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L’équipe canadienne de patinage de vitesse à Québec pour former la chimie avant Pékin

Les patineurs quittent leurs quartiers montréalais pour une retraite fermée

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Les patineurs de l’équipe nationale de courte piste ont découvert avec plaisir le Centre de glaces qui a fait l’unanimité.

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Tous les membres de l’équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste sont à Québec au cours des prochains jours afin de cimenter l’esprit de groupe en prévision des Jeux olympiques de Pékin qui débuteront dans moins de 50 jours et pour tenir quelques entraînements au Centre de glaces.

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Habitués de s’entraîner à l’aréna Maurice-Richard et confinés dans des bulles strictes lors des compétitions à l’international, les patineurs prennent un malin plaisir à se retrouver tous ensemble dans un contexte différent.

« Ça crée une cohésion au sein du groupe et ça fait du bien de se retrouver tous ensemble pour bâtir la chimie d’équipe, a raconté la leader de l’équipe féminine Kim Boutin. La chimie se crée avec les événements. Ces journées dans un chalet à Québec vont nous rapprocher. »

Charles Hamelin abonde dans le même sens. « C’est le fun de retrouver la gang, a résumé le vétéran du groupe à 37 ans. Ça change le mal de place et ça nous sort de la routine de Montréal. Lors des voyages en Coupe du monde, il n’y avait pas d’ambiance parce que nous étions isolés chacun dans notre chambre. »

« L’entente au sein d’une équipe est l’un des aspects les plus importants, de renchérir le vainqueur du titre au classement général sur 1000 m en Coupe du monde Pascal Dion. On fait l’épicerie et la bouffe ensemble et ça permet de mieux se comprendre. Ça donne de l’énergie sur la glace et ça permet de mieux se connaître à l’extérieur du patin. »

Pour la plupart, il s’agissait d’une première visite au Centre de glaces qui a ouvert officiellement ses portes en août dernier. 

« C’est vraiment une belle place, s’est exclamé Hamelin. On sent la pureté et la grandeur. Contrairement à Salt Lake City, on ne sent pas étouffé en raison du blanc et des fenêtres. On a l’impression de patiner à l’extérieur. » 

Boutin a vraiment apprécié sa première visite. « C’est magnifique, a lancé la patineuse de Sherbrooke qui célébrait son 27e anniversaire. J’ai fait quelques longueurs en longue piste. Wow ! J’ai toujours aimé le patinage longue piste. Je vais terminer le présent cycle olympique. Au cours de la prochaine année, je vais me donner le temps de réfléchir si je tente ma chance en longue piste. J’aimerais combiner les deux. »

Devoir s’ajuster

Parce qu’ils s’entraînent à l’année à l’aréna Maurice-Richard, les patineurs ont dû apprivoiser une glace différente. 

« Sur une nouvelle glace, les sensations sont différentes et on doit s’ajuster, a précisé Boutin. Il y avait beaucoup de texture. »

Dion partage le point de vue de sa coéquipière. « Il y a beaucoup d’ajustements à faire sur l’équipement et sur notre façon de patiner, a-t-il expliqué. C’est différent d’un endroit à l’autre. Au Japon en Coupe du monde, on avait l’impression de patiner dans une piscine. Je suis vraiment impressionné par le Centre de glaces. C’est lumineux et clair. Ça ressemble à Vancouver. »

Charles Hamelin veut revenir avec le sourire  

Charles Hamelin ne se fixe aucun objectif pour son dernier tour de piste olympique.

« Je ne me mets aucune pression sur le nombre de médailles que je veux ramener, a déclaré le quintuple olympien. Je ne vais pas en Chine en touriste et je veux gagner mes épreuves, mais l’objectif est d’offrir ma meilleure performance quand je saute sur la glace. Que je remporte une, deux, trois, quatre ou zéro médaille, je veux revenir à la maison avec le sourire. Une petite fille m’attendra à mon retour. »

Victime de menaces en 2018 à Pyeongchang après une médaille remportée à la suite de la disqualification d’une Sud-Coréenne, Kim Boutin veut vivre une expérience différente. « L’expérience humaine est mon objectif pour Pékin, a-t-elle affirmé. J’ai vécu beaucoup de pression extérieure en Corée et je n’ai pas vécu les Jeux que j’aurais voulus. C’est certain que je vise de gagner des médailles, mais je veux vivre les Jeux les yeux ouverts. Je ne patinais pas il y a six mois et je ne pouvais pas espérer un meilleur début de saison. »

Pascal Dion aborde lui aussi les Jeux sans pression. 

« Avant cette année, je n’avais jamais performé dans une épreuve individuelle, a-t-il souligné. J’ai des objectifs en tête, mais je veux conserver la même attitude qu’en Coupe du monde. »

Boycottage diplomatique

Avec le boycottage diplomatique du Canada et la montée en puissance du nouveau variant Omicron, les patineurs sont-ils inquiets à quelques semaines de s’envoler en Chine ?

« Le boycott est seulement diplomatique et ne touche pas les athlètes, a souligné la triple médaillée olympique Kim Boutin. Nous sommes dans le néant et je tente le moins possible de me faire influencer en laissant de côté les détails. Au niveau politique, il y a des choses tristes qui se passent en Chine qui ne représentent pas nos valeurs. »

Malgré les nombreuses incertitudes, Charles Hamelin ne craint pas l’inconnu. 

« L’une des plus grandes forces des athlètes est la capacité de s’adapter, a-t-il souligné. Nous n’avons pas peur du changement. Si les Jeux se déroulent comme prévu, j’ai confiance au processus. Nous avons voyagé, respecté les quarantaines et il n’y a pas eu de virus même quand ça allait moins bien en Europe. Nous avons développé une routine. Je suis super confiant peu importe ce qui se passe. »

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