à ce qu’il doive suspendre ses activités à cause de la pandémie. Après des mois de fermeture forcée, ses revenus ont chuté drastiquement et les dettes se sont accumulées. 

Espérant pouvoir rouvrir son commerce rapidement et retrouver son rythme de croisière, Jules a eu recours à ses cartes de crédit. Mais le confinement a duré plus longtemps qu’il ne l’anticipait et il ne pouvait plus faire face à ses paiements. 

Sa conjointe, Suzanne, a bien essayé de compenser, mais son salaire mensuel de 2700 $ ne lui a pas permis de pallier le manque à gagner. Elle aussi a dû utiliser ses cartes de crédit, cumulant des soldes de 20 000 $. 

De son côté, Jules se retrouve avec des montants de 26 000 $ sur ses propres cartes, ainsi qu’un prêt de 40 000 $ pour son entreprise, des impôts encore dus de 35 000 $ et un camion Ford financé pour lequel il doit rembourser 39 000 $. 

Il sera bien en peine de venir à bout de cette charge financière écrasante avec ses revenus actuels de 2200 $. Qui plus est, le couple a commencé à reporter le paiement du prêt hypothécaire et craint de finir par perdre la maison familiale. Il est urgent de trouver une solution.

Charge financière écrasante

À bout de ressources et ne sachant comment faire face à la situation, Jules et Suzanne sont allés consulter une firme de syndic autorisé en insolvabilité. 

Nell Boisvert, conseillère en redressement financier chez Raymond Chabot, a commencé par faire le bilan de leurs actifs et de leurs passifs. En additionnant toutes les dettes du couple, on obtient un total de 330 000 $. À eux deux, Jules et Suzanne gagnent mensuellement 4900 $ et ont des dépenses s’élevant à 3915 $, incluant le prêt-auto du camion (700 $ par mois). Cela ne leur laisse qu’une petite marge de manœuvre qui ne leur permet pas de faire face au remboursement du prêt de l’entreprise, des impôts et des cartes de crédit.

« Quand une baisse de revenus survient à la suite d’un événement – perte d’emploi, maladie, congé de maternité, etc. –, il est indispensable de revoir immédiatement son budget et d’ajuster les dépenses en fonction des entrées d’argent disponibles », recommande Nell Boisvert. Pour diminuer les dépenses, il faut nécessairement réduire le rythme de vie en coupant dans les loisirs, les sorties, les abonnements, bref, tout ce qui n’est pas essentiel.

« Idéalement, on ne devrait pas compter sur le crédit pour maintenir son niveau de vie, car on ne sait jamais quand la situation reviendra à la normale », constate la conseillère. Elle ajoute qu’il sera parfois nécessaire de vendre des actifs pour permettre de payer les factures courantes ou afin de réduire les paiements mensuels.

Retrouver l’équilibre 

La priorité pour le couple étant de conserver sa maison et l’un de ses véhicules – celui de Suzanne qui était déjà payé – la faillite ne pouvait être une option possible. Nell Boisvert leur a donc recommandé de faire une proposition de consommateur. Celle-ci consiste à offrir aux créanciers un montant moindre que la somme qui leur est due, payable mensuellement sur une période maximale de cinq ans. Lorsqu’elle est acceptée, les intérêts cessent de courir sur la dette. 

De plus, le paiement est raisonnable et basé sur leur capacité de remboursement. Dans la proposition de consommateur, le couple a inclus toutes ses dettes (impôts, cartes de crédit, prêt de l’entreprise). Jules a rendu son camion au vendeur, et la perte encourue par celui-ci a été englobée dans la proposition.

Bien sûr, leur dossier de crédit sera affecté pendant toute la durée de la proposition et pour trois années supplémentaires par la suite, mais ils pourront renouer avec l’équilibre financier et repartir ensuite du bon pied. 

LEUR SITUATION FINANCIÈRE  

Actifs

  • Résidence unifamiliale : 200 000 $ (copropriétaires)
  • REER : 40 000 $ (Suzanne)
  • Camion Ford F150 financé (Jules)
  • Ford Escape 2011 : valeur de 3000 $ (Suzanne)
  • Équipement de travail : 5000 $ (Jules)

Dettes de consommation

  • Hypothèque : 150 000 $ (Jules et Suzanne)
  • Prêt à l’entreprise : 40 000 $ (Jules)
  • Impôts encore dus : 35 000 $ (Jules)
  • Cartes de crédit : 26 000 $ (Jules)
  • Prêt auto (Ford F150) : 39 000 $ (Jules)
  • Cartes de crédit : 20 000 $ (Suzanne)

Total des dettes de consommation : 330 000 $ de dettes

Revenus nets mensuels du couple

  • Revenus de travail autonome : 2200 $ (Jules)
  • Salaire : 2700 $ (Suzanne)

Total des revenus : 4 900 $

Dépenses mensuelles du couple

  • 3915 $ (incluant hypothèque, taxes, téléphone, électricité, paiement auto, assurances, épicerie, etc.)