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Le journal des médecins canadiens englué dans une polémique sur le hijab

Le journal des médecins canadiens englué dans une polémique sur le hijab

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Le journal de l’Association médicale canadienne (CMAJ) s’est retrouvé englué dans une controverse ces derniers jours à la suite de la publication d’une lettre d’un pédiatre montréalais dénonçant la symbolique que représente à ses yeux le hijab.

Tout a commencé lorsque la publication scientifique, habituée à présenter et à discuter des résultats de recherche en santé, a publié le 20 décembre une lettre ouverte du Dr Sherif Emil, pédiatre œuvrant à l’hôpital de Montréal pour enfants. Celui-ci y dénonçait l’usage, par le CMAJ, d’une photo mettant en scène deux fillettes, dont une portant le hijab, pour accompagner un article établissant un lien entre relations sociales et santé générale.

Le médecin montréalais faisait valoir qu’il respecte le choix des femmes portant le hijab, mais en critiquait la symbolique. «Le respect ne doit pas altérer le fait que le hijab, le niqab et la burka sont aussi des instruments d’oppression pour des millions de filles et de femmes dans le monde qui n’ont pas la possibilité de faire un choix», faisait-il valoir dans sa lettre ouverte en faisant notamment un parallèle avec le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan.

La publication de cette lettre a suscité une avalanche de commentaires négatifs dans le Canada anglophone. Des dizaines de personnes ont réagi pour dénoncer les «stéréotypes» contenus dans la lettre, mais aussi la «complicité du CMAJ», accusé de propager «l’Islamophobie» et la «misogynie». Des organismes, comme le Conseil national des musulmans canadiens, ont aussi réagi en déplorant que le journal ait offert une tribune au Dr Emil.

Devant la polémique, le journal a décidé de retirer la lettre ouverte jeudi, après qu’elle ait «dégoûté tant de lecteurs au Canada».

«Je m’excuse sincèrement pour le mal considérable que tant de gens, incluant des collègues du milieu médical et des étudiants, ont subi en lisant cette lettre», a écrit l’éditrice en chef du CMAJ, Kirsten L. Patrick, en prenant «toute la responsabilité pour le manque dans le processus éditorial qui a mené à cette erreur».

«Le CMAJ va toujours respecter et appuyer le droit des femmes de s’habiller comme elles le souhaitent», a ajouté l’éditrice.