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Quel beau tournoi !

Le capitaine d’Équipe Canada, Kaiden Guhle, qu’on voit ici à l’entraînement, sera très surveillé au cours des prochains jours. Sera-t-il avec le Canadien la saison prochaine ?
Photo Didier Debusschère Le capitaine d’Équipe Canada, Kaiden Guhle, qu’on voit ici à l’entraînement, sera très surveillé au cours des prochains jours. Sera-t-il avec le Canadien la saison prochaine ?

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La bonne nouvelle en ce temps des Fêtes limité par la COVID-19, c’est que le Championnat du monde de hockey junior se poursuit en Alberta et qu’il recevra peut-être plus d’attention qu’a l’habitude. Quel beau tournoi ! 

Un succès dans ce tournoi te suit pour le reste de ta carrière et ça t’apporte une belle dose de confiance. Pour les joueurs repêchés, ça les rapproche de la Ligue nationale et pour les plus jeunes, ça les amène à un meilleur rang au repêchage. 

Les juniors qui sont en Alberta présentement ne réalisent pas à quel point ce tournoi peut les marquer et influencer le reste de leur carrière. Pour les gardiens de but, c’est encore plus critique.  

Marc-André Fleury en sait quelque chose. Il avait commis une bourde dans la finale de 2004 contre les Américains, mais ça ne l’a pas empêché de connaître une grande carrière. Il s’en fait encore parler. 

En battant Fleury (le premier choix du repêchage de 2003), le gardien américain Al Montoya avait pris du galon et les Rangers de New York l’avaient repêché au sixième rang en 2004. Il n’a pas connu une carrière comme Fleury, mais on lui parle toujours de ce tournoi. 

C’est la même chose de mon côté. J’avais gagné en 1996 et ça m’a toujours suivi. Lorsque je suis arrivé au camp du Canadien par après, j’avais déjà un nom.

Un événement marquant 

D’autres gardiens, comme Félix Potvin, Jimmy Waite, Marc Denis et Carey Price, vous diront aussi combien ce tournoi les a marqués. 

Gagner un championnat du monde junior, ça crée des liens très forts aussi. Chaque fois que je croise un ancien joueur d’Équipe Canada 1996, comme Jarome Iginla ou Christian Dubé, c’est toujours très spécial, que le gars ait fait carrière dans la Ligue nationale ou non. 

Ce sentiment exprimant « On a gagné ensemble » refait toujours surface. 

Sur la carte 

Le tournoi de 1996 à Boston m’avait vraiment mis sur la carte. J’appartenais déjà au Canadien, mais je n’étais connu qu’au Québec. J’étais dans les programmes de Hockey Canada depuis l’âge de 14 ans, mais ça n’attire pas l’attention du grand public.

Iginla avait été choisi meilleur attaquant du tournoi, et moi, meilleur gardien. Dans ce genre de tournoi, il y a toujours un match dans lequel le gardien doit changer la donne et pour moi ce fut celui de la demi-finale contre les Russes.  

Nous avions gagné 4-3, même si les Russes nous avaient dominés 49-29 dans les tirs. Au bout du compte, c’est Iginla, par un but incroyable en infériorité numérique, qui avait scellé l’issue du match le 3 janvier 1996, devant seulement 2500 personnes au Matthews Arena. On avait battu la Suède en finale. 

Mon seul regret, c’est que les gens de Boston fussent peu intéressés par cet événement, surtout après l’élimination des Américains.  

Bonne décision ! 

Il y a toujours un peu de nervosité en début de tournoi, et on l’a vu, dimanche, lorsque le Canada a accordé trois buts rapides. L’entraîneur Dave Cameron a pris la bonne décision de demander un temps d’arrêt pour calmer tout le monde. 

Je serai un avide partisan du Canada pendant toute la semaine et j’aurai à l’œil le défenseur Kaiden Guhle, un bel espoir du Canadien. En ouverture, c’est toutefois Owen Power qui a volé la vedette avec un tour du chapeau. 

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets 

Rien de garanti 

Avec Équipe Canada, rien n’est jamais garanti. Elle a tellement de profondeur que n’importe qui peut débouler dans l’alignement, et c’est particulièrement vrai pour les gardiens. En 1996, j’avais 19 ans et Marc Denis, mon auxiliaire, 18. Je savais qu’à la moindre contre-performance, il pouvait prendre le filet. D’ailleurs, l’année suivante il avait été extraordinaire.  

Igor Karpenko 

Vous souvenez-vous d’Igor Karpenko ? Probablement que non, mais c’est le gardien qui m’avait le plus impressionné lors des championnats du monde juniors de 1996. Il jouait pour l’Ukraine ; il ne mesurait que 5 pi 6 po et peut-être moins. Mais il était vraiment bon. Je l’ai croisé par après, dans la Ligue américaine, et je lui avais dit à quel point il m’avait épaté. Sa carrière fut de courte durée. 

Yaroslav Askarov 

J’avais hâte de voir le gardien russe Yaroslav Askarov, choix de première ronde des Predators de Nashville. Le meilleur gardien du repêchage de 2021 m’a déçu. Il possède des qualités athlétiques exceptionnelles, mais il se complique la vie avec sa position de base excessivement large et basse. Heureusement, ce sont des choses qui s’enseignent et se corrigent. Les Predators devront être patients. 

La boîte à surprise 2021 

Le Canadien aura été la boîte à surprise de l’année 2021, capable du meilleur comme du pire avec des changements d’entraîneur, de directeur général et même de directeur du recrutement. On ne sait trop quelle orientation Jeff Gorton donnera à l’équipe, mais il y aura d’autres surprises. J’ai hâte d’en savoir davantage sur la condition de Carey Price.  

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