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Pourquoi pas un «Vaccimpôt»?

Daniel Paillé
Photo d'archives

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Ne pas [...] «soigner les personnes non vaccinées, ce n’est pas le genre de société qu’on veut», croit François Legault. Cette citation est digne d’un premier ministre d’une nation évoluée. Il exprime ainsi l’humanisme du peuple québécois.  

Face à la pandémie, reconnaissons la vulnérabilité de notre système de santé, ses limites d’accès et les excès possibles. Refusons le débat du droit à l’hospitalisation et au recours aux soins intensifs en fonction du degré de protection des malheureux utilisateurs. La vie ou la mort, ce n’est pas un choix idéologique. 

Ce qui n’empêche pas le débat portant sur la responsabilité de chacun par rapport à notre système de santé. Nous payons tous notre part, par nos taxes et impôts, et nous souhaitons que ce système soit à la hauteur de nos attentes et non à la hauteur de nos abus.  

Une nouvelle mesure incitative

Après les nombreuses suppliques pour appeler les gens à se faire vacciner, le temps est venu d’appliquer d’autres formules incitatives. Les seuls vœux pieux ou les publicités imaginatives montrent leurs limites. 

Diverses avenues ont été émises dans l’espace public. Puis-je en suggérer une autre, différente, fiscale?

Je propose l’établissement d’un débit d’impôts ou d'un «Vaccimpôt» pour celles et ceux qui auront recours au système de santé en raison de la COVID-19, sans avoir été vaccinés adéquatement et sans avoir l’intention de le faire. 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Daniel Paillé, ex-ministre du gouvernement du Québec sur QUB radio:

L’un des premiers gestes posés à l’entrée d’un patient COVID-19 à l’hôpital est l’enregistrement de sa carte d’assurance maladie. Dès lors, le système de santé reconnaît les vaccinés et détecte les non-vaccinés. Personne ne se verrait refuser l'accès aux soins médicaux nécessaires pour survivre. Mais dès sa sortie du système hospitalier, un non-vacciné recevrait un document fiscal indiquant les coûts encourus. Ces coûts seraient alors ajoutés aux impôts à payer à l’État québécois par le contribuable volontairement non vacciné. 

Balises et modalités à déterminer

Pourrait-on s’y soustraire en démontrant sa volonté de participer à l’effort collectif, par exemple en entreprenant dans un délai prescrit les procédures de vaccination? Le paiement de cette facture fiscale COVID-19 pourrait-il être modulé dans le temps? Les frais évalués seraient-ils sur une base quotidienne de la durée d’hospitalisation? 

Sans perdre de vue le principe de «l’objecteur-payeur», il appartient aux autorités compétentes d’en fixer les balises et modalités.

La carte d’assurance maladie révèle déjà le statut vaccinal, et les coûts d’hospitalisation sont connus. Le paiement des impôts est déjà en quelque sorte un «passeport fiscal». Tout est là, gardons ça simple. 

Quant aux irréductibles visés par cette mesure fiscale, s’il est vrai que le vaccin et la COVID-19 sont de la frime, il n’y a rien à craindre puisqu’ils n’engorgent pas, selon leur logique, le système de santé!

Daniel Paillé
Ex-ministre du gouvernement du Québec

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