/news/society
Navigation

Un an après l'assaut du Capitole, les conspirationnistes québécois continuent leur propagande

FILES-US-POLITICS-UNREST-INVESTIGATION
Photo d’archives, AFP Des partisans de Donald Trump protestent devant le Capitole à Washington le 6 janvier 2020.

Coup d'oeil sur cet article

L’assaut du Capitole il y a un an doit servir de mise en garde au Québec, où les groupes conspirationnistes continuent de partager avec la même virulence leur propagande sur les réseaux sociaux comme dans la rue.

• À lire aussi: Biden refuse que la «violence politique devienne la norme», un an après l'assaut du Capitole

• À lire aussi: Après avoir conduit à l’assaut du Capitole, la désinformation gangrène la politique américaine

« Tant qu’il y aura des gens qui s’opposent aux mesures sanitaires, il y aura des gens qui en prendront avantage et utiliseront ça comme plateforme pour partager des théories du complot et mener les gens vers certains groupes haineux », affirme Étienne Quintal, chercheur sur la haine en ligne au Neuberger Holocaust Education Centre. 

Convergence des groupes

Lors de l’assaut du 6 janvier 2021, des adeptes de QAnon, des nationalistes blancs et des miliciens côtoyaient des citoyens ordinaires, des groupes qui n’ont en apparence rien en commun.

Une convergence également observée au Québec, où plusieurs mouvements se regroupent dans une position commune contre le gouvernement.

« Des gens qui sont pour la médecine alternative ou antivaccins se rassemblent maintenant avec des citoyens contre l’intervention gouvernementale ou même parfois de l’extrême droite ou de QAnon », soutient Marie-Ève Carignan, professeure au département de communication de l’Université de Sherbrooke.  

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Pierre Martin, spécialiste de la politique américaine, et Frédéric Lemieux, criminologue et directeur du programme de maîtrise sur le renseignement à l'Université de Georgetown, sur QUB radio:    

D’anciens membres de groupes d’extrême droite comme la Meute sont notamment actifs au sein de mouvements conspirationnistes québécois.

Passer de l’écran à la rue est réaliste pour ces groupes. « On a vu cet été le nombre de gens qui sont sortis pour les manifestations organisées un petit peu partout contre les mesures sanitaires », précise M. Quintal. 

Tout est donc possible au cours de la campagne électorale provinciale qui se tiendra cet automne, selon les deux chercheurs. 

Une vision répandue

Selon un sondage réalisé en juin par la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent, environ 24 % de la population québécoise et canadienne croit à des thèses complotistes, à plus ou moins grande échelle. De ce nombre, un noyau dur d’environ 8 % adhère très fortement à ces thèses. 

  • Écoutez le correspondant pour TVA Nouvelles à Washington, Richard Latendresse, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Ces statistiques sont similaires à celles recueillies avant l’insurrection du 6 janvier 2021.

En analysant ces résultats, Marie-Ève Carignan, qui est également directrice du pôle médias de la Chaire, a pu établir un lien entre l’adhésion très forte au conspirationnisme et la sympathie à l’égard de la violence. 

« Ça fait vraiment écho à ce qu’on a vu au Capitole, c’est-à-dire qu’on pense que c’est légitime de recourir à des gestes violents pour faire entendre nos idéaux et notre point de vue », précise-t-elle. 

  • Écoutez la chronique de Luc Laliberté, spécialiste en politique américaine au micro de Richard Martineau sur QUB radio :  

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.