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La Belle Province sous zéro

Mathieu Dupuis
Photo courtoisie, Mathieu Dupuis

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Enneigé, grandiose, frette, inimitable : le Québec est une source intarissable de merveilles pour les amateurs de plein air et de paysages époustouflants. Le photographe Mathieu Dupuis rend hommage aux mois les plus froids de l’année dans son nouveau livre, Le Québec en hiver.

Qu’on l’adore ou qu’on le déteste, l’hiver est au cœur de la culture et de l’art de vivre au Québec. Rude, capricieux, féérique, glacé, enneigé... il est incomparable et Mathieu Dupuis l’a croqué sur le vif dans plusieurs régions au fil des années.

Son nouveau recueil présente une splendide virée photographique aux quatre coins du territoire, des rives du Saint-Laurent aux lointaines banquises de la baie d’Ungava.

Il fait découvrir des images de tempête hivernale, de pêche blanche, de motoneige. Des photos prises dans les Laurentides et dans les Chic-Chocs. Il nous montre les couleurs des aurores boréales photographiées au Nunavik et la blancheur d’un sentier forestier après une tempête.

Derrière chaque image se cache une histoire que Mathieu Dupuis révèle, en entrevue. « Chaque photo a son histoire et c’est un moment en particulier », révèle-t-il. Il a fait face aux contraintes techniques de la photo hivernale, aux aléas de la météo et des déplacements, et à toute une galerie de défis physiques.

« Il y a des photos qui sont le fruit du hasard... mais provoquées par l’assiduité sur le terrain », explique-t-il en citant en exemple une photo de la montagne de Cap-Tourmente à l’approche d’une tempête. « Cette photo n’était pas planifiée : tu t’en vas en Cessna et finalement tu es obligé de dévier de ta route parce qu’il y a un gros nuage imprévu... mais ça fait une sacrée bonne photo même si les plans changent ! »

La météo en hiver est une source d’images très intéressante. « Il n’y a rien de plus plate et “drabe” qu’une journée de ciel bleu, sans nuages. C’est pire qu’une journée grise, d’un point de vue photographique, parce qu’il y a une période, en saison hivernale, entre 10 h et 14 h, où la lumière est très dure. C’est bon le matin ou le soir avec la lumière rasante, mais sinon il n’y a rien à faire. Avec un ciel couvert, c’est comme un grand diffuseur naturel et ça amène plein d’autres possibilités. »

Mathieu Dupuis
Photo courtoisie, Mathieu Dupuis

La nordicité

Qu’est-ce qu’on a de précieux, en hiver, auquel on ne pense pas nécessairement ? « Ce livre est une façon d’explorer une nordicité québécoise. On a une qualité d’hiver qui est de classe mondiale, en termes de qualité de neige et d’expériences possibles. »

Un peu avant la pandémie, Mathieu est allé en Finlande pour faire des projets. Du côté de la Laponie, plus précisément. Il a eu une révélation. « Ça m’a permis de vivre à la façon des Finlandais, de profiter de l’hiver en faisant une activité puis ensuite en allant dans un spa. Ça m’a beaucoup inspiré de voir de quelle façon les gens étaient résilients et vivaient en harmonie avec cette saison. Ça m’a donné le goût d’explorer cette facette de l’hiver du côté québécois. Il y a quelque chose qui se distingue, ici aussi. »

L’élément qui se démarque est notre Grand Nord, ajoute-t-il, spécialement du côté du Nunavik. « La possibilité d’accès est très limitée. C’est très coûteux. C’est pas évident. Mais il y a un terrain de jeux hallucinant, mais au-delà de ça, il y a l’aspect culturel. C’est très singulier comme expérience. À chaque fois que j’ai l’occasion d’y aller, j’en ressors émerveillé et mon esprit reste là-bas beaucoup plus longtemps que mon corps ! ».  

Pour réussir ses photos en hiver  

Mathieu Dupuis
Photo courtoisie
  • Il faut faire très attention aux écarts de température avec l’appareil (condensation).  
  • La durée d’autonomie des piles est affectée par le froid et elles peuvent se décharger toutes seules, en gelant.   
  • Pour améliorer le confort lorsqu’il fait très froid, il colle des pochettes chauffantes sur le dessus de ses mains et sur le dessus de ses pieds.  
  • Pour réussir des photos de neige, il ne faut pas se laisser influencer par le posemètre dans une scène où il y a beaucoup de blanc et toujours faire une surexposition volontaire tout en gardant une luminosité idéale. « Le mode manuel est la clef du succès. »  
  • Dans des conditions extrêmes, attention au nez qui peut coller sur une pièce métallique de l’appareil photo.