/news/health
Navigation

Les miraculés: née à 26 semaines en pleine nuit... dans la salle de bain

Leur fille défie les sombres pronostics depuis neuf mois en étant en parfaite santé

Miraculé- Zoé
Photo Chantal Poirier Monique Bourque et Laurent Jacques, avec leur fille Zoé qui a aujourd’hui neuf mois.

Coup d'oeil sur cet article

Une maman de Brossard a eu la surprise de sa vie en accouchant en pleine nuit de sa fille à seulement 26 semaines de grossesse... assise sur la toilette ! Malgré une naissance rocambolesque, qui aurait pu lui laisser de graves séquelles, l’enfant de neuf mois se porte à merveille.

• À lire aussi: Les miraculés: le cœur en or de Justin

• À lire aussi: Les miraculés: sa main gauche tranchée

« C’était vraiment comme un film, ça paraît encore irréel », souffle Laurent Jacques, âgé de 31 ans. La nuit du 21 mars restera gravée dans la mémoire des nouveaux parents.

Sa conjointe, Monique Bourque, ressentait de petites douleurs au dos la veille, mais rien ne l’inquiétait ; elle pensait que c’était relié à son ventre qui grossissait. Elle était alors dans le sixième mois de sa toute première grossesse.

Mais lorsqu’elle s’est réveillée au milieu de la nuit, ses eaux ont crevés alors qu’elle était sur la toilette. « Je criais “Laurent, réveille”. Je voulais qu’il appelle le 9-1-1, car je savais que nous n’avions pas le temps de nous rendre à l’urgence », dit-elle.

Puis, alors qu’elle était encore sur la toilette, Zoé est sortie d’un coup. À ce moment, la mère craignait le pire, croyant que son bébé n’était pas viable. « Mais Zoé a pleuré, et tout de suite, mon instinct a embarqué. Je l’ai prise dans la toilette », se rappelle la femme de 30 ans.

Le bébé ne pesait que 900 grammes et tenait presque dans la paume d’une main. 

Au téléphone avec le répartiteur, le couple a rapidement enveloppé la fillette d’une couverture pour la garder au chaud. On leur a aussi conseillé de garder le placenta attaché à l’enfant, jusqu’à l’arrivée des secours.

Rapidement, quatre policiers et quatre ambulanciers ont débarqué dans l’appartement du couple à Brossard.

En ambulance

Mère et fille sont parties séparément en ambulance pour l’hôpital Charles-Le Moyne à Longueuil. Mais à seulement 26 semaines, Zoé était trop petite pour y être prise en charge, et c’est l’unité mobile en néonatalogie du CHU Sainte-Justine qui est repartie avec elle (voir autre texte plus bas). « J’espérais juste qu’elle soit vivante, se souvient Monique Bourque en pensant à sa fille. Et sur le coup, on s’est dit “elle respire, ça va bien”. »

Frapper un mur

« Mais, c’est rendu en néonatalogie [à Sainte-Justine] qu’on a frappé un mur », poursuit la maman.

La petite Zoé lors de son hospitalisation.
Photo courtoisie
La petite Zoé lors de son hospitalisation.

La fillette avait un important saignement au cerveau, ce qui aurait pu avoir un impact sur sa capacité de marcher plus tard. Sa naissance aussi hâtive laissait aussi planer plusieurs interrogations sur sa qualité de vie.

Finalement, toutes les craintes se sont dissipées. Son état s’est rapidement amélioré et après 109 jours à l’hôpital, la famille a pu être réunie à la maison. 

« Elle n’a rien, rien du tout », lance sa mère, en tapotant les fesses de Zoé, dans ses bras. « On s’est rendu compte à quel point elle est forte », renchérit son père avec fierté. 

NAISSANCE PRÉMATURÉE  

  • À seulement 26 semaines  
  • Accouchement surprise en pleine nuit, sur la toilette     

« Elle voulait se battre cette cocotte-là »  

« Elle était très surprenante, on voyait qu’elle voulait se battre cette cocotte-là », se souvient l’inhalothérapeute du CHU Sainte-Justine Audrée Tremblay, qui a transporté en ambulance le bébé en pleine nuit quelques heures après sa naissance.

« J’appelle ça “Sainte-Justine sur la route”, ce sont des soins intensifs mobiles », précise Mme Tremblay. 

Tout l’équipement nécessaire au transport en ambulance de la petite Zoé.
Photo courtoisie
Tout l’équipement nécessaire au transport en ambulance de la petite Zoé.

Avec une infirmière, elles sont allées chercher Zoé à Longueuil pour la transporter à l’hôpital montréalais et assurer sa survie. À leur arrivée, la petite était notamment instable et froide, se souvient l’inhalothérapeute. « Déjà, on voyait qu’elle voulait vivre, et on a tout fait », ajoute-t-elle.

De l’aide et vite

La pédiatre Amélie Du Pont-Thibodeau souligne qu’à 26 semaines, l’extrême prématurité de Zoé a fait en sorte qu’elle avait besoin d’aide rapidement.

Le bébé est formé, mais immature, dit-elle. Le système immunitaire est à risque, le bébé ne garde pas la chaleur et les yeux sont aussi à risque de se dégrader. « On aurait pu s’attendre que dès les premiers jours, les choses aillent de moins en moins bien. »

Sa naissance dans la toilette a pu amortir sa chute, ce qui n’aurait pas été le cas si la mère était restée debout par exemple. Par contre, les risques d’infections ont inquiété la Dre Du Pont-Thibodeau.

« [L’arrivée de Zoé], ce n’est pas un contexte de naissance habituel ou favorable et ça aurait pu mal tourner. C’est pour ça qu’elle nous a autant surpris », souligne la médecin.

À VOIR AUSSI 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.