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Réunis pour un autre Noël

Kent Nagano et Fred Pellerin se retrouvent sur scène

Fred Pellerin et l'OSM pour le 4e conte de Noël
Photo Félix Desjardins Kent Nagano et Fred Pellerin ont renoué des liens pour ce 5e conte symphonique.

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Le partenariat entre Fred Pellerin et Kent Nagano est-il devenu une tradition du temps des Fêtes au Québec ? Le tandem présentait pour la première fois mercredi soir son cinquième conte symphonique en dix ans, La poste du paradis.

Si la neige immaculée qui tapissait les rues de Montréal mercredi soir n’avait pas déjà imprégné les spectateurs de la Maison symphonique de la magie de Noël, ce conte aura fait le boulot. 

Prenant place une fois de plus dans le village le plus célèbre de la Mauricie, Saint-Élie-de-Caxton, le récit de Fred Pellerin met en scène Alice Lavergne, propriétaire du « premier bureau de poste de l’histoire ». 

Les musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) étaient ainsi une fois de plus les hôtes de l’imaginaire de Pellerin dans leur somptueuse salle de concert, où l’acoustique est inégalable dans la métropole. 

Chaudement applaudi

Accueilli chaudement par le public, le chef d’orchestre nouvellement « retraité » Kent Nagano a amorcé les festivités en dirigeant l’envoûtante Fêtes de Claude Debussy. Un changement de ton immédiat s’opère dès l’arrivée du conteur, dont la prosodie et les boutades provoquent des ricanements partout dans la salle.

Il est d’ailleurs fort rafraîchissant de voir les musiciens d’orchestre, dont l’étiquette exige l’impassibilité, être incapables de s’empêcher de sourire et de s’esclaffer.

Chose certaine, les années n’ont pas rattrapé Fred Pellerin. Sa vivacité d’esprit, qui fait de lui l’un des artistes qui fait le plus l’unanimité au Québec, ne dérougit pas, deux décennies après ses débuts. 

Après 10 ans de collaboration, Nagano et lui entretiennent une relation artistique et humaine d’un grand naturel. Les passages musicaux entrecoupent le conte sans entacher son rythme, permettant au public de prendre un moment d’introspection avant d’être relancé par Pellerin. La mise en scène de René Richard Cyr y est d’ailleurs pour beaucoup : par son éclairage bleuté et la proximité entre les artistes et le public, la Maison symphonique dégage une ambiance tout à fait chaleureuse. 

Plusieurs codes de la musique d’orchestre sont déconstruits au cours du spectacle, alors que Pellerin se permet d’interrompre une œuvre pour demander au maestro un changement musical. Les spectateurs, déjà conquis, semblaient se régaler des interactions entre les deux protagonistes de la soirée.

Le choc des époques

Différentes époques s’entrechoquent dans La poste du paradis, alors que le récit, qui se déroule il y a belle lurette, est truffé de références modernes et étalé sur des œuvres musicales datant de différents siècles.

Pellerin conclut d’ailleurs la soirée en rappelant ses talents de chant et d’interprétation. Que ce soit par la parole ou le chant, il ne fait aucun doute que sa voix unique fait un heureux mariage avec les murs de la Maison symphonique.