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Loi 21: le NPD désormais en faveur d’une intervention fédérale

Loi 21: le NPD désormais en faveur d’une intervention fédérale
Photo d'archives Martin Chevalier

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Changement de cap au NPD concernant la loi 21, le chef Jagmeet Singh a indiqué mardi qu’il appuierait désormais une contestation par le gouvernement fédéral advenant que le dossier se rende à la Cour suprême.

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«Je pense que maintenant c’est le temps de se prononcer clairement après ce qu’on a vu à Chelsea», a expliqué M. Singh aux journalistes.

Citant l’histoire de cette enseignante de troisième année qui a été mutée à un autre poste au sein de son école primaire de l’Outaouais, le chef néodémocrate a souligné «un exemple puissant démontrant combien la loi est discriminatoire».

«Comment on peut expliquer ça à nos enfants? Comment on peut expliquer que dans une famille musulmane, le frère pourrait enseigner [mais pas la sœur] à cause des vêtements qu’elle porte?», a-t-il demandé.

M. Singh a donc décidé qu’une participation du gouvernement fédéral était de mise.

Ce faisant, le NPD est le premier parti à exprimer avec clarté son intention d’intervenir, tandis que les libéraux de Justin Trudeau, sous une pression croissante, gardent la porte ouverte sans toutefois se commettre.

Un changement de cap

Il s’agit d’une nouvelle position pour le NPD à ce sujet. Avant aujourd’hui, Jagmeet Singh s’était exprimé à maintes reprises contre la Loi sur la laïcité de l’État, mais n’était jamais allé jusqu’à soutenir une intervention du fédéral.

En 2019, année où a été adoptée la Loi sur la laïcité, le NPD prônait la non-intervention en la matière, dans l’esprit de la Déclaration de Sherbrooke, un document adopté à l’époque de Jack Layton qui promettait au Québec un statut particulier et une plus grande autonomie, notamment sur les questions culturelles.

M. Singh, qui en était à sa première élection fédérale à titre de chef de parti, «reconnaissait» alors la compétence du gouvernement du Québec en la matière.

Au congrès du NPD ce printemps, le parti avait mis de côté certaines résolutions plus controversées, notamment celle condamnant la loi 21 et appelant à sa contestation, préférant miser sur le soutien en temps de pandémie.

Aux dernières élections cet automne, le parti maintenait le flou sur ses intentions, même si M. Singh rappelait comme toujours son désaccord avec la loi québécoise.

Cette prise de position fait suite à une tempête qui continue de prendre de l’ampleur au Canada anglais, où de nombreux commentateurs ont critiqué l’attitude qu’ils jugent trop laxiste des chefs fédéraux par rapport à Québec.