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Des œuvres frappantes

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Après Mes drôles de Noël, l’humoriste Michel Barrette présente un tout nouveau spectacle-conversation en ligne intitulé Mes drôles de jobs. Et juste avant de terminer l’année, il a accepté de parler des livres qu’il a aimés. On l’écoute raconter...

Depuis le début de la pandémie, j’ai donné 153 représentations de mon show L’humour de ma vie, alors je n’ai pas eu le temps de lire beaucoup ces derniers temps. Mais là, devant moi, j’ai quand même une grosse pile de livres et je vais vous parler de chacun d’eux.

Toutes les familles heureuses d’Hervé Le Tellier 

Ce livre-là, il m’a bouleversé. Au départ, l’auteur parle de lui comme d’un monstre. Mais, au fil des pages, il dresse le portrait de sa famille, et on apprend que son père a trompé sa mère, ce qui va faire des rapports père-mère assez étranges, pour ne pas dire malsains. 

Il n’y a pas de famille parfaite. Quand tu essaies de comprendre pourquoi ta mère a décidé de laisser ton père, c’est dur. Et puis un jour, tu finis par t’apercevoir que si ton père aimait ta mère, il l’aimait mal. 

Je suis certain que ce roman autobiographique va amener la majorité des lecteurs et des lectrices à faire des constats sur leur propre famille et sur les rapports qu’ils entretiennent avec leurs parents ou avec leurs frères et sœurs. Un livre difficile, mais réparateur. 

Pleurer au fond des mascottes de Simon Boulerice

Je ne savais pas qui était Simon Boulerice, et j’ai découvert son parcours, car il se raconte là-dedans. Sa vie d’artiste, sa différence, son homosexualité... C’est parfois triste pour lui, mais il s’en sort tout le temps.

Life de Keith Richards

Moi, j’étais plus Beatles que Stones, mais je suis entré dans ce livre tout de suite. J’aime qu’il soit écrit au « je ». Ça donne l’impression que c’est une longue entrevue, et ça m’a fait penser à Jack Kerouac. Le jour où j’écrirais une bio, je vais m’y prendre aussi comme ça ! Ce n’est pas rédigé comme un roman. C’est vraiment une espèce de magma de mots qui se tiennent, car il y a un cheminement dans la chronologie. Et c’est réellement formidable. Keith Richards se raconte sans censure. On était dans des avions privés, on a fait la fête toute la nuit, on a pris de la coke, on a... Tu lis et tu vis avec les Stones. C’est plus grand que nature et ça m’a fait du bien. 

Un été à Nantucket d’Elin Hilderbrand

Ça m’a rejoint parce qu’on évolue dans une famille qui est en vacances sur la côte Est. J’y ai aussi passé mes vacances quand j’étais jeune, et cet été, j’ai vendu la maison que j’avais là-bas.

Pour moi, l’été de tous les dangers a été l’été 1974. Il y avait le Vietnam, le Watergate, les hippies, et j’avais comme l’impression de vivre quelque chose de l’intérieur. Cette année-là, un Américain m’a embarqué en pouce sur l’autoroute et je me souviens de la conversation qu’on a eue ensemble. 

J’ai retrouvé dans ce livre cette espèce de mouvances fin des années 60, début 70 et j’ai aimé ça.

Bill de Kid de Bill Bryson

Lâchons les années 70 et retournons dans l’Amérique d’après-guerre qu’on idéalise souvent : son espèce d’insouciance, les gros chars, les enfants-rois, le chalet dans les bois et à Noël, la famille qui se réunit ! 

L’auteur revient sur sa propre enfance et j’ai eu l’impression de revoir la mienne chez ma grand-mère, avec les arbres de Noël qui sentent bon. C’est une époque qu’on renie aujourd’hui, car les grands-mères ne travaillaient pas et les grands-pères allaient à l’usine.

Georges Vézina, l’habitant silencieux de Mikaël Lalancette

À Chicoutimi, il y a le Centre Georges-Vézina, qui est le plus gros aréna de la région. J’étais curieux d’en savoir plus sur ce joueur de hockey. Mikaël est un gars qui fouille et qui a trouvé beaucoup d’informations sur lui. L’écriture est parfois un peu carrée, froide, mais il a réussi à m’intéresser et j’ai aimé son livre. Je lui dis bravo.

Sur la route de Jack Kerouac

Sur la route, bien sûr, mais aussi Avant la route. Quand l’animateur Robert Guy Scully a appris que moi, le gars de chars, j’aimais Kerouac, il m’a invité à son émission Scully rencontre. Et là, on s’est mis à parler de Jack Kerouac, de qui il était vraiment. Ç’a été un très beau moment.

Aujourd’hui, je rêve de marcher dans les pas de Kerouac en traînant avec moi son œuvre pour voir quels bâtiments existent encore, voir à quoi ressemblent maintenant les paysages décrits dans les années 40-50. Car il les a faits, ces voyages-là. 

Pour moi, c’est une lecture obligatoire. Même quand il nous plante, qu’il nous appelle les Canadiens français et dit qu’on est des lâches, ce qui est un constat plutôt triste des Québécois des années 50.

Il y a plein de gens comme moi qui ont pris la route à cause de lui, mais il disait qu’on ne le faisait pas pour les bonnes raisons. Moi, ça fait 40 ans que je monte sur scène, mais je suis foncièrement un gars solitaire. Je suis heureux sur scène, mais le contrepoids de ça, c’est d’être seul, de me retrouver là où personne ne me connaît. 

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