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Calgary: la mairesse contre la loi 21 au Québec

Calgary: la mairesse contre la loi 21 au Québec
Photo tirée de Twitter

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La 37e mairesse de Calgary, et première femme à la tête de la mairie de cette ville d’Alberta entend déposer une motion, lundi prochain, à son conseil de Ville pour accorder un financement à l’effort de contestation. 

Née à Londres, en Angleterre, de parents d’origines indiennes, Jyoti Gondek a immigré au Canada avec sa famille à l’âge de quatre ans. Elle est doctorante en sociologie urbaine et possède une maîtrise en sociologie organisationnelle.

Cette semaine, après avoir discuté avec le maire de Brampton de la contestation de la loi 21, la mairesse de Calgary s’est tournée sur Twitter pour exprimer sa pensée. «Nous sommes unis pour protéger les communautés racialisées contre la discrimination», a-t-elle soutenu.

Toujours sur Twitter, elle a partagé jeudi la tribune de huit sénateurs d'origine musulmane, juive, hindoue et sikh, qui disent reconnaître les pouvoirs juridictionnels du Québec, mais se disent néanmoins solidaires de «sœurs + frères».

Jyoti Gondek, conseillère municipale depuis 2017, a convaincu ses concitoyens en remportant plus de 45 % des suffrages, lors des élections municipales d’octobre dernier.

Elle a vécu et travaillé dans différents quartiers de Calgary pendant plus de 20 ans en plus de s’impliquer dans la communauté notamment comme bénévole dans différents organismes communautaires et comités municipaux.

Avant de se lancer en politique municipale, Jyoti Gondek était directrice du Centre Westman d’études immobilières à l’Université de Calgary pendant trois ans.

C’est à cette période qu’elle réalise son intérêt pour les affaires municipales et décide de sauter le pas: «[J'ai décidé de viser la mairie] pour inspirer le changement dans la ville de Calgary. La ville a de grands défis à relever, mais aussi de formidables opportunités», a mentionné Jyoti Gondek en entrevue au «Calgary Herald», le 8 octobre 2021.

Patrick Brown, l’ambitieux maire en croisade contre la loi 21

Raphaël Pirro

Patrick Brown, l’ambitieux maire de Brampton, a été le premier à adopter une motion pour «dénoncer» la loi 21, en 2019. Deux ans plus tard, il revient à la charge en finançant à hauteur de 100 000 $ la contestation judiciaire contre Québec, incitant ses collègues de partout au pays à suivre l’exemple.

Si elles peuvent sembler inusitées, les interventions de Patrick Brown ne sont pas étrangères à ses ambitions politiques.

«Ce n’est pas une coïncidence, ce n’est pas anodin que ça vienne de lui», estime la politologue Stéphanie Chouinard. «C’est certainement une façon de plaire à son électorat local», dont plus de la moitié est née à l’extérieur du pays, «mais aussi une façon de se projeter sur la scène nationale.»

Né pour la politique

Né à Toronto en 1976, M. Brown s’implique en politique chez les progressistes-conservateurs alors qu’il termine l’école secondaire. À 22 ans, il est élu conseiller municipal de Barrie, à 65 km au nord de sa ville natale.

En 2006, avant ses 30 ans, l’avocat de formation est élu avec le Parti conservateur fédéral de Stephen Harper. Il y restera jusqu’à la reprise du pouvoir par les libéraux, en 2015, année où il se lance – avec succès – dans la course à la chefferie des progressistes-conservateurs de l’Ontario.

À l’aube des élections provinciales de 2018, deux allégations d’inconduite sexuelle sonnent le glas : après trois années où il procède à un recentrage du parti, M. Brown démissionne. Il est remplacé par Doug Ford, qui remporte l’élection quelques mois plus tard.

Comme les allégations restent sans suite, et comme Patrick Brown les a toujours rejetées en bloc, il se lance cette fois – et l’emporte encore – à la mairie de Brampton, huit mois à peine après sa chute de l’édifice provincial.

Ville multiethnique

L’opposition affichée du maire Brown à la loi 21 a été chaudement accueillie par des maires d’ailleurs au pays, mais reçue très négativement au Québec, notamment par Montréal et Longueuil.

M. Brown a néanmoins reçu l’appui d’un des plus influents quotidiens au pays, le «Toronto Star», qui, content de «finalement» voir du «leadership» dans le dossier, a argué mercredi que les villes devraient «relever le défi du maire de Brampton».

Le pari de M. Brown pourrait toutefois, comme l’estime l’ancien sénateur André Pratte, créer un important contrecoup au Québec, chose que François Legault ne verrait pas nécessairement «d’un mauvais œil».

«C’est un scénario ou on place le Canada anglais en porte-à-faux avec la volonté des Québécois, un scénario quasi parfait pour la rhétorique nationaliste. Au lieu de susciter une remise en question de la loi 21, ça pourrait même durcir le ton et galvaniser la population québécoise», croit Mme Chouinard.

Étant lui-même un politicien futé et un «francophile», dit-elle, Patrick Brown «sait dans quoi il s’embarque». Son geste pourrait être payant autant pour M. Legault que pour lui-même.

M. Brown n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue.