/opinion/columnists
Navigation

Les moments marquants de 2021 en politique municipale

Les moments marquants de 2021 en politique municipale
Photo d'archives, Pascal Huot

Coup d'oeil sur cet article

En cette année d’élection sur la scène municipale, un vent de changement a soufflé sur Québec comme sur plusieurs autres villes. Je vous propose de revenir sur quelques coups d’éclat et moments marquants de 2021, marquée à nouveau par la pandémie qui persiste à nous mener la vie dure. 

Déception

Les moments marquants de 2021 en politique municipale
Photo d’archives, Stevens Leblanc

C’est la troisième année que le dossier du pont de Québec s’impose comme la déception de l’année. Si des développements intéressants sont survenus en 2021, avec l’ouverture du fédéral à racheter le pont, comme le recommandait le rapport Charest, aucune entente de principe n’est toujours venue sceller le sort de l’infrastructure. Yvon Charest, nommé par le fédéral comme négociateur bénévole, a exprimé le souhait qu’une entente intervienne d’ici la fin de 2021. Or le partage des coûts entre le fédéral, le CN et le gouvernement du Québec cause toujours problème. Je le répète, cette figure emblématique de Québec, joyau patrimonial et historique de la région mérite mieux comme traitement.

Retiré sur trois prises

Les moments marquants de 2021 en politique municipale
Illustration d’archives

Après six ans d’analyse, deux moutures et des millions d’investissements du port de Québec, le projet Laurentia a officiellement été rejeté par le gouvernement fédéral. En raison de « ses effets environnementaux négatifs importants », le projet de terminal de conteneurs a été jugé injustifiable. Comme l’a souligné le ministre Jean-Yves Duclos au moment de rendre sa décision, « l’environnement n’est plus une distraction pour les gens, c’est une préoccupation ». L’Administration portuaire de Québec devra plancher sur un nouveau projet, mais le PDG Mario Girard s’est fait des plus discret depuis cette décision.

Mention spéciale

Les moments marquants de 2021 en politique municipale
Photo d’archives, Agence QMI

Après 28 ans à siéger à l’hôtel de ville de Québec, le doyen du conseil municipal, Yvon Bussières, a annoncé cette année qu’il quittait la vie politique. Élu sans interruption depuis 1993, le septuagénaire n’avait manqué que cinq séances. Très impliqué dans sa communauté, tant comme agent de pastorale que comme bénévole, M. Bussières était soucieux de bien servir les citoyens de son district, Montcalm-Saint-Sacrement. On le sentait très passionné par son travail. Comme je n’ai pas eu l’occasion de le faire, je profite de cette revue de l’année en chronique pour le remercier pour son implication et lui souhaiter une magnifique retraite !

La patate chaude

Les moments marquants de 2021 en politique municipale
Illustration d’archives

Au moment où la pertinence du troisième lien est remise en question par de nombreux experts de la mobilité et de l’aménagement, une lettre signée par Régis Labeaume a eu l’effet d’une bombe. Dernier geste qu’il a posé comme maire de Québec, cette lettre lui a enfin permis d’exprimer tout son désaccord avec le projet. Émettant de sérieux doutes sur le bien-fondé du troisième lien, M. Labeaume a invité M. Legault à changer d’idée. Dans ce testament politique qui a fait grand bruit, il a énuméré une série de questions auxquelles le gouvernement devra répondre s’il souhaite aller plus loin un jour avec le projet. 

La comparaison boiteuse

Les moments marquants de 2021 en politique municipale
Photo d’archives

Lors de la campagne électorale, Gilles Lehouillier s’est emballé concernant le rachat de l’édifice des Scies Mercier, qu’il souhaite transformer ni plus ni moins qu’en « Montmartre de Lévis », comme il l’a déclaré à Radio-Canada en octobre. Sauvé de la démolition, le bâtiment nécessite plusieurs travaux. Le maire Lehouillier, réélu en novembre, souhaite profiter de la réfection du lien piétonnier, pour deux millions, pour aménager le secteur et racheter le bâtiment. « L’idée est de créer une autre dynamique, un peu comme à Montmartre où on gravite vers une cathédrale. On a des escaliers, des côtes et des plateaux. L’idée, c’est de créer le Montmartre de Lévis », a-t-il expliqué à la télévision d’État. Si la vue de la Terrasse est effectivement magnifique, la comparaison apparaît, pour quiconque a déjà visité Montmartre, pour le moins tirée par les cheveux... 

