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30M$ de plus pour lutter contre la faim au pays

Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale de l'Agriculture
Photo d'archives, Agence QMI Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale de l'Agriculture

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OTTAWA – Le fédéral verse 30 millions $ supplémentaires pour lutter contre la faim au pays à l’heure où l’inflation atteint un sommet historique et qu’Omicron menace de provoquer des milliers de mises à pied à la veille de Noël.

Cette somme s’ajoute aux 300 millions $ qu’Ottawa a consacrés depuis le début de la pandémie au Fonds d’urgence pour la sécurité alimentaire, a annoncé mercredi la ministre de l’Agriculture Marie-Claude Bibeau.

Les fonds sont distribués aux organismes Banques alimentaires Canada, Deuxième Récolte, Centres communautaires d’alimentation du Canada, l’Armée du Salut, la Tablée des chefs et le Club des petits déjeuners du Canada.

Ce dernier organisme, qui distribue des petits déjeuners dans les écoles, a lancé un cri du cœur la semaine dernière pour signaler que de plus en plus d’enfants ont faim. Au Québec seulement, le club nourrit 25 000 enfants de plus qu’avant la pandémie. Au total, 65 000 petits Québécois en bénéficient.

Le Club des petits déjeuners a d’ores et déjà reçu 57,1 millions $ d’Ottawa et recevra 7 millions $ de plus à partir d’aujourd’hui.

«Ça me brise le cœur de savoir qu’il y a autant d’enfants ici au Canada qui vont à l’école le ventre creux», s’est désolée la ministre Bibeau en entretien au Journal.

La députée de Compton-Stanstead, en Estrie, a été confrontée à la lutte contre l’insécurité alimentaire dans les écoles en Afrique lorsqu’elle était ministre du Développement international.

Un milliard pour des cantines scolaires

Mais loin d’être étranger, cet enjeu l’a rattrapé au pays lorsqu’elle a mené de vastes consultations sur la politique alimentaire en 2019. Il lui colle à la peau au point qu’elle a convaincu le premier ministre de mettre en place un programme national de repas dans les écoles.

Le Parti libéral en a fait une promesse de campagne et promet d’y consacrer un milliard $ sur cinq ans.

Pour la ministre Bibeau, et pour sa collègue la ministre de la Famille, Karina Gould, elle aussi ex-ministre du Développement international, c’est une priorité. Une première réunion du groupe de travail est à l’agenda pour le retour du congé des fêtes.

Il y a urgence

En ratifiant la Convention onusienne relative aux droits de l’enfant en 1991, le gouvernement fédéral s’est engagé à éliminer la pauvreté infantile avant l’an 2000. Mais en 2019, avant même la pandémie, un enfant sur cinq au Canada vivait en situation de pauvreté.

« Les données indiquent que les enfants sont encore plus pauvres qu'avant », a déploré le mois dernier Leila Sarangi, directrice nationale de la coalition Campagne 2000, en pressant Ottawa d’appuyer sur l’accélérateur pour respecter ses promesses.

«Le Canada est le seul pays du G7 à ne pas avoir de programme national d’alimentation scolaire. Notre société doit protéger et nourrir ses enfants. En temps de crise comme en temps ordinaire», plaide le Club des petits déjeuner.

«Le travail a commencé mais nous reconnaissons qu’il reste beaucoup à faire», indique le porte-parole de la ministre Gould, Mohammad Hussain. «On est très conscient des besoins», assure la ministre Bibeau.

Sans vouloir préciser quand les premières cantines scolaires verront le jour, elle indique que compte tenu des circonstances «le plus tôt serait le mieux».

Pour la ministre Bibeau, à l’instar du programme national des garderies, le programme de nutrition scolaire est un moyen de diminuer les dépenses courantes des familles, donc de les aider à faire face à l’inflation.

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