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Le couvre-feu de trop

Sad woman looking out of the window
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La décision du gouvernement d’imposer aux Québécois un nouveau confinement, même s’il ne dit pas son nom, a sidéré une partie significative de la population. On ne croyait plus un tel scénario possible. 

C’était faire gravement erreur. 

La banalisation de telles mesures est l’héritage le plus inquiétant de la Covid, qui a permis, au nom du pragmatisme hospitalier et de la sécurité sanitaire, de normaliser un contrôle social de plus en plus envahissant, tatillon, auquel plusieurs en viennent même à s’habituer. 

Excessif

Plus encore : certains s’indignent qu’on ne s’y habitue pas et traitent d’égoïstes ou de complotistes les perplexes qui confessent de grandes réserves devant cette politique. 

C’est la fierté mal placée du confiné.

Chez ceux qui se veulent sévères à l’endroit de ces mesures, on s’en prend au couvre-feu, qu’on présente comme le couvre-feu de trop. 

Avec raison. Cette décision est abusive et psychologiquement écrasante. Quelles que soient les raisons avancées pour la justifier, elle bute sur une question de principe : en démocratie, on n’enferme pas les gens chez eux. 

Mais en se focalisant exclusivement sur ce dernier, en lui réservant nos critiques, on oublie, ou on évite prudemment, de remettre en question des mesures tout aussi inquiétantes, après deux ans de pandémie. 

Ainsi, est-il normal de consentir à un gouvernement, quel qu’il soit, le droit de décider si je reçois des gens chez moi ou non ? 

Est-il normal de permettre à un gouvernement de fermer les restaurants par décret, alors que ces derniers s’étaient adaptés à la pandémie ? 

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On nous dira que la situation n’est pas normale. Certes. Mais après deux ans de pandémie, les autorités auraient dû s’adapter à cette nouvelle réalité, notamment en réformant le système de santé, pour faire en sorte qu’il ne soit plus débordé par des événements comme ceux que nous traversons.

S’ajoutent à cela des mesures ubuesques comme la nécessité de présenter son passeport vaccinal à la SAQ et à la SQDC. 

Les non-vaccinés seront condamnés à boire du mauvais vin de dépanneur. Il y a dans tout cela un côté « punissons les Bougon et les Elvis Gratton ».

À ce compte-là, le gouvernement aurait dû imposer l’obligation vaccinale, tout à fait justifiable dans le cas présent. 

Je le précise : j’ai mes trois vaccins et je n’ai aucune réserve théorique ni pratique sur le vaccin, qui représente le meilleur instrument dont nous disposons pour sortir de ce bourbier. 

SAQ

Je crois que tout le monde devrait se faire vacciner, et les antivax militants m’insupportent.

Tout cela dit, il ne s’agit pas de faire semblant que le virus n’existe pas, même si, à ce qu’on en comprend pour l’instant, Omicron est moins dangereux qu’on le craignait, mais de ne plus vivre sous son empire.

Vivre avec le virus. C’était la formule répétée des derniers mois. 

Apparemment, nous n’y sommes pas prêts. 

Qu’il faille respecter les règles, cela va de soi. Respectons-les. Qu’on ne nous demande toutefois pas de les approuver, encore moins de ne pas dénoncer leur absurdité.

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