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2021, tu nous auras fait tourner la tête!

Des migrants à la frontière des États-Unis portent des masques comme ils ont été exposés à la COVID-19.
Photo AFP Des migrants à la frontière des États-Unis portent des masques comme ils ont été exposés à la COVID-19.

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Tenez le coup, il ne reste plus que deux semaines à 2021 ! On y avait placé tellement d’espoir : se sortir de la pandémie la plus meurtrière en plus d’un siècle ; s’arracher, ici aux États-Unis, aux pires tensions raciales depuis les années 60 ; puis échapper au naufrage démocratique qu’annonçait la fin de la présidence de Donald Trump. 2021, pire que 2020 ? Probablement.

Rappelez-vous, 2020 avait été, au sud de la frontière, désastreuse : George Floyd, un homme noir, étouffé par un policier blanc impassible ; un président nettement battu à l’élection présidentielle qui s’accroche ; une pandémie qui fauche ses contaminés par centaines de milliers.

2021 pouvait difficilement faire pire, et pourtant, elle semble y être parvenue. Prenons la démocratie américaine, par exemple : assez délicat d’en célébrer les triomphes. Joe Biden, certes, est entré à la Maison-Blanche par la grande porte, mais l’assaut donné contre le Capitole par les partisans fanatisés de son prédécesseur a pulvérisé l’image du transfert pacifique du pouvoir soigneusement entretenue depuis plus de deux siècles.

IL Y A TOUJOURS PIRE QUE SOI

Les Américains peuvent toujours se consoler en regardant vers l’Inde, devenue, selon « Reporters sans frontières », un des pays les plus dangereux pour les journalistes. Ou encore vers le Myanmar, le Tchad, le Mali, la Guinée et le Soudan, des pays où les gouvernements élus ont été chassés dans des coups d’État. Sans parler de la Chine, de la Russie ou de Cuba, où les défenseurs de la démocratie sont, le plus souvent, traités à coups de botte au cul.

Cela dit, assis à Washington, certainement pas de quoi se réjouir du retour des talibans au pouvoir en Afghanistan. Vingt ans à les combattre, à former l’armée afghane pour tout voir s’écrouler en une dizaine de jours au mois d’août ! Deux mille trois cents milliards de dollars dilapidés, plus de 2400 soldats américains tués, 170 000 Afghans victimes du conflit... un gâchis complet.

DES MILLIONS SUR LES ROUTES DE L’EXIL

Alors qu’on soulignait hier la Journée internationale des migrants, c’est en fait tout 2021 qui aura été une autre année... de misère pour eux. Ils sont montés vers les États-Unis comme jamais depuis 1960, venus d’Amérique centrale, mais aussi d’Haïti et d’un peu partout en Afrique.

Ils ont provoqué de graves tensions diplomatiques entre la France et le Royaume-Uni, puis le Bélarus et la Pologne, et ce n’est pas fini : selon le Haut-Commissariat aux réfugiés, 84 millions de déplacés à travers le monde se cherchent un port d’attache.

On pourrait parler, en revenant sur 2021, de l’Éthiopie, où un prix Nobel de la paix a conduit son pays vers la guerre civile, de la multiplication des épisodes de météo extrême qui démontrent que les changements climatiques vont continuer de nous hanter et, bien sûr, de cette damnée pandémie qui, dès que nous croyons avoir pris le dessus, nous sert une variation toujours plus embêtante.

Oui, 2021 nous laisse amochés. Est-ce que 2022 pourrait faire pire ? Jouons les optimistes et arrêtons de jongler avec les misères du monde ! Pendant quelques jours, au moins. Je vous souhaite un très beau Noël et une nouvelle année plus paisible. Vous le méritez bien ! 

ANNÉE ESSOUFFLANTE  

1. La pandémie, bien sûr !

D’un variant à l’autre, la COVID-19 a fauché plus de 5 millions de personnes à travers le monde, dont 800 000 Américains.

Le salut passe par les vaccins, mais un Américain sur quatre résiste toujours.

2. Les changements climatiques, naturellement !

De tempêtes inattendues en sécheresse persistante en inondations subites, les épisodes de météo extrême se sont multipliés.

Difficile d’être optimiste, malheureusement, après COP26, la grande conférence sur le climat.

3. Des démocraties chancelantes...

Envers et contre tout, Donald Trump persiste, aux États-Unis, à se dire victime de fraude et à alimenter la frustration de ses partisans.

Ailleurs, les coups d’État militaires contre les gouvernements élus se sont répétés. Quant aux Russes, aux Chinois et aux Cubains, ils méritent mieux, mais leurs dirigeants sont têtus.

4. L’interminable migration

À près de deux millions à la frontière du Mexique et des États-Unis, les migrants y ont été plus nombreux qu’à tout autre moment en plus de 60 ans.

L’Union européenne a vu les entrées illégales bondir de 70 % par rapport à 2020, entraînant de fortes tensions diplomatiques entre pays voisins.

5. Et ces crises qui s’étirent...

Les crimes de guerre se multiplient en Éthiopie, rongée par la guerre civile. La famine, maintenant, menace.

L’Afghanistan s’enfonce dans la misère : selon l’ONU, « près de 23 millions de personnes – c’est-à-dire 55 % de la population – sont confrontées à des niveaux extrêmes de faim. »