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Vivre aussi vieux que Moïse !

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Photo AFP Bob Arum a été au centre d’une fête en fin de semaine dernière à New York. James Dolan, du bureau de direction du Madison Square Garden, a tenu à rendre hommage à ce grand promoteur de la boxe.

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L’entrevue était terminée. On jasait. Je connais Bob Arum depuis le combat entre Roberto Duran et Sugar Ray Leonard au Stade olympique le 20 juin 1980.

La dernière fois, c’était à Frisco au Texas pour Eleider Alvarez et Sergey Kovalev. Il ne pouvait pas m’oublier, c’est Lady Ju qui l’avait emmené au micro de L.P. Guy. Et on n’oublie pas Lady Ju.

On jasait job, voyages et vie. Je lui faisais remarquer que c’était génial de travailler avec lui puisque je me sentais tout jeune devant ses 90 ans. Il a ri : « Prépare-toi à travailler longtemps, j’ai la ferme intention de vivre aussi longtemps que Moïse. 120 ans. »

Pour vous donner une idée, le 8 décembre, Bob Arum a eu 90 ans. Il s’est rendu à New York pour un souper avec ses enfants le mercredi. Le lendemain, les membres de la Boxing Writers Association lui ont organisé une petite fête pour célébrer son anniversaire. Le vendredi, ses associés et partenaires l’ont fêté à Manhattan, le samedi, Tyson Fury a chanté au Madison Square Garden pour lui au combat de Lomachenko. Le dimanche, il est retourné à Los Angeles, le lundi, ses amis de la Californie lui ont organisé un méchant party. Tellement que mardi, il a annulé son vol vers Montréal. Et puis, les nouvelles en provenance du Canada ne l’encourageaient pas tellement au tourisme.

Et mercredi, après notre entrevue, il s’en allait à Vegas pour des meetings d’affaires : « Je vais pouvoir enfin me reposer. Les affaires, c’est moins fatigant que les fêtes d’anniversaire », s’est-il esclaffé avant qu’on ferme le Zoom.

Pas certain que Moïse avait 90 ans quand il a reçu les Dix Commandements. Dont deux sont consacrés au sexe...

LONGUE PANDÉMIE POUR LA BOXE

Les deux dernières années ont été difficiles pour Top Rank. C’est que Bob Arum a été confronté à la COVID-19 avant tout le monde : « On avait un gala de prévu en Chine en janvier quand on a entendu parler de ce virus qui avait éclos à Wuhan. Mais comme cette ville était éloignée de notre site pour le gala, on s’est dit qu’il n’y aurait pas de problème. Quand les nouvelles ont commencé à nous arriver de Chine, j’ai décidé de tout arrêter. Jose Ramirez était déjà rendu à l’aéroport en direction de l’Asie quand on l’a rejoint pour lui dire de ne pas partir. Puis, on avait un gros show prévu pour le 17 mars, le jour de la Saint-Patrick. On a tout annulé. Et c’est là que notre vie a chaviré. »

« ESPN n’avait plus rien à offrir à ses téléspectateurs. Ils m’ont demandé d’organiser des combats de boxe pour meubler leur temps d’antenne. J’ai accepté. Mais il a fallu tout inventer. Le concept de la bulle dans les hôtels, dans les arénas, c’est nous, c’est Top Rank. Chaque gala nous coûtait 500 000 $ en frais supplémentaires. ESPN ne couvrait pas toutes ces dépenses. Nous avons perdu de l’argent avec chacun des événements que nous avons présentés pendant la pandémie. Et pourtant, nous n’avons congédié personne. Fallait que nos jeunes boxeurs connaissent de la compétition et que nos gens gagnent leur vie. Mais ça nous a coûté très cher », de raconter Arum.

LES PETITS CRÈVENT

La situation de la boxe internationale a beaucoup changé en 20 mois de pandémie. M. Arum le reconnaît. Les plus gros promoteurs comme lui avec Top Rank, appuyé par ESPN également actionnaire, ont tenu le coup.

Il reste Golden Boy avec DAZN, mais les problèmes de substances d’Oscar de la Hoya ont pesé lourd dans les activités de la compagnie. Surtout que Golden Boy a perdu les droits de promotion de Canelo Alvarez devenu une puissance économique à lui seul.

PBC de Al Haymon a survécu à des pertes astronomiques de plusieurs centaines de millions de dollars et avec Showtime et Fox TV continue d’être un sérieux compétiteur.

Matchroom avec l’Anglais Eddy Hearn fait du très bon travail, fort d’une entente d’un milliard six cents millions avec DAZN. Frank Warren tire toujours son épingle du jeu avec BT Sports.

Reste le Japon où Akihiko Honda a réussi à transformer la boxe, un sport de combat parmi d’autres, en un spectacle très grand public.

On l’a découvert quand Steven Butler est allé affronter Ryota Murata devant 15 000 personnes et des millions de téléspectateurs.

Et chez nous, Yvon Michel et Camille Estephan (et Yan Pellerin !) se battent pour frayer avec ces puissances qui contrôlent l’accès aux réseaux de télévision américains et européens. 

Des fois, ça demande beaucoup de courage. 

Russ Anber et la COVID  

Notre héros national Russ Anber, le meilleur cutman de la planète, ne sera pas dans le coin d’Artur Beterbiev ce soir. 

Russ a attrapé la COVID à New York samedi dernier en travaillant dans le coin de Vasyl Lomachenko : « Ça me fait beaucoup de peine. J’étais doublement vacciné pourtant. C’est la première fois depuis 1979 que je ne serai pas en devoir auprès d’un de mes boxeurs. Ça prenait la COVID, » d’expliquer le beau Russ hier après-midi.

Il va très bien. Il s’est senti fatigué une journée ou deux, a toussé une petite journée et depuis il remonte la pente : « Le plus dur, c’est d’être isolé dans le sous-sol de la maison pour ne pas transmettre le virus à ma femme », de dire Anber.

COVID POUR JEAN-CHARLES

Autre bonne nouvelle à propos de la COVID. Jean-Charles Lajoie va bien. Quand je lui ai parlé hier, sa voix était excellente. Deux jours de douleurs musculaires, une journée de toux, beaucoup de fatigue dans son cas et perte de l’odorat et du goût résument bien sa semaine.

Mais il récupère bien et ça va prendre bien plus pour achever Big JiC.