/opinion/columnists
Navigation

Loi 21: affrontement Canada-Québec

Three muslim women or girls wearing hardscarf / hijab
Photo Adobe Stock L’identité québécoise en péril

Coup d'oeil sur cet article

Le Canada « s’en va-t-en guerre » en 2022. Oublions les variants de la COVID-19, qui risquent de nous menacer pour longtemps encore.

Cette guerre annoncée sera féroce. Frontale. Avec des soldats de toutes les provinces, qui historiquement ont tenté et en partie réussi à contrer les aspirations de ce qu’on appelle encore – mais pour combien de temps ? – la nation québécoise.

La loi 21 sur la laïcité fait perdre la tête à de nombreux défenseurs de la démocratie canadienne. Bob Rae, l’incarnation de l’élite torontoise libérale, ex-premier ministre ontarien sous la bannière du NPD et aujourd’hui Son Excellence l’ambassadeur du Canada aux Nations-Unies a lui-même dénoncé publiquement la loi 21. Faisant fi de sa réserve de diplomate, il a annoncé cette semaine que la loi caquiste va à l’encontre de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Se joint à lui le ministre Marc Miller, ardent défenseur des Autochtones, qui estime que cette loi est lâche et inique.

Moralisateurs

Tous les démocrates autoproclamés et affichés se mobilisent. Pourtant, en appuyant le geste de l’enseignante portant le hijab dans une école publique anglophone de l’Outaouais, ces moralisateurs sans complexe appellent à défier une loi dûment votée par l’Assemblée nationale du Québec.

N’oublions pas que les sondages actuels confirment encore l’appui exceptionnel des électeurs francophones au gouvernement de la CAQ.

Les Canadiens dans le passé ont réussi à contrer la souveraineté-association. En particulier en 1995, où cela a failli basculer en faveur du Oui.

La popularité inégalée du gouvernement de François Legault, non souverainiste, faut-il le répéter, n’empêche pas le Canada anglais, plus diversifié que jamais, de combattre sans masque – c’est le cas de le dire – le Québec, qui à travers sa laïcité confirme qu’il est profondément différent du Canada. Au demeurant, le Québec se vit comme un pays plus métaphorique qu’officiel. Mais tant que sa culture française et sa langue s’imposeront, sa vision sera irréconciliable avec celle du monde anglo-saxon. Il demeurera l’empêcheur de tourner en rond d’un océan à l’autre.

Peur

La peur déjà exprimée par les oppositions politiques à cause de la popularité soutenue du gouvernement caquiste demeure comme un feu d’allumage pour les opposants, qui s’organisent à travers le Canada. Fini les deux peuples fondateurs. Fini aussi le rêve des deux langues officielles. Aux yeux des anti-nationalistes, François Legault, malgré ceux qui dans son entourage sont demeurés fédéralistes, demeure un « séparatiste ». Et à ce titre, c’est l’homme à abattre.

Le Canada du second mandat même minoritaire de Justin Trudeau réunit des populations qui n’ont à l’évidence aucun atome crochu avec la majorité francophone du Québec. Ces Canadiens sont nombreux à ignorer les champs d’action exclusifs réservés aux provinces qu’ils considèrent comme des gouvernements municipaux d’une certaine manière.

Il est fini le temps du Québec société distincte. À part la CAQ et le PQ, ce dernier de plus en plus isolé mais vaillant, qui va veiller aux intérêts supérieurs de la nation ? On se souvient de l’action des anciens premiers ministres à commencer avec Jean Lesage. Jean Charest, lui, a bien défendu nos intérêts sur la scène internationale, quoi qu’en pensent ses détracteurs. Le Québec est seul. Il devra se battre avec une énergie et une volonté sans compromission et sans peur.

Il faut constater que nos ennemis sont plus sournois et plus hypocrites qu’on n’est porté à le croire.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.