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Voyage des influenceurs: découvrez qui est l'organisateur, James William Awad

Qui est ce James William Awad, l’organisateur du très controversé vol vers Cancún avec 154 fêtards à bord

James William Awad
Capture d'écran tirée d'Instagram James William Awad utilise beaucoup les réseaux sociaux pour promouvoir ses affaires.

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Six ans avant d’organiser le fameux vol en folie vers Cancún, James William Awad a été mis à l’amende pour avoir exercé illégalement l’activité de courtier en valeurs mobilières. Il est aujourd’hui à la tête d’une entreprise au modèle d’affaires inusité.

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Selon l’Autorité des marchés financiers (AMF), M. Awad a recueilli au moins 10 000 $ auprès de sept amis et connaissances pour faire des placements en Bourse, à la fin de 2012 et au début de 2013. Il avait alors 19 ans. À la fin de 2015, il a écopé d’une amende de 2000 $.

Son entreprise de l’époque, KJRVS, demandait aux investisseurs, appelés « membres », de voter sur des transactions d’achat et de vente de titres. Celles-ci étaient effectuées pour le groupe par l’entremise du compte de courtage personnel de M. Awad.

  • Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Le jeune organisateur du voyage des influenceurs, James William Awad, a déjà été blâmé par l’Autorité des marchés financiers.
Photo tirée d'Instagram
Le jeune organisateur du voyage des influenceurs, James William Awad, a déjà été blâmé par l’Autorité des marchés financiers.

Nouveau nom

En 2017, le jeune homme, qui s’appelait alors Kevin Awad, a demandé au Directeur de l’état civil de changer de nom pour James William, modification qui est entrée en vigueur en 2019.

Entre-temps, en 2018, M. Awad a fondé TripleOne, une firme montréalaise constituée juridiquement au Delaware. Sur son site web, TripleOne se présente comme la « première entreprise décentralisée du monde ». 

Selon un document explicatif disponible en ligne, les « utilisateurs » de TripleOne peuvent suggérer à l’entreprise de nouveaux projets et « voter » sur ceux proposés par d’autres. « Les utilisateurs sont récompensés pour leur activité à la fin de chaque mois », y lit-on. 

  • Écoutez le résumé du journaliste Olivier Bourque sur QUB radio:  

Piratage payant

Pour mousser TripleOne, des articles ont été publiés sur divers sites web plus ou moins connus, agrémentés de photos de James Awad. 

On y raconte qu’à l’âge de 14 ans, M. Awad a reçu un mandat de programmation pour une banque mexicaine en faisant croire qu’il avait 28 ans, ce qui lui aurait permis de payer l’hypothèque de la maison de ses parents pendant un an. Et qu’à 15 ans, grâce à un « hack » (piratage), il a réussi à « générer » des pièces de monnaie virtuelles en jouant en ligne, ce qui lui aurait rapporté « beaucoup d’argent ». Sa banque aurait alors fermé son compte.

James William Awad contrôle également Prime Corporation International, qui serait active dans les services informatiques et l’immobilier, et le restaurant Crusty Crust de Dollard-des-Ormeaux. Prime Corporation a été constituée au Québec en 2017, puis au Panama en 2019.

M. Awad n’a pas répondu aux demandes d’information du Journal, mercredi.

- En collaboration avec Olivier Bourque, Julien McEvoy, Francis Pilon, Philippe Langlois et Pascal Dugas-Bourdon

Un petit empire immobilier         

Awad a payé 1,65 million $ comptant, en 2019, pour cette maison­­­ de Bois-des-Filion.
Capture d’écran Sotheby’s International
Awad a payé 1,65 million $ comptant, en 2019, pour cette maison­­­ de Bois-des-Filion.

 

Awad a acheté 11 propriétés au Québec depuis 2018 pour un total de 17,3 millions $. Outre cette somme importante, deux autres détails frappent l’imagination : il a payé comptant chaque propriété et il les a toutes achetées par l’entremise de ses multiples sociétés à numéro enregistrées au Québec et au Delaware. Et il a accéléré la cadence en 2021 : 7 des 11 immeubles ont été achetés au cours des 12 derniers mois. À Bois-des-Filion, dans les Basses-Laurentides, Awad possède six maisons dans la même rue. On y trouve entre autres le château qu’on voit ici en mortaise, payé 1,65 million $ en septembre 2019. Les autres propriétés sont situées dans l’île de Montréal et à Laval. Fait inusité, c’est parfois Kevin, parfois James qui a représenté les entreprises qui ont acheté les immeubles. 