Mise en échec

Les moments marquants de 2021 en politique municipale
Photo d’archives, Stevens Leblanc

Arrivé comme chef de cabinet de Québec 21 en 2019 avec la promesse de rester dans l’ombre, Richard Côté a sérieusement entaché le leadership de son chef, Jean-François Gosselin. À la toute fin de la campagne, l’ex-vice-président exécutif sous Labeaume est sorti de ses gonds lors d’une conférence de presse. Éclipsant son chef, il a accusé les médias de chercher à détruire le projet de métro présenté par le parti. M. Gosselin, qui avait connu des moments difficiles après avoir ouvert la porte à un quatrième lien et qui peinait à expliquer son projet, ne s’en est pas relevé. Il a terminé troisième dans la course à la mairie, et a démissionné comme chef de Québec 21. Il siège depuis au comité exécutif, comme membre associé responsable des sports et loisirs. 

Coup de théâtre

Les moments marquants de 2021 en politique municipale
Photo d’archives, Stevens Leblanc

Après quatre mandats et quatorze années à la tête de la Ville de Québec, Régis Labeaume annonce en mai qu’il ne sera pas candidat à l’élection de novembre. « Mon temps est fait et j’aspire à une autre vie », a statué celui dont la popularité a fait bien des envieux en politique. Au fil de son règne, M. Labeaume a été reconnu pour son sauvetage des fêtes du 400e et pour être parvenu à réunir le financement pour construire un nouvel amphithéâtre. Après avoir exprimé bien des doutes concernant le transport en commun, il a défendu l’idée d’un système structurant pour Québec. À la suite de l’abandon du SRB, Lévis s’étant désistée, M. Labeaume a ramené le tramway. Le financement du projet a pu être bouclé après de dures négociations avec le gouvernement Legault. Son dernier mandat a été marqué par une bataille contre un cancer de la prostate. Il a aussi été très éprouvé par l’attentat de la Mosquée survenu en 2017, et la tuerie de l’Halloween, en 2020. Il s’était promis de se reposer et de disparaître de la scène publique, ce qu’il a fait depuis son départ.

Coup de circuit

Les moments marquants de 2021 en politique municipale
Photo d’archives, Stevens Leblanc

Faisant face à quatre adversaires, dont trois qui siégeaient depuis des années au conseil municipal de Québec, Bruno Marchand est parvenu à s’imposer comme l’alternative au maire sortant Régis Labeaume. Sa victoire par un peu moins de 850 voix est survenue au terme d’une soirée surréaliste où sa principale rivale, Marie-Josée Savard, a d’abord été couronnée gagnante à tort. Peu connu du grand public, M. Marchand est parvenu à se distinguer par son style et son discours rassembleur. Depuis son élection, il a démontré son habileté à rallier ses adversaires. Il a été proactif dans sa gestion d’une première crise, à la suite d’arrestations controversées au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Il est aussi parvenu à recoller les pots cassés avec le gouvernement du Québec, qui entretenait une relation difficile avec Régis Labeaume. 

Au banc des punitions

Les moments marquants de 2021 en politique municipale
Illustration d’archives

La Ville de Québec a été forcée cette année de reprendre à zéro le processus d’approvisionnement pour le tramway, ce qui a occasionné un délai supplémentaire d’un an pour la réalisation du projet. Devant les négociations lentes et ardues avec le gouvernement caquiste sur le tramway, le maire Régis Labeaume s’est souvent dit préoccupé par les risques de voir des consortiums se désister. Il pointait du doigt les délais occasionnés et l’incertitude entourant le projet. Son inquiétude s’est concrétisée à l’été 2021, avec le retrait de deux des trois consortiums présélectionnés un an plus tôt. Selon les plans révisés, le tramway sera complété à l’été 2028.

Saisir la balle au bond

Les moments marquants de 2021 en politique municipale
Photo d’archives, Stevens Leblanc

Après de nombreuses années de saga judiciaire, et grâce à de nouveaux pouvoirs attribués aux villes, la Maison Pollack a enfin pu être sauvée. La Ville de Québec l’a acquise pour 896 000 $, et procède depuis la fin de l’année à des travaux de restauration afin de reconvertir les lieux en Maison de la diversité. Sise à quelques pas du cœur historique de Québec, à l’entrée de Grande Allée, la résidence patrimoniale est considérée comme une propriété d’exception à haute valeur patrimoniale. Menacée de démolition, elle était la propriété d’un homme d’affaires de Montréal qui, n’ayant pas obtenu un changement de zonage, l’a laissée à l’abandon, au grand dam des gens de Québec. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.