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Un Québécois au cœur de la logistique du transport du grain

Le PDG de Ray-Mont a reproduit son modèle d’affaires dans plusieurs grands ports

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Photo Agence QMI, Joêl Lemay Portrait de Charles Raymond, président de l’entreprise Ray-Mont Logistiques, à Montréal, le lundi 13 décembre 2021. JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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Même secrètement, Charles Raymond n’a jamais rêvé de prendre les rênes de l’entreprise de logistique qu’a fondée son père en 1992. C’était, bien sûr, avant qu’il réalise ce que la logistique pouvait tirer des avancées technologiques, la passion de l’étudiant en génie à l’époque.

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Aujourd’hui, celui qui n’a que 41 ans dirige l’une des entreprises de logistique à plus forte croissance en Amérique. Ray-Mont Logistiques compte 400 employés, est présente dans cinq terminaux au Canada et aux États-Unis et poursuit sa croissance – l’air de rien – à travers l’Amérique du Nord. 

Pas mal pour l’entreprise qui, il y a 15 ans à peine, ne comptait que 30 employés dans Pointe-Saint-Charles, à Montréal. Ce terrain, attenant aux emprises du CN, a d’ailleurs été vendu récemment à Devimco.

Le secret du succès de Ray-Mont Logistiques : l’introduction rapide de l’intelligence artificielle dans ses opérations de transport et logistique de grains par conteneurs. En plus de suivre en temps réel – parfois même d’orchestrer – cette immense valse logistique d’un océan à l’autre, elle lui permet, entre autres, de passer outre l’étape de l’ensilage ; une révolution dans l’industrie.

Un modèle reproduit

« L’entreposage dans les silos à grains est encore considéré comme un passage obligé dans la majorité des ports de la planète, explique Charles Raymond. Entre la livraison par trains et leur transfert sur les navires pour l’étranger, les grains sont normalement entreposés dans des silos. Ce sont là autant de frais et de délais que nous n’avons pas à charger à nos clients. »

Résultat : l’entreprise de Montréal a été appelée, dès 2008, à reproduire son modèle d’affaires au Port de Vancouver, au Port de Toronto, puis au Port de Prince-Rupert depuis 2016. Il y a un an, l’entreprise s’est aussi implantée aux États-Unis : au Port de Seattle, dans l’État de Washington, puis au Port de Charleston, en Caroline au Sud, depuis juillet.

Pas surprenant, dans ces conditions, que l’entreprise à capital fermé connaisse, selon son patron, une croissance annuelle de 25 % depuis 15 ans. Son chiffre d’affaires – tenu jalousement secret – avoisinerait aujourd’hui les 400 M$ à 500 M$. Environ les deux tiers de ces ventes proviennent de l’exportation de grains au départ de la côte ouest.

Partout aux États-Unis

Vivant entre Montréal et Vancouver depuis des années, Charles Raymond reconnaît avoir des semaines de travail très chargées. La pandémie, la pénurie mondiale de conteneurs, les congestions dans les ports et les inondations en Colombie-
Britannique... ne représentent qu’une infime partie des enjeux qui l’occupent.

Et ce n’est pas fini ; il parle ouvertement de la construction d’une troisième plateforme logistique aux États-Unis : à Mobile, en Alabama. Et d’ici 18 mois, de trois autres terminaux : à Chicago, à Los Angeles et même à Houston, au Texas.

À l’évidence, le manque de capital ne semble pas constituer un frein aux ambitions de Ray-Mont. L’entreprise n’est pas inscrite en Bourse et semble ne percevoir aucun besoin de s’en approcher.

Outre la satisfaction d’avoir su faire grandir son entreprise grâce, entre autres, à l’intelligence artificielle, l’une des plus grandes fiertés de Charles Raymond est d’être devenu le partenaire exclusif du Programme alimentaire mondial de l’ONU lors de crises humanitaires.  

Ray-Mont Logistiques en bref   

  • Fondation : 1992  
  • Siège social : Montréal  
  • Secteur d’activité : Logisticien et transitaire  
  • Spécialité : Exportation de grains et céréales, du train vers les navires  
  • Volume : Plus de 100 000 conteneurs par année  
  • Cinq ports : Montréal, Vancouver, Prince-Rupert, Seattle et Charleston