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Le père Noël est une ordure

Palais de justice de Montréal
Photo d’archives, Chantal Poirier Me Azim Hussain

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Je n’ai pu résister à la tentation de reprendre le titre de cette comédie de 1982.

Mais ce n’est pas pour vous parler des restrictions covidiennes pendant les Fêtes.

C’est pour souligner que des politiciens profitent du moment et de notre état d’esprit pour déposer sous notre sapin des cadeaux empoisonnés.

Le gouvernement Trudeau vient de nommer juge à la Cour supérieure l’avocat Azim Hussain.

Oui, celui qui, l’an dernier, devant cette même Cour supérieure, pour illustrer le caractère selon lui discriminatoire de la loi 21, avait évoqué les lois antisémites adoptées par le régime nazi.

Rien de moins

Il sera assurément un juge impartial, non ? Si la justice est aveugle, ça ne l’empêche pas d’avoir de drôles d’odeurs.

Azim Hussain expliquait que ces lois nazies, adoptées en temps de paix, avaient ouvert le chemin à des discriminations ultérieures plus graves encore.

Subtil comme un deux par quatre.

Le but fondamental de sa plaidoirie ? Convaincre le tribunal qu’il faut limiter le droit pour un gouvernement de recourir à cette clause dérogatoire qui permet de protéger une loi des contestations judiciaires.

Il pavait la voie, car c’est la stratégie que les opposants à la loi 21 vont désormais déployer.

Ils voient que la clause nonobstant protège de manière étanche l’essentiel de la loi 21.

La stratégie sera donc de convaincre les juges qu’il faut limiter la possibilité pour un gouvernement de recourir à cette clause de protection.

On fera indirectement ce qu’on ne peut faire directement. On n’attaquera pas la loi, mais le cadenas qui la protège.

Il suffit de lire certaines chroniques, subtiles comme un 18 roues, parues récemment dans La Presse.

On expliquera qu’il y a si peu de cas d’enseignantes voilées – une seule, dans le fin fond de l’Outaouais ! – que la loi est inutile. Elle s’attaquerait à un problème qui n’existe pas.

On veut forcer le gouvernement Legault à devoir prouver la nécessité de la loi et, donc, la nécessité de devoir la protéger avec la clause dérogatoire.

Dans l’état actuel des choses, un gouvernement n’est pas obligé de justifier son recours. On veut que les tribunaux lui imposent cette obligation, donc qu’ils limitent son droit de recourir à cette clause de protection.

Voyez la « subtilité » ? Si la loi est inutile, si elle s’attaque à un « faux problème », elle n’est pas assez importante pour justifier qu’on la protège avec ce cadenas.

Faites sauter le cadenas et vous accédez au contenu du coffre-fort.

Propagande

Parallèlement, on enclenche une opération de propagande visant à augmenter la pression sur la classe politique fédérale pour qu’elle plonge dans la bataille juridique.

Comment ? En essayant d’alimenter une vague d’indignation et de sympathie pour la « pôôôvre » et « unique » enseignante dont le hijab contrevenait à la loi.

Silence évidemment sur combien il y en aurait sans loi puisque c’est hypothétique. Subtil comme un plaquage dans la NFL.

Joyeux Noël malgré tout, chers lecteurs. C’est un honneur d’être lu par vous.

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