/investigations/truth
Navigation

Pas quatre fois plus d’éclosions

Periode des questions
Photo d’archives , Agence QMI La députée du Parti québécois Véronique Hivon.

Coup d'oeil sur cet article

Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : notre Bureau d’enquête, basé à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialise dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, nos journalistes et recherchistes vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L'ÉNONCÉ 

Mercredi, la députée péquiste Véronique Hivon a affirmé sur Twitter que le Québec a « eu quatre fois plus d’éclosions dans ses écoles que l’Ontario », laissant entendre que le manque de purificateurs d’air dans les établissements scolaires québécois en est le responsable.

LES FAITS  

Comparer les données de deux gouvernements comporte ses limites, mais tout indique que Mme Hivon aurait dû nuancer ses propos. Depuis août 2020 jusqu’à aujourd’hui, le Québec a été aux prises avec 5357 éclosions aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire, selon l’INSPQ, contre 2860 pour l’Ontario, selon son ministère de la Santé. Il y a donc eu 1,9 fois plus d’éclosions au Québec qu’en Ontario, et non pas quatre fois. Si on tient compte de la population – ce que Mme Hivon ne précise pas dans son gazouillis –, le Québec a eu 3,2 fois plus d’éclosions en milieu scolaire que son voisin, soit encore loin du quadruple avancé par la députée de Joliette. Invité à commenter, le Parti québécois a tenu à préciser que sa députée faisait référence seulement « aux derniers temps », en plus d’offrir une explication basée sur les cas plutôt que sur les éclosions.

–Pascal Dugas Bourdon

Le chiffre de la semaine : 7 

C’est le nombre de CISSS et CIUSSS qui sont actuellement aux niveaux 4 ou 3+ d’alerte, en raison du nombre élevé d’hospitalisations pour la COVID-19. Cela signifie qu’ils doivent délester entre 50 % et 80 % de leurs chirurgies et rendez-vous non urgents. Ils conservent toutefois les interventions urgentes, comme les chirurgies oncologiques. La totalité des établissements est au moins au niveau 3.

La sous-ministre adjointe à la Santé, Lucie Opatrny, a déclaré jeudi que d’autres établissements passeront au niveau 4 dans les prochains jours. Malgré cela, « un niveau de délestage 4 ne sera pas assez pour aller chercher la capacité hospitalière dont on va avoir besoin pour traiter tous les patients qu’on va avoir dans les semaines qui suivent. » 

–Marie Christine Trottier