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Démotivés, des restaurateurs abandonnent les repas pour emporter

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Faute de rentabilité, de main-d’œuvre et de motivation, des restaurateurs préfèrent attendre la réouverture de leur salle à manger plutôt que de faire des repas pour emporter, seul scénario possible depuis le 30 décembre. 

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Antonin Mousseau-Rivard, artisan derrière le restaurant gastronomique Le Mousso, ne voulait plus revivre l’expérience vécue dans les deux dernières années. 

«Je n’ai pas envie de me relancer dans les repas pour emporter pour l’instant», résume-t-il. Selon lui, «l’effort que ça demande est nettement supérieur au gain que ça représente», ajoute-t-il. 

D’autres éléments tels le coût «pharamineux» des contenants le démotivent à revivre une telle expérience.  

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PHOTO COURTOISIE

«Je préfère essayer de couper pour qu’il y ait le moins de fuites possible sans faire d’argent et de vivre avec les subventions offertes», termine le chef. 

Elisabeth Cardin, copropriétaire du restaurant le Manitoba, à Montréal, a fermé de manière temporaire son établissement en octobre faute de main-d’œuvre. Pour elle, il n’est pas question de recommencer à servir ses clients dans des boîtes en carton, une expérience qui ne lui plaisait pas. 

L’offre de son restaurant, axé sur l’expérience culinaire et des produits québécois, se prêtait mal au repas pour emporter, ajoute celle qui perd «moins d’argent à être fermé qu’à essayer de survivre». 

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Les clients moins au rendez-vous 

Francis Rodrigue, qui détient six restaurants dans le Grand Montréal, a décidé de ne pas offrir de repas pour emporter dans la moitié de ses établissements 

Dans son restaurant le Jellyfish, dans le Vieux-Port de Montréal, le chiffre d’affaires généré par les plats pour emporter représentait 10% de ses ventes normales avant restriction.

Ce dernier constate que les clients se montrent moins solidaires envers les restaurateurs par rapport à la première vague, en avril 2020.  

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«À un moment donné, lorsque ça fait trois fois que tu te fais fermer, le mouvement de solidarité s’estompe», dit celui qui note chez les clients et le personnel du découragement. 

Luis W. Corcuera, propriétaire du restaurant péruvien Pachamama, sur la rue Saint-Hubert, à Montréal, le constate dans ses ventes. Pour lui, il y a minimalement deux fois moins de commandes en ligne en ce moment qu’au début de la pandémie. 

«Ce n’est plus comme avant», dit celui qui observe aussi une plus grande compétition dans le secteur.  

Selon lui, la fermeture de plusieurs secteurs économiques fait en sorte que les gens ont moins d’argent pour dépenser au restaurant.  

Incertain face à la durée de cette autre fermeture, ce dernier évalue présentement diverses possibilités, dont celle de fermer son restaurant les premiers jours de la semaine. 

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Entre 35 et 40% du chiffre d’affaires usuel selon l’ARQ

Lors de sondages effectués en mai et juillet 2020, l’Association Restauration Québec (ARQ) indique que les commandes pour emporter et la livraison représentent seulement 35 à 40 % du chiffre d’affaires usuel. 

«Ce n’est pas la panacée», indique par courriel le vice-président aux affaires publiques et gouvernementales, Martin Vézina.

Selon lui, les commandes pour emporter et la livraison ne sont pas toujours synonymes de profit pour les restaurateurs, mais ça leur permet «de maintenir leurs employés clés en poste et d’éviter de les perdre à la réouverture s’ils les mettaient à pied».

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