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Il pleut encore des milliards de dollars pour la pandémie

Le variant Omicron et l’aide économique trouent à nouveau les poches d’Ottawa

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OTTAWA | Le fédéral met de côté 4,5 milliards $ supplémentaires pour faire face à Omicron et tire un trait sur le retour à l’équilibre budgétaire. 

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En plus des 10 milliards $ déjà prévus pour l’année en cours, Ottawa réserve quatre milliards de plus pour relancer les aides aux travailleurs et aux entreprises en cas de nouveaux confinements. Et 500 millions supplémentaires iront à de nouvelles mesures aux frontières.

La ministre des Finances Chrystia Freeland a présenté sa mise à jour économique à distance hier à la Chambre des communes, car deux membres de son équipe ont été déclarés positifs à la COVID-19. La ministre a été déclarée négative.
Photo REUTERS
La ministre des Finances Chrystia Freeland a présenté sa mise à jour économique à distance hier à la Chambre des communes, car deux membres de son équipe ont été déclarés positifs à la COVID-19. La ministre a été déclarée négative.

C’est ce qu’a indiqué hier la ministre des Finances Chrystia Freeland dans sa mise à jour économique de l’automne. Elle en a fait la présentation à distance puisqu’elle s’est placée en isolement après que deux de ses collaborateurs ont testé positif à la COVID-19.

Compte tenu de la progression rapide du variant, le gouvernement pourrait avoir à dépenser bien plus que cela, estime l’économiste Robert Asselin, ex-directeur des politiques et du budget du ministre des Finances, maintenant vice-président du Conseil canadien des affaires.

« Je pense que 4,5 milliards $ c’est vraiment optimiste », a-t-il déclaré.

Écoutez l'entrevue avec Luc Godbout, titulaire à la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke, sur QUB radio:

Gros déficit

Les 21 derniers mois de pandémie ont déjà coûté cher, amenant le déficit à 327,7 milliards $ pour l’année 2020-2021.

Loin de cesser, les dépenses pandémiques vont encore se poursuivre avec des milliards pour des médicaments contre la COVID-19, des tests rapides, la ventilation dans les immeubles publics et les bénéficiaires de subsides en tout genre. 

La ministre Freeland s’est réjouie que la reprise économique rapide ait permis de dépenser un peu moins qu’escompté.

Toutefois, on est très loin d’un retour à l’équilibre budgétaire. Ottawa prévoit plutôt que le déficit s’établira à 144,5 milliards en 2021-2022 puis à 13,1 milliards en 2026-2027. 

« Nous n’avons pas un objectif de revenir à l’équilibre budgétaire. Ce n’est pas notre façon de penser à la bonne gestion de nos activités », a déclaré un haut fonctionnaire du gouvernement.

La mise à jour économique indique que les charges de programmes coûteront environ 15 milliards $ par an entre 2022 et 2027. Ce à quoi il faudra ajouter les promesses de campagne des libéraux qui totalisaient 78 milliards $.

Il faut plus de revenus

Pour financer tout ça, la ministre Freeland a souligné l’importance de générer de la croissance, ce qui gonflera les revenus de l’État, mais elle n’a pas expliqué comment elle y arriverait. Pour cela, il faudra attendre le budget au printemps.

Les finances publiques bénéficient actuellement de la croissance exceptionnelle (5,4 %) du PIB au troisième trimestre et de l’inflation, en particulier dans le secteur pétrolier, qui permet à l’État de collecter plus d’argent en taxes.

Mais pour financer les généreux programmes sociaux et respecter les promesses électorales libérales, il faudra bien plus que ça, prévient M. Asselin. 

Survol des nouvelles dépenses   

  • 39,9 milliards $ sur 6 ans pour indemniser les enfants des Premières Nations et leur famille qui ont été retirés de leur foyer depuis le début des années 1990.  
  • 4,5 milliards $ pour assumer de nouveaux coûts potentiels afin de lutter contre le variant Omicron. Ce montant comprend 500 millions $ pour des mesures à la frontière et 4 G$ pour des aides aux travailleurs et entreprises en cas de confinements plus stricts.  
  • 2 milliards $ sur 2 ans pour l’achat de médicaments anti-covid-19.  
  • 1,7 milliard $ pour fournir 180 millions de tests rapides de plus aux provinces.  
  • 742 millions $ en aide ponctuelle pour les aînés qui touchent le Supplément de revenu garanti et pour certains bénéficiaires de la PCU et de la PCRE.  
  • 85 millions $ pour s’attaquer aux arrérages dans le système d’immigration. Ottawa compte accueillir 411 000 immigrants l’an prochain, le seuil le plus élevé de l’histoire.   
  • 70 millions $ pour aider à la ventilation des immeubles publics, dont les écoles, afin de contrer les éclosions. À cela s’ajoute un crédit d’impôt pour les petites entreprises afin d’améliorer la qualité de l’air.  
  • 67,9 millions $ pour alléger la dette des étudiants qui ont reçu la mauvaise prestation d’urgence.   
  • 60 millions $ en appui aux travailleurs de l’industrie du spectacle et prolongation du crédit d’impôt de 500 $ pour les dépenses de travail à domicile.  
  • 50 millions $ pour aider à désengorger les ports afin de rendre plus fluide l’approvisionnement de biens.     

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