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Pourquoi c’est difficile, la Bourse?

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Une première recette éprouvée pour réussir en Bourse est connue depuis au moins 1949, année où a été publiée la première version du classique de Benjamin Graham, The Intelligent Investor. Une pléthore d’investisseurs de renom ont par la suite partagé le secret de leur succès, de Warren Buffett à John C. Bogle, en passant par nos scribes boursiers locaux, comme Bernard Mooney.

Et pourtant... 

Régulièrement, les études de la firme américaine de recherche Dalbar nous rappellent que l’investisseur moyen obtient systématiquement des résultats inférieurs au marché.

Pire, ses rendements personnels sont toujours moins bons que ceux des fonds dans lesquels il investit, il faut le faire ! Comment est-ce possible ? Il suffit d’entrer et de sortir au mauvais moment. 

Quel est le problème ? 

Guidés par nos émotions

L’ancien courtier Michel Villa, aujourd’hui formateur et conférencier boursier, affirme que l’épargnant moyen, bien qu’il achète de plus en plus des actions et des parts de fonds, ne se comporte pas en véritable investisseur.  

Attiré par l’appât du gain rapide, il met son argent dans des titres sous le coup de l’impulsion, souvent pour imiter les autres. L’humain est grégaire, il suit le troupeau. Il n’élabore pas de plan à long terme. Par nature, il n’est pas patient. 

« Quand tu investis dans une compagnie sans savoir pourquoi, tout ce que tu peux faire quand son titre baisse de façon importante, c’est de paniquer », constate Michel Villa.

L’histoire se répète

Voici à quoi ressemble le cycle : à la base, l’individu lambda se méfie de la Bourse, mais il s’ouvre peu à peu chaque fois qu’il entend parler d’indices qui battent des records (ça fait de bons titres de journaux, mais c’est banal). Un collègue lui parlera un moment donné de ses investissements, puis un voisin se vantera d’un bon coup (sans parler de ses mauvais).

À mesure qu’elle touche de nouveaux sommets, la Bourse rameute de plus en plus de nouveaux participants, qui nourrissent la vague à leur tour. Rassurés par leurs succès initiaux, ces derniers gagnent en confiance et prennent plus de risques.  

S’ensuivront immanquablement la correction de titres vedettes, la disgrâce de tout un secteur ou la débandade de larges pans du marché. C’est là que les gens moins aguerris choisissent de sortir, alors que ce serait plutôt l’occasion d’entrer.

Bien qu’on nous répète d’acheter quand ça va mal, j’avoue que ce n’est pas évident de nager à contre-courant. Quand le marché part en vrille, on voit moins l’occasion qui se présente que les événements qui provoquent la chute : une récession, une crise financière, une pandémie.

Ça ne donne pas envie. 

Moins de frictions, plus de danger

J’évoque de gros événements, mais au cours d’une année tranquille, certains titres peuvent dévisser de plus de 5 % en une journée. Il n’en faut pas davantage pour faire réagir l’investisseur moins expérimenté.

Les unes après les autres, les firmes de courtage à escompte réduisent à zéro les frais de transaction sur les actions et les fonds négociés en Bourse. N’importe qui peut vendre et acheter dans la minute, de n’importe où, gratuitement.

« À une époque, on devait appeler le courtier, et chaque transaction coûtait 120 $ », rappelle Michel Villa. Et ce courtier pouvait encore nous convaincre de garder notre sang-froid ! La disparition des coûts représente un progrès incontestable pour l’investisseur, mais la levée de ces obstacles pose tout de même un danger. C’est une invitation à multiplier les transactions, et à réagir sous le coup de l’émotion.  

Rappels

  • Diversifiez votre portefeuille, attardez-vous à son rendement global avant de focaliser sur les performances individuelles de chaque titre. 
  • Commencez par une base de fonds négociés en bourse, qui offre une diversification instantanée.
  • Si la perspective de voir reculer vos avoirs de 35 % vous est insupportable, réduisez la portion « actions » de votre portefeuille.
  • Méfiez-vous des tuyaux et des gens qui disent accumuler les bons coups. 
  • Éduquez-vous, il ne manque pas de livres sur le sujet.
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