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Des États-Unis de plus en plus désunis

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Un peu d’histoire à propos des États-Unis, ce grand paradis de la démocratie. Il est bon de se rappeler qu’une grande partie du territoire actuel des États-Unis appartenait à la France. Du Canada, au nord, jusqu’en Nouvelle-Orléans, au sud, on parlait français, en plus des langues autochtones. Les États-Unis n’en ont fait qu’une bouchée et le «melting pot» a fait disparaître le français.

Non satisfaits, ils se sont emparés de près de la moitié du territoire mexicain : la Californie, le Nevada, l’Utah, le Nouveau-Mexique, le Texas, le Colorado, l’Arizona, et une partie du Wyoming, du Kansas et de l’Oklahoma. Après la signature du traité de paix entre les deux pays, en 1848, les États-Unis se sont empressés de supprimer deux clauses dudit traité qui garantissaient certains droits aux Mexicains. Plus croches que ça... 

De plus, alors que la Californie appartenait encore au Mexique, les États-Unis ont mis la main sur une mine d’or qui s’y trouvait et l’ont pillée sans vergogne, invitant d’autres pays à en faire autant. Plus bandits que ça... 

Partout où la soldatesque étatsunienne passait, dans les territoires arrachés au Mexique, elle semait l’horreur, violant les femmes et pillant tout ce qui était à leur portée. Des scènes qui allaient se répéter tout au long du XXe siècle, aux quatre coins de la planète. 

En 1867, les États-Unis achètent l’Alaska à la Russie pour une bouchée de pain. Puis trente et un ans plus tard, les États-Unis assiègent et bombardent San Juan, la capitale de Porto Rico, alors colonie espagnole. Après le retrait de l’Espagne, les États-Unis annexent Porto Rico, Cuba, les Philippines. Puis Guam, Samoa et plus tard les îles Mariannes. On dirait une partie de Monopoly. Partout, ils installent des bases militaires — ils en ont près de mille sur les cinq continents — pour bien marquer leur territoire et pour signifier aux populations locales qu’ils sont les maîtres et que tous doivent travailler pour le bien-être de l’empire.  

Cette expansion territoriale a cependant sa contrepartie, qui se traduit par une incessante immigration légale et illégale. Si cela permet aux entreprises étatsuniennes de compter sur une main-d’œuvre à très bon marché, non syndicalisée, sans devoir payer la sécurité sociale aux immigrants sans papiers, cette situation risque de devenir explosive, surtout en période de pandémie, alors que ce pays compte le plus grand nombre de morts dus à la covid-19. Une partie importante de la population étatsunienne ne possède aucun régime d’assurance-maladie, sans parler des millions d’immigrants illégaux. On se dit que ce pays court à sa perte.

Les États-Unis souffrent d’un déficit énorme de motivation sociale. Aucun noble sentiment n’unit la population, aucun grand projet ne l’habite, aucun souffle humanitaire ne la traverse, alors que plus de cinquante pourcent de la partie discrétionnaire du budget fédéral est destiné aux dépenses militaires. Trente pourcent des électeurs se sont abstenus de voter et quarante pourcent de ceux qui l’ont fait croient que les élections ont été frauduleuses. Ce n’est pas pour rien si trente-deux pourcent des Californiens sont d’accord avec Calexit (la sortie de la Californie de l’union fédérale). Cela en ferait la cinquième économie au monde. 

Ce pays qui a voulu et veut encore donner des leçons de démocratie au monde souffre d’une grave maladie. Alors que Donald Trump et sa horde de faucons s’activent en coulisse, prêts à tout, même au coup d’État pour remplacer le fantomatique Joe Biden, le pire est à craindre.

Une lueur d’espoir à l’horizon. Surveillez le résultat des élections au Chili, ce dimanche, où le candidat d’extrême-droite s’affronte au jeune candidat de gauche. Les sondages donnent ce dernier en avance sur son rival, grand admirateur du dictateur Pinchet.

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