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La fin d’un monde

hand turning a cube from 2021 to 2022 on wooden background
Photo Adobe Stock

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La tentation serait de mettre un point d’interrogation à ce titre. Car nous avons fait preuve d’une grande naïveté en croyant en début de 2020 que le coronavirus qui sévissait déjà en Italie nous épargnerait les horreurs qui s’y déroulaient. À la fin de 2020, nous avions encore le sentiment que la distanciation sociale nous mettrait à l’abri de ce que vivait le reste du monde.

Nous voilà à la fin de 2021. Qui, à compter de minuit ce soir, a envie de souhaiter à ses amis une bonne et heureuse année ? L’idée paraît insensée, voire irréaliste. Même avec une imagination fertile et débordante, qui aurait pu prévoir le changement radical de notre façon de vivre ? Qui peut imaginer un avenir meilleur, et ce, à la grandeur de la planète ?

Comment être optimiste, comment croire que le retour à la normalité, c’est-à-dire à la vie d’avant, pour les vieux comme pour les jeunes, pourra se faire ? Nous nous sommes désensibilisés, dénaturés et déprogrammés de ce que nous étions.

L’Autre est devenu une menace, et la vie sociale, un terrain miné par un virus qui nous a repliés sur nous-mêmes. Qui nous éloigne et des plaisirs quotidiens et des pulsions amoureuses. Un virus devant lequel nous nous sommes inclinés.

Détermination

La vaste majorité des citoyens, non pas dociles, mais déterminés à vaincre la maladie et ainsi la pandémie, a accepté la limitation de certains de nos droits si chèrement acquis grâce à nos institutions démocratiques.

Nous sommes infiniment plus fragilisés que plusieurs veulent l’admettre. Il s’est installé une rupture entre les générations et entre les classes sociales. Un fossé infranchissable s’est creusé entre la majorité et les antivaccins, ces quelque 600 000 Québécois, dont beaucoup nient jusqu’à l’existence même du virus.

Ces derniers revendiquent leur droit individuel de refuser le vaccin tout en ignorant le droit de la majorité de se protéger grâce aux avancées scientifiques. En s’exposant à la COVID-19 sans protection, ils mettent en danger leurs concitoyens et augmentent considérablement le nombre d’hospitalisations privant ainsi d’autres patients de soins moins urgents, mais toujours nécessaires.

Tyrannie

Il faut parler ouvertement de la tyrannie de cette minorité. On est en droit de conclure que le droit de refuser le vaccin qui semble avoir la primauté sur le droit des autres de ne pas être infectés et soignés n’est pas acceptable dans une démocratie.

Nous sommes tous atteints psychologiquement et moralement par la pandémie. Les jeunes sont plus fatalistes que les personnes âgées. « Tout le monde va l’attraper », répètent les premiers alors que les dernières, dans le décompte de leur vie, demeurent habitées par l’envie de vivre jusqu’à l’inéluctable.

Nous changeons de paradigme. Ni l’amour, ni l’amitié, ni le travail, ni l’ambition, ni l’économie ne sont à l’abri d’une remise en question.

À quelques heures de 2022, quel espoir peut-on partager alors que la planète entière est aux prises avec cette pandémie ? Il faut se replier sur la science, sur une vision humaniste et universelle, laquelle nous a permis d’éliminer les épidémies et les famines. Ne laissons pas les sorciers et les gourous prendre le pas sur les scientifiques et autres admirables défenseurs de l’humanité.

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