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Les miraculés: sa main gauche tranchée

Un garçon de 13 ans retrouve sa motricité après un grave accident en sciant du bois

Frédéric Cotnoir
Photo Pierre-Paul Poulin Âgé de 13 ans, Frédéric Cotnoir s’est tranché la main gauche dans une fendeuse à bois. Depuis, il a beaucoup récupéré en motricité.

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Une activité familiale de sciage de bois a viré au drame pour un garçon de 12 ans qui s’est tranché la main gauche dans une fendeuse de bûches. Grâce aux chirurgies, il peut jouer aux jeux vidéo et a l’espoir de récupérer sa motricité.

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« Je crois que j’avais mis la bûche, j’étais dans la lune, relate Frédéric Cotnoir. J’ai entendu mon oncle crier, et là après ça [...] Je ne savais pas ce qui allait arriver. J’étais déçu. Moi j’aime jouer aux jeux vidéo ! »

La vie du garçon, qui a récemment fêté ses 13 ans, a pris un virage inattendu le 5 avril dernier. Durant le week-end de Pâques, il aidait son père pour la corvée annuelle de sciage de bois pour l’hiver. La famille de Vaudreuil-Dorion avait loué une fendeuse pour couper les bûches. 

« Il voulait le faire »  

« C’est plate pour eux [les enfants] de toujours corder le bois. Frédéric est super vaillant. Il voulait le faire », relate son père, Nicholas Cotnoir, qui se sent encore très coupable. 

La machine descend la hache vers la bûche, qu’on doit tenir à la verticale de chaque côté jusqu’à ce que la lame fende le bois. L’accident est survenu après plusieurs heures de travail, sur deux jours.

« Frédéric avait super bien travaillé, assure son père. On était tous autour de lui, on n’était pas en train de prendre un café ! »

En une seconde d’inattention, la lame a tranché sa main gauche au niveau du poignet. 

« Je ne m’en suis pas trop rendu compte sur le moment, avoue Frédéric, le benjamin d’une famille de trois enfants. Ça faisait mal surtout quand je forçais. »

Après avoir enveloppé sa main dans un chandail avec de la glace, ils se sont rendus à l’hôpital de Montréal pour enfants. Tout le long, l’enfant était lucide, et ne saignait presque pas. 

« Papa, je vais perdre ma main, je vais avoir une prothèse », disait Frédéric, qui jure n’avoir presque pas pleuré.  

L’enfant a subi une première chirurgie de 19 heures, pour réimplanter sa main. En tout, le père et le fils ont passé un mois à l’hôpital. 

Père et fils plus proches 

« Ça nous a beaucoup rapprochés. On était proches et on est encore plus proches », estime M. Cotnoir, qui a passé 24 heures sur 24 avec son fils pendant son rétablissement.

Depuis plusieurs mois, Frédéric fait de l’ergothérapie, et des exercices au quotidien pour récupérer sa motricité. Déjà, il bouge son pouce et réussit à jouer aux jeux vidéo. 

« Je fais le plus d’exercices que je peux, mais des fois, je suis super fatigué », dit-il. 

Une chose est sûre, cet accident a marqué cette famille à jamais. 

« Je n’ai jamais autant pleuré de toute ma vie, confie le père. Ce qui est maudit d’un accident, c’est que c’est un accident. Je le vois se battre avec ça, c’est ça mon combat. »

Il jure qu’il achètera désormais son bois déjà fendu.

Encore beaucoup de travail à faire  

Après avoir subi 50 heures de chirurgie, Frédéric devra faire preuve de patience et de persévérance pour regagner le plus de motricité possible. 

« Il travaille fort. Il a fait beaucoup de progrès dernièrement », constate la Dre Sabrina Cugno, plasticienne pédiatrique et spécialisée dans la réimplantation à l’hôpital de Montréal pour enfants. 

De la minutie 

La chirurgie consistait à reconnecter chaque vaisseau sanguin. Ce sont de longues heures de chirurgie qui requièrent beaucoup de minutie. Au total, selon la famille, l’enfant a subi 50 heures de chirurgie en six opérations. 

De plus, Frédéric a dû composer avec quelques complications opératoires. En fait, il n’a pas eu une amputation franche de la main parce qu’il a tiré son bras au même moment. 

« Ses vaisseaux sanguins étaient trop maganés, on ne pouvait pas les recoller comme des petits fils », dit la Dre Cugno. 

Des veines de sa jambe ont été utilisées pour aider à reconnecter sa main à son bras. 

Selon la Dre Cugno, le garçon ne récupérera pas 100 % de sa force et il devra sûrement subir d’autres opérations. 

« Ce sera pour améliorer son mouvement », dit celle qui se réjouit qu’il puisse bouger son pouce. 

« Comme un miracle » 

Depuis l’accident, Frédéric travaille fort en ergothérapie pour regagner de la motricité et de la flexion. Tous les jours, à midi, sa mère va le chercher à l’école pour qu’il fasse ses exercices. Il n’a pas encore beaucoup de force dans la main.

« Juste beurrer son pain, pour nous, c’est comme un miracle ! dit sa mère, Martha Alkhori. Ce sont tous des petits pas qui donnent espoir. »  

« On vise à ce qu’il puisse faire la pince avec sa main », ajoute son père, Nicholas Cotnoir. 

Réimplantations   

  • Moins de 10 cas par an à l’hôpital de Montréal pour enfants   
  • Surtout des doigts sont coupés    

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