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Montréal: un budget de l’administration Plante à trois jours de Noël

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À trois jours de Noël, l’administration de Valérie Plante a présenté un budget qui respecte sa promesse de campagne, mais l’opposition officielle le considère déjà comme étant périmé en raison de l’émergence du variant Omicron.

Pour la prochaine année, la charge fiscale totale des Montréalais augmentera donc de 2 %. De ce chiffre, une proportion de 1,7 % proviendra des taxes de la Ville-centre, le restant étant lié aux arrondissements. Ainsi, pour une maison d’une valeur moyenne de 535 000 $, la hausse correspondra à un montant de 83 $.

L’an dernier, la Ville avait décrété un gel des taxes foncières en raison de la situation pandémique.

Pour Danielle Pilette, professeure à l’UQAM et spécialiste en politique municipale, ce budget ne se démarque pas particulièrement et ne devrait pas faire trop de vague. «Il ressemble beaucoup à celui de l’année dernière. Tout est presque du copié-collé, avec des indexations», a-t-elle résumé. Elle note néanmoins que la Ville dispose d’une certaine marge de manœuvre en cas de nécessité.

Pour la prochaine année, les revenus et les dépenses s’élèveront tous deux à environ 6,5 milliards $. «Il s’agit d’un budget responsable, qui respecte la capacité de payer de la population. Il est aussi cohérent avec les priorités qui guident nos actions et que nous partageons avec la population», a soutenu Valérie Plante.

La sécurité publique de l’avant

Avec une proportion de 17,7 % des dépenses, c’est la sécurité publique qui accaparera la part la plus importante des dépenses. La somme consacrée à la police de Montréal augmentera de 45 millions $, pour atteindre un total de 724,1 millions $.

«On dit qu’il faut de la prévention, mais il faut aussi avoir des policiers qui retirent les armes. Le crime change, et on démontre bien la cohérence dans ce budget, et comment on veut assurer la sécurité urbaine dans son ensemble», a expliqué Mme Plante estimant que ce budget est «connecté» aux réalités actuelles, comme la hausse du nombre de fusillades.

À ces sommes s’ajoute également pour 2022 un montant de 17 millions $ dédié au projet de caméras corporelles pour les policiers.

«Ce qui est prévu, c’est de l’argent prévu dès 2022 pour pouvoir faire tous les projets-pilotes nécessaires et pouvoir regarder comment ça va s’arrimer avec la Cour municipale», a souligné Dominique Ollivier, présidente du comité exécutif de la Ville. En 2023, des caméras corporelles devraient être déployées pour l’ensemble des policiers du SPVM, a-t-elle précisé.

Budget «périmé»

Pour l’opposition officielle, il s’agit d’un budget déjà périmé, en raison de l’incertitude causée par la situation pandémique. «Pour moi, ce n’est pas responsable», a dit Aref Salem, chef d’Ensemble Montréal. «C’est pour ça qu’on demande à l’administration de retourner à la table de dessin pour faire un budget qui correspond à ce qu’on voit actuellement», a-t-il poursuivi.

M. Salem demande que l’administration prenne compte des éventuelles fermetures qui se produiront et se préoccupe de ceux qui perdront leur emploi.

«La Ville est mal préparée pour faire face à la tempête à laquelle nous ferons face dans les jours, semaines et mois à venir. On ne voit rien dans ce budget pour aider les petits commerçants et les contribuables», a renchéri Alan DeSousa, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances.

Selon la professeure Danielle Pilette, le budget a probablement été préparé avant la flambée actuelle des cas. Cependant, de telles mesures relèveraient davantage des gouvernements provincial et fédéral. «Il faut rappeler que la mission d’une ville, en fédéralisme fiscal, c’est de donner des services au coût. Ce n’est pas de redistribuer nécessairement [l’argent]», a-t-elle nuancé.

«Mauvais message»

Le moment choisi pour présenter le budget a été critiqué. «Présenter un budget à la veille du temps des Fêtes alors que l’attention dirigée vers l’Hôtel de Ville est moins grande lance un bien mauvais message aux citoyens qui auront, pour la plupart, la tête ailleurs», a dénoncé Aref Salem, chef de l’opposition officielle.

De son côté, l’administration a expliqué que certains budgets d’arrondissement ont été reçus tardivement en raison des recomptages. L’idée de le présenter en janvier a été exclue pour éviter d’alourdir le processus et afin de permettre que le budget soit présenté avant la commission des finances.

Augmentation des charges fiscales pour les immeubles résidentiels par arrondissement  

  • Ahuntsic-Cartierville: 1,1 % 
  • Anjou: 1 % 
  • Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce: 2,7 % 
  • Lachine: 1,4 % 
  • LaSalle: 2% 
  • L'Île-Bizard—Sainte-Geneviève: 5,1% 
  • Mercier—Hochelaga-Maisonneuve: 1,3 % 
  • Montréal-Nord: 0,6 % 
  • Outremont: 2,7 % 
  • Pierrefonds-Roxboro: 1,9 % 
  • Le Plateau-Mont-Royal: 3 % 
  • Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles: 0,1 % 
  • Rosemont—La Petite-Patrie: 2 % 
  • Saint-Laurent: 1,6 % 
  • Saint-Léonard: 1,8 % 
  • Le Sud-Ouest: 2,9 % 
  • Verdun: 3 % 
  • Ville-Marie: 2,6 % 
  • Villeray-Saint-Michel-Parc Extension: 1,5 % 
  • Ville de Montréal: 2 %  

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