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Hausse des cas: le portrait d’Omicron se dessine

Les risques d’hospitalisation seraient très réduits par rapport au variant Delta

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Les personnes infectées par le variant Omicron ont jusqu’à 70 % de risque en moins d’être hospitalisées par rapport au variant Delta, selon une toute nouvelle étude réalisée au Royaume-Uni.

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Selon l’agence sanitaire britannique (UKHSA), qui se montre très prudente avec ses données préliminaires, les personnes contaminées par Omicron ont entre 50 % et 70 % moins de probabilités de se retrouver à l’hôpital.

Cette analyse est toutefois « hautement incertaine à cause du faible nombre de malades atteints par Omicron actuellement à l’hôpital, de l’impossibilité de mesurer toutes les infections précédentes et de la propagation limitée d’Omicron parmi les groupes les plus âgés », souligne l’agence dans un communiqué.

« Le côté très positif, c’est qu’il s’agit d’une autre étude qui confirme la tendance qu’Omicron fait moins d’hospitalisations et il semble que sa durée soit moins longue aussi que les autres variants », mentionne au Journal le virologue Benoit Barbeau, professeur au département de sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). 

Hôpitaux sous pressions

Néanmoins, en raison de la propagation très rapide d’Omicron, la pression sur le système hospitalier s’annonce difficile au cours des prochaines semaines.

« Même si une petite proportion requiert une hospitalisation, il s’agit d’un nombre important de personnes, si bien que la pression sur le système public de santé va augmenter », soulignent les auteurs de l’étude britannique.

Benoit Barbeau affirme aussi que le Québec pourrait être frappé par de « forts impacts dans les hôpitaux ». 

« Le problème, c’est qu’Omicron est plus transmissible, alors plus de gens sont infectés. Mais c’est surtout dangereux pour les non-vaccinés qui ont bien plus de chances d’être hospitalisés avec ce variant », indique M. Barbeau. 

Dose additionnelle 

Sur le front de la vaccination, l’étude britannique indique que si les rappels améliorent la protection conférée par les vaccins, celle-ci s’estompe rapidement, présentant une diminution entre 15 et 25 % environ 10 semaines après l’administration du rappel.

« Le fait que le Québec augmente sa couverture vaccinale avec sa troisième dose, ça rehausse l’immunité collective à moyen terme », assure toutefois à TVA Nouvelles la Dre Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au CHUM à Montréal. 

— Avec l’Agence France-Presse


QUE SAIT-ON DE LUI ?

Par rapport au variant Delta, « sa transmission est beaucoup plus élevée et sa gravité est probablement plus faible, mais nous ne savons pas à quel niveau », a expliqué aujourd'hui Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique qui guide le gouvernement en France.

Omicron progresse de façon fulgurante dans de nombreux pays et les cas doublent tous les deux ou trois jours, du jamais-vu avec les variants précédents.

Il est ainsi déjà majoritaire au Danemark ou au Royaume-Uni, où on a dépassé les 100 000 cas quotidiens, et s’apprête à le devenir dans d’autres pays. Il prend ainsi l’avantage sur Delta, auparavant dominant.

Parallèlement, les premières études faites en Afrique du Sud, en Écosse et en Angleterre, cette semaine, montrent qu’Omicron semble entraîner moins d’hospitalisations que le variant Delta.

Selon ces données préliminaires, encore très incomplètes et à analyser avec prudence, Omicron pourrait être entre 35 % et 80 % moins sévère que Delta. 


CONSÉQUENCES SUR LES HÔPITAUX

Photo AFP

Il s’agit ici de la question à 1000 $ pour les spécialistes. 

« Même si Omicron provoque des symptômes moins graves, le nombre de cas pourrait une fois de plus submerger les systèmes de santé qui ne sont pas préparés », a récemment averti Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

En Afrique du Sud, cet impact semble rester limité, mais ce constat ne peut pas être extrapolé aux pays de l’hémisphère Nord, où la population est plus âgée.

Les scientifiques attendent donc beaucoup des données des hôpitaux qui émergeront d’Angleterre dans les jours à venir, puisque la vague Omicron a d’abord frappé ce pays en Europe. 


ET LES VACCINS ?

Photo AFP

Les mutations du variant Omicron semblent lui permettre de réduire l’immunité par anticorps contre le virus. Conséquence : il peut probablement contaminer un nombre important de vaccinés et réinfecter des personnes précédemment atteintes par le virus.

Plusieurs études faites en laboratoire montrent que le taux d’anticorps s’effondre face à Omicron chez des personnes vaccinées avec Pfizer/BioNTech, Moderna et AstraZeneca. 

Point encourageant, une dose de rappel semble relancer nettement l’immunité par anticorps. Après Pfizer/BioNTech, c’est ce qu’a annoncé Moderna lundi puis AstraZeneca aujourd'hui. Mais il manque une donnée cruciale : on ne sait pas à quel point cet effet dure dans le temps. 


UN TROUBLE-FÊTE

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Même si la vague Omicron ne submerge pas encore les hôpitaux, ce variant pourrait tout de même créer le chaos dans de nombreux pays.

Sa contagiosité pourrait en effet entraîner une explosion de l’« absentéisme » à cause des mesures d’isolement, et donc une « désorganisation » de nombreux secteurs (supermarchés, transports, hôpitaux, écoles). 

Pour limiter cette désorganisation, un allègement des règles d’isolement pourrait donc être nécessaire, en prenant en compte le fait qu’Omicron semble entraîner moins de formes sévères de la COVID.

C’est ce qu’a fait mercredi le gouvernement britannique, qui a réduit de dix à sept jours la période d’isolement en Angleterre pour les personnes vaccinées ayant contracté la COVID. La même recommandation a d’ailleurs été faite en Afrique du Sud.

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