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Quand Omicron rime avec inflation

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Photo AFP Un nouvel allongement des délais de chargement et de déchargement dans les grands ports de la planète, comme celui de Los Angeles (ici), aurait des répercussions sur l’inflation.

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En 2021, l’inflation a mis le feu au portefeuille des consommateurs. L’émergence d’Omicron pourrait bien accélérer la hausse du coût de la vie. 

Il s’agit probablement de la principale menace économique du nouveau variant. 

Voici quatre enjeux à surveiller attentivement. 

1. Approvisionnement

Avant l’arrivée du variant Omicron, les chaînes d’approvisionnement mondiales ne tenaient déjà qu’à un fil. Aujourd’hui, ce fil est plus fin que jamais, et les conséquences sont potentiellement catastrophiques. 

Une grande partie des marchandises transitent par les vols qui transportent des passagers. Un exemple banal : les fines herbes ou certains légumes que vous achetez à l’épicerie sont transportés dans la soute à bagages des avions qui décollent du Mexique ou de la République dominicaine.

Une réduction du trafic aérien provoquera des casse-têtes logistiques partout dans le monde et pourrait engendrer des coûts de transport supplémentaires. 

2. Main-d’œuvre 

Omicron a aussi le potentiel d’aggraver la pénurie de main-d’œuvre. Combien de travailleurs, qu’ils soient malades ou craintifs, vont quitter le marché de l’emploi ? Si leur départ est temporaire, c’est une chose, mais s’il est permanent, difficile d’en prévoir les contrecoups.

Dans les ports maritimes à travers la planète, la situation est déjà tendue. La demande est si forte que le nombre de débardeurs est insuffisant pour charger et décharger la marchandise rapidement. 

S’il fallait que les retards s’amplifient, le phénomène des pénuries s’aggraverait. C’est l’un des principaux facteurs qui conduisent à la flambée des prix. Je pense notamment aux usines, comme celle de BRP à Valcourt, qui produit des véhicules récréatifs. On peine depuis plusieurs mois à assembler les motoneiges et les VTT en raison du manque de puces électroniques et de pièces. 

On surveillera particulièrement la situation au port de Los Angeles, ou celui de Yantian, en Chine, car ce sont des plaques tournantes du transport de marchandises. Une seule journée de fermeture a le potentiel de ralentir l’activité commerciale de la planète entière ! 

3. Restrictions

La pandémie a fortement ralenti la production de biens de consommation en Asie. Depuis bientôt deux ans, la Malaisie, le Vietnam, la Chine et la Thaïlande ont imposé des mesures sanitaires strictes qui ont conduit à la fermeture de milliers d’usines. 

Pour vous donner une idée, l’été dernier, les éclosions dans les provinces chinoises du Guangdong et du Fujian ont forcé la fermeture des usines de Toyota et de Honda. L’Association vietnamienne du textile en rajoutait, annonçant que le tiers des usines de vêtements étaient arrêtés pour la même raison. Conséquence : des géants comme Nike et GAP ont souffert de ruptures de stock historiques. 

Tout indique qu’une nouvelle flambée des cas d’infection aura pour effet de ralentir la production manufacturière. Les fermetures d’usines pourraient accélérer les hausses de prix dans plusieurs catégories de produits. 

4. Matières premières

Le prix de plusieurs matières premières s’est dégonflé ces derniers mois, laissant présager un répit pour les consommateurs. Le bois, l’acier et le cuivre étaient revenus à des niveaux plus « normaux », après avoir atteint des prix stratosphériques. 

Omicron et les pénuries représentent un risque réel de voir les prix repartir à la hausse. Déjà, le prix du bois a augmenté cette semaine, revenant à son niveau de juillet 2021. Ce n’est pas de bon augure pour le budget des consommateurs, car les matières premières sont essentielles à la production des biens de consommation, et leur prix affecte directement notre portefeuille. 

Un nouveau chapitre de la pandémie est en train de s’écrire. Sans en connaître le dénouement, on sait déjà qu’Omicron rime avec inflation. 

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