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[EN IMAGES] COVID-19: gros partys de la «dernière chance» ce week-end

Un bar a célébré son jour de l’An à l’avance... avec des clients non masqués

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Des discothèques invitent leurs clients à «danser une dernière fois» ce week-end, mais des experts préviennent les Québécois qu’il s’agit plutôt d’une occasion en or pour contracter le variant Omicron avant Noël.

«On vous donne rendez-vous ce dimanche pour le party de la dernière danse des Fêtes», peut-on lire sur la page Facebook du bar Le Dagobert, à Québec. Le Journal a trouvé des dizaines de publicités comme celle-ci sur les réseaux sociaux. 

Publicité du bar Le Dagobert, à Québec, faisant la promotion d’une «dernière danse des Fêtes» avant lundi.
Photo tirée de Facebook
Publicité du bar Le Dagobert, à Québec, faisant la promotion d’une «dernière danse des Fêtes» avant lundi.

Plusieurs propriétaires de bars ont invité ainsi des jeunes à faire la fête puisque dès lundi, la danse et le karaoké seront de nouveau interdits au Québec. Déjà, vendredi, des fêtards se déhanchaient sans masque ni distanciation dans les discothèques de la province. 

«Irresponsable»

La discothèque Blvd44, à Montréal, a fait un montagne avec la photo du premier ministre François Legault pour attirer des jeunes à son événement.
Photo tirée de Facebook
La discothèque Blvd44, à Montréal, a fait un montagne avec la photo du premier ministre François Legault pour attirer des jeunes à son événement.

«Je trouve ça pas responsable du tout. C’est très égocentrique d’aller dans ces endroits en ce moment. Mais le pire, c’est que ces jeunes vont peut-être aller voir leurs grands-parents pour Noël et propager le virus Omicron qu’on connaît encore très peu», s’inquiète Hélène Carabin, professeure d’épidémiologie des maladies infectieuses à l’Université de Montréal. 

Mme Carabin précise que les discothèques ce week-end, même avec un masque, «créent des événements de super-propagation» en raison des nouveaux variants.

«Si des Québécois veulent vraiment faire le choix de sortir comme ça ce week-end et ne pas prendre de précautions, ils devraient aussi ne pas avoir de partys de Noël et s’isoler seuls pendant deux semaines. C’est une solution», analyse l’épidémiologiste. 

Fête qui dégénère

La hausse vertigineuse des cas de COVID-19 au Québec est toutefois loin d’avoir calmé l’envie de faire le party pour les propriétaires du Kampai Garden, un bar dans le centre-ville de Montréal.

Samuel Haas / Instagram

Des jeunes ont fait le party vendredi, sans masque ni distanciation, au Kampai Garden à Montréal. Le bar a décidé de célébrer ce week-end le jour de l’An en avance puisque dès lundi, la danse et le karaoké seront de nouveau interdits au Québec.

L’établissement a décidé d’organiser vendredi une célébration pour le jour de l’An en avance pendant que sa piste de danse est toujours ouverte. 

Sur des images publiées sur Instagram par l'un des propriétaires, Samuel Haas, on voit des centaines de clients danser sans masque, sans distanciation et comme si la COVID-19 avait disparu le temps d’un week-end.

Samuel Haas / Instagram

Jouer avec le feu

«C’est certain qu’il va y avoir des éclosions dans ces lieux-là. Je vois sur la vidéo que les gens n’ont pas de couvre-visage, qu'ils sont assez libertins, assez collés ensemble, et toutes les conditions sont là pour propager le virus», affirme Benoit Barbeau, virologue et professeur au Département des sciences biologiques de l’UQAM. 

Samuel Haas / Instagram

M. Barbeau ajoute que le plus dangereux reste le nombre de personnes qui termineront à l’hôpital après avoir fréquenté le Kampai Garden. «Publiciser ces événements et se pointer là avant les Fêtes, ce n’est pas l’option la plus saine», prévient-il.

Nos demandes d’entrevue avec les propriétaires du Kampai Garden sont restées sans réponse hier après-midi. 

Legault s’explique

François Legault a d’ailleurs publié sur les réseaux sociaux, hier matin, un message où il avoue avoir passé une semaine difficile, notamment en raison des annonces faites jeudi dernier avant Noël.

«Lors du point de presse, j’ai dit que ce n’était pas un concours de popularité et qu’il fallait mettre l’orgueil de côté quand la santé des Québécois était en jeu. Je sais que j’ai déçu beaucoup de monde et vous pouvez être fâchés contre moi ou contre la situation, c’est normal. Sachez que ça ne me laisse pas indifférent», peut-on y lire.