James William ou Kevin Awad?   

Awad nie catégoriquement avoir changé de nom, de Kevin Awad à James William Awad. Les archives publiques du Directeur de l’état civil du Québec, que tous peuvent consulter, prouvent cependant hors de tout doute qu’il a bel et bien effectué un changement de nom, en 2019.
Photo tirée du site internet de l’état civil québécois
Awad nie catégoriquement avoir changé de nom, de Kevin Awad à James William Awad. Les archives publiques du Directeur de l’état civil du Québec, que tous peuvent consulter, prouvent cependant hors de tout doute qu’il a bel et bien effectué un changement de nom, en 2019.

 

Lorsque Le Journal a demandé à James William Awad s’il avait changé de nom, le principal intéressé a nié en bloc. « Kevin ? Non. Les gens mapele [sic] senior. Senior ou James William Awad », a-t-il écrit en guise de réponse sur l’application Messenger. Pourtant, Awad a bel et bien fait une demande officielle de changement de nom en 2017, puis en a soumis une autre en 2019 au Directeur de l’état civil. Dans les archives, il est écrit que le nom de Kevin Awad a bel et bien été changé pour James William Awad.

Il a été sanctionné par l’AMF  

En 2015, l’Autorité des marchés financiers (AMF) mettait en garde les consommateurs contre Awad.
Capture d’écran tirée du site de l’Autorité des marchés financiers
En 2015, l’Autorité des marchés financiers (AMF) mettait en garde les consommateurs contre Awad.

 

À même pas 20 ans, Awad se lance dans le domaine de l’investissement, mais sans avoir l’expérience ni la formation de courtier, ce qui attire l’attention du gendarme financier du Québec---. « Kevin Awad a vraiment sauté dans le vide », est-il écrit dans les documents de cour consultés par Le Journal. Après une enquête amorcée en 2013, l’Autorité des marchés financiers (AMF) décide de mettre en garde les consommateurs contre les activités d’Awad et de sa société KJRVS. On lui reproche d’avoir approché des investisseurs sans être inscrit comme courtier à l’AMF. Le tribunal administratif des marchés financiers lui interdit « toutes opérations sur des valeurs », lui ordonne la fermeture de ses sites internet et lui impose une amende de 2000 $. Contactée par Le Journal, l’AMF souligne que la pénalité a été payée et que le dossier a été fermé en 2016. La société KJRVS a été radiée en 2018. 

Des liens avec un ex-joueur de l’Impact         

Anthony Jackson-Hamel, au stade Saputo, en 2019, alors qu’il portait les couleurs de l’Impact, depuis rebaptisé CF Montréal. L’attaquant de 28 ans est maintenant DJ et travaille pour l’entreprise de James William Awad.
Photo d'archives, Joël Lemay
Anthony Jackson-Hamel, au stade Saputo, en 2019, alors qu’il portait les couleurs de l’Impact, depuis rebaptisé CF Montréal. L’attaquant de 28 ans est maintenant DJ et travaille pour l’entreprise de James William Awad.

 

Anthony Jackson-Hamel, qui a disputé sept saisons avec l’Impact (maintenant le CF Montréal), est un « agent exécutif » de TripleOne, la principale entreprise de James William Awad. Selon sa page LinkedIn, il le serait depuis près de 3 ans. Ce qui est moins clair, c’est en quoi cela consiste. Jackson--Hamel, qui n’a pas répondu à nos appels mercredi, est aussi vice-président d’une autre entreprise d’Awad, Les Placements Wun Wun Wun. L’ex-athlète professionnel de 28 ans n’a pas joué en MLS depuis plus d’un an. Souvent ennuyé par des blessures au cours de sa carrière, l’attaquant n’a toujours pas annoncé sa retraite. Mais ses nouveaux projets sont clairs : il fera dans la musique. Anthony Jackson--Hamel est devenu Tony Lee sur les réseaux sociaux, où on peut le voir aux commandes de platines dans différents endroits. Le nouveau DJ affichait récemment sa présence comme artiste dans une boîte de nuit de Tulum, au Mexique, où il se trouve toujours... comme Awad. 

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