/world/usa
Navigation

Plus de 10 000 publications violentes par jour sur Facebook avant l’attaque du Capitole

Coup d'oeil sur cet article

Les groupes Facebook ont publié plus de 10 000 attaques quotidiennes contre les élections américaines avant l’assaut du Capitole, selon une étude. 

Une enquête de ProPublica et du Washington Post qui a examiné des millions de publications montre que Facebook a joué un rôle essentiel dans la diffusion de faux récits. Ceux-ci ont conduit à l’attaque du Capitole qui a fait cinq morts le 6 janvier 2021.

Sur le populaire réseau social, les partisans de l’ex-président Donald Trump exigeaient qu'il obtienne un deuxième mandat. De nombreuses publications ont décrit l'élection de Joe Biden comme le résultat d'une fraude généralisée qui nécessitait une action extraordinaire – y compris le recours à la force – pour empêcher la nation de tomber entre les mains de traîtres.

«On dirait que la GUERRE CIVILE DEVIENT INÉVITABLE!!! », peut-on lire dans une publication, un mois avant l'assaut du Capitole.

Ces mêmes propos ont été répétés lorsque le ministère de la Justice a dit avoir trouvé peu de preuves pour soutenir les affirmations de Trump sur un truquage généralisé des votes.

Selon le Washington Post, les dirigeants de Facebook ont minimisé le rôle de l'entreprise dans l'attaque du 6 janvier et ont résisté aux appels, y compris de son propre conseil de surveillance, pour une enquête interne complète. La société n'a pas encore remis toutes les informations demandées.

Or, l'enquête ProPublica-Post, qui s'est appuyée sur des documents internes de l'entreprise et des entretiens avec d'anciens employés, fournit la preuve la plus claire à ce jour que Facebook a joué un rôle essentiel dans la propagation de la violence du 6 janvier.

L’enquête révèle que les efforts pour contrôler un tel contenu étaient inefficaces et ont commencé trop tard pour réprimer la vague de désinformation colérique et haineuse qui circulait dans les groupes Facebook.

Certains d'entre eux appelaient explicitement à une confrontation violente avec les représentants du gouvernement, un thème qui annonçait les affrontements au Capitole.

Facebook conteste

Drew Pusateri, porte-parole de Meta, la société mère récemment renommée de Facebook, a déclaré que la plateforme n'était pas responsable des violences du 6 janvier. Il a plutôt pointé du doigt Trump et d'autres qui ont exprimé des mensonges.

«L'idée que l'insurrection du 6 janvier n'aurait pas eu lieu sans Facebook est absurde», a commenté Pusateri dans un communiqué.

Facebook a fortement promu les groupes depuis que le PDG Mark Zuckerberg en a fait une priorité stratégique en 2017. Ceux qui se concentrent sur la politique américaine sont devenus si toxiques, disent d'anciens employés de Facebook, que l'entreprise avait créé un groupe de travail spécifiquement pour les surveiller avant le jour des élections 2020.

Le groupe de travail a supprimé des centaines de groupes au contenu violent ou haineux au cours des mois précédant le 3 novembre 2020, selon l'enquête ProPublica-Post.

Pourtant, peu de temps après le vote, Facebook a dissout le groupe de travail et annulé d'autres mesures d'application intensives.

«Facebook a cessé de surveiller la balle entre le jour des élections et le 6 janvier», a dit un ancien employé de l'équipe d'intégrité, sous le couvert de l’anonymat. Selon lui, il y avait beaucoup de contenu violant qui est apparu sur la plateforme qui n'aurait pas été autrement, rapporte le Washington Post.

Pusateri a nié que la société avait retiré ses efforts après le vote pour lutter contre les messages violents et faux concernant les élections. Il n'a pas commenté les conclusions quantitatives de l'enquête ProPublica-Post.

«L'idée que nous avons dépriorisé notre travail d'intégrité civique de quelque manière que ce soit n'est tout simplement pas vraie», a-t-il affirmé.

Pusateri dit l’avoir plutôt intégré dans une équipe d'intégrité centrale plus large pour permettre d'appliquer le travail mené pour ces élections à d'autres défis comme les problèmes de santé. Ce travail continu à ce jour.