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Système de santé: nous méritons mieux

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C’est le moment de l’année où l’on adopte des résolutions et l’on se fixe de beaux objectifs. Je me permettrai donc de donner un gros devoir à nos partis politiques. Il reste neuf mois avant la campagne électorale : le temps d’accoucher d’un programme sérieux en matière de santé.

En tout respect, au cours de la dernière année, j’ai entendu maintes fois les partis d’opposition critiquer la gestion de la santé. Mais rarement ai-je vu des partis aussi dépourvus lorsque vient le temps de suggérer des options.

Mais la critique ne vaut pas seulement pour l’opposition. Même le gouvernement en place semble largement à court de solutions. La CAQ constate la fragilité du système et met le blâme sur « les anciens gouvernements » qui ont laissé la santé dans cet état lamentable. Mais le gouvernement a-t-il présentement une vision du comment rénover la santé après la pandémie ? Je vois plutôt des tentatives de rafistolage d’urgence.

Après Gaétan Barrette

Le Parti libéral choisit de se distancier de l’approche Gaétan Barrette. Est-ce le début d’une nouvelle vision ? Pas du tout. Il s’agit d’une simple manœuvre politique. L’ex-ministre Barrette a fait de bons coups et de beaucoup moins bons. 

Le PLQ n’a pas procédé à une analyse rigoureuse des suites à y donner. Ils se sont contentés de se détacher de Barrette parce que son image est abîmée. Il représente le passé, l’époque Couillard. Ce n’est plus l’image de renouveau qu’on veut présenter. Très bien pour l’image, mais pour ce qui est d’avoir une vision sur la santé, c’est le néant.

Dominique Anglade avait fait entrer dans son entourage l’analyste de politiques publiques Patrick Déry, un spécialiste de la santé avec un regard original. Je croyais que cela mènerait ce parti sur des sentiers nouveaux. Sans doute trop à droite pour le nouveau PLQ « solidaire », ce dernier n’aura fait que passer.

De son côté, Québec solidaire défend des idées cohérentes avec sa vision très à gauche. Rien au privé, tout au public. Or, il y a un point où ce discours sonne terriblement déconnecté du réel.  

Vouloir nationaliser les CHSLD privés conventionnés alors qu’ils représentent l’un des seuls secteurs qui fonctionnent, c’est un débordement idéologique. Des dizaines de milliards et de la nouvelle bureaucratie pour arranger l’une des choses qui n’est pas brisée dans le système, pas fort. Sans renoncer à son orientation politique fondamentale de gauche, QS devra travailler plus sérieusement pour proposer des solutions concrètes aux problèmes concrets.

Pas de banalités

La santé sera au cœur des débats de la prochaine campagne électorale. La population s’inquiète sérieusement de l’avenir de nos services, de la capacité de notre système à nous soigner le jour où nous serons frappés par la maladie ou un accident.

Nos partis doivent présenter des visions innovatrices et solides. Le public mérite mieux que des promesses banales visant à ajouter un peu d’argent ici et là pour faire plus de ce qui ne fonctionne pas. 

